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Cafouillage
Mis en ligne le 16/11/11
Fini "Mademoiselle" dans les papiers administratifs. Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités, en charge des droits des femmes, a demandé au Premier ministre François Fillon, mardi, qu’il en soit ainsi. Un simple respect de la loi qui lui vaut des insultes. La ministre des Solidarités, Roselyne Bachelot, le confirme : il y a deux sexes ! Madame ou Monsieur. Le distinguo "Madame ou Mademoiselle", qui n’a pas d’équivalent masculin, est une « intrusion dans la vie privée, puisque par ce choix on demande à la personne de s'identifier comme mariée ou non mariée », a déclaré la ministre, dans l'émission "Preuves par 3" sur Public Sénat. Roselyne Bachelot a demandé au Premier ministre que le terme "Mademoiselle" disparaisse des documents administratifs. La campagne "La case en trop" menée par deux associations fin septembre a donc porté ses fruits. Un seul nom : le nom de naissance
Le débat n’est pas nouveau et vise seulement à mettre l’administration en conformité avec la loi. En 1983 déjà, la ministre en charge des Droits des femmes de l'époque, Yvette Roudy, répondait à une question posée sur le sujet (réponse ministérielle n° 5128 du 3 mars 1983) avec des arguments similaires à ceux de Roselyne Bachelot et précisait à propos de Madame/Mademoiselle : « Ces termes constituent un usage qu’aucun texte ne codifie.» Il en va de même pour le nom d’épouse. Selon la loi, « Aucun citoyen ne pourra porter de nom ni de prénom autres que ceux exprimés dans son acte de naissance ». Ce sont les usages, contraires à la loi, qui ont conduit les femmes à adopter le nom de leur époux. « Seuls des usages abusifs sont la cause des difficultés qu’un grand nombre de femmes éprouvent à faire respecter leur droit », indiquait déjà la ministre en 1983. Ministre insultée Evidemment, la déclaration de Roselyne Bachelot, qui n’a pourtant rien de grave, est critiquée avec violence. Il y a d’abord ceux qui pensent que la ministre a mieux à faire... Dès qu’il est question d’égalité entre hommes et femmes il se trouve toujours quelqu’un pour considérer que le sujet est sans importance. Et paradoxalement, c’est le sujet qui recueille le plus de commentaires : une quarantaine ce mercredi sur le Parisien.fr, contre une dizaine pour les autres sujets de la rubrique société du même journal. Et puis il y a les insultes : des jeux de mots sur le nom de la ministre ou sur son physique, qui ne sont pas trop vite effacés des commentaires. Le sujet, pourtant pas bien méchant, fâche beaucoup. LA SELECTION
Pub olympique pour la mère sacrificielleAttention, message très stéréotypé de la marque mondiale Procter&Gamble, sponsor des Jeux olympiques. |
SEXISME ORDINAIRE
Pour le chroniqueur du Point, une femme ministre est avant tout un objet sexuel.
Selon lui, légiférer sur le harcèlement sexuel revient à s'attaquer aux hommes blancs.
Revue de web
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Commentaires
Eh bien maintenant, vous le savez qu'on n'en a que faire (je reste polie, en jolie demoiselle que je suis), de vos romances à l'eau de rose. Notre société évolue vers des moeurs plus saines, qu'on sorte ces mots "gracieux" (entendez, sexiste et âgiste) du vocabulaire de l'administration publique et qui sait, vous les retrouverez peut-être dans la poésie contemporaine des années à venir, dans les mix de nos raps urbains, sortant de la mémoire collective avec des sens altérés, alternatifs qui colleront plus à l'image de la femme actuelle.
Depuis peu, j'applique les règles suivantes :
- Quand choisir la civilité n'est pas obligatoire, je ne coche rien;
- Quand c'est obligatoire, notamment sur certains documents administratifs, je coche M.
J'attends de voir les réactions. Pour l'instant , je n'en ai pas: l'informatique saisit cette information sans vraiment l'analyser. En tout état de cause, si la question est posée, je répondrais qu'en grammaire française, "le masculin embrasse le féminin", selon la formule consacrée.
- J'écris systématiquemen t aux sites pour leur demander de supprimer Mademoiselle;
Je précise que je suis mariée…
Autant pour moi. Vous avez parfaitement raison, et je vous remercie pour ce rappel à la loi.
La loi de 2003 applicable depuis le 1er janvier 2005 a supprimé toute référence à la notion de patronyme pour la remplacer par celle de nom de famille.
Je vous cite un article du CNRS annonçant ce changement:
"Le patronyme est mort, vive le nom de famille. La loi du 4 mars 2003, modifiée par la loi du 18 juin 2003, sonne la fin de la transmission automatique du nom du père aux enfants. En effet, depuis le 1er janvier 2005, les parents peuvent donner soit le nom du père, soit celui de la mère, soit les deux. Dans ce dernier cas, l'enfant porte un double nom, dont les deux vocables sont séparés par deux tirets (Rouge- -Gorge, par exemple), ce qui le différencie du nom composé. L'entrée en vigueur de cette loi correspond à l'application tardive d'une consigne du Conseil de l'Europe. Émise en 1978, elle demandait de corriger la discrimination entre les hommes et les femmes et entre les enfants légitimes et naturels dans la transmission du nom de famille." Source : www2.cnrs.fr/journal/2020.htm
Dans les faits, la notion de patronyme continue d'être utilisée. Comme dans le cas de la féminisation des titres et fonctions, l'application de cette loi tarde à devenir effective: les résistances sont importantes… Et je m'en veux d'être tombée dans le piège
Et pourquoi seulement "patronymique" qui fait nécessairement référence au père... pourquoi pas aussi matronymique, et pas seulement pour les enfants nés au sein d'un couple lesbien !?...
Je suis d'accord avec vous. Du reste, la notion de "nom de jeune fille" n'a aucun sens en termes de droit, à la différence de "nom patronymique", dont est doté officiellement tout homme ou toute femme à sa naissance ou lors de son adoption.
Nous devons exiger l'appellation "nom patronymique" sur TOUS les papiers administratifs et tous ceux revêtant un caractère juridique (contrat, formulaires divers, etc.).
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