Recevoir la newsletter


Accueil > Chroniques > Chroniques > Que reste-t-il des mots de Zemmour ?

Expulser, accueillir

Najlae Lhimer,19 ans, qui vivait en France depuis 5 ans pour fuir un mariage forcé a été expulsée il y a deux semaines vers le Maroc. Son tort : avoir porté plainte contre son frère, qui l'avait tabassée. Le chef de l'Etat, en cette journée des femmes, a fait un geste. Il "s'est dit prêt à l'accueillir en France, si elle le souhaite". (Suite...)

 


Commission OGM

La Commission européenne vient d'autoriser la culture d'un nouvel OGM. Cette décision, une première depuis 12 ans, hérisse les anti-OGM, mais aussi de nombreux pays européens. La Commission prend le risque de s'afficher comme le promoteur de ces organismes très controversés. (Lire l'article)

 


Chez les Sages, la parité avance... à reculons

Parmi ses 11 membres, le Conseil constitutionnel comptait jusque là deux femmes. Il n'y en aura désormais plus qu'une. A l'heure où les grands discours sont à la féminisation des instances de décision, les actes restent hermétiques à l'ouverture au féminin... (Suite et commentaires)

 


Mère patrie nourrit ses petits industriels

Un million d’euros de pub pour la campagne grand emprunt où Marianne exhibe son ventre fécond mais rien pour la réforme du congé parental. Rien à voir entre ces deux informations ? Pas sûr. (Suite et commentaires)

 

Que reste-t-il des mots de Zemmour ? PDF Imprimer Envoyer
Chroniques
Écrit par Isabelle Germain   
Dimanche, 07 Février 2010 11:32

Massacre de l’IVG (interruption volontaire de grossesse), attaque contre les magistrats, propos douteux sur les races, réécriture du féminisme,… L’omniéditorialiste Eric Zemmour franchit la frontière qui sépare la provocation, stimulante intellectuellement, de la propagation de contrevérités. L’homme officie dans des médias à très grande audience. Entre sa parole et celle de ses opposants, c’est le pot de fer contre le pot de terre.

 

Dernier coup médiatique : commentant le rapport de l'IGAS sur l’IVG, l’éditorialiste du Figaro devenu aussi  chroniqueur matinal sur RTL a enchaîné contre-vérités et arguments dignes du mouvement « pro vie » (anti-avortement) : depuis le vote de la loi sur l’IVG, la France s’est  privée de 7 millions d’humains, a-t-il compté, conspuant au passage le slogan « notre corps nous appartient ». Pour lui,  la loi Veil est un « pis-aller compassionnel » et l’avortement est devenu un acte banal. Il parle de « statut pénal du fœtus » (on a un statut pénal quand on est susceptible de commettre un crime…)… Et balance bien d’autres horreurs prouvant qu’il ne connaît rien à la loi sur l’IVG ni à la détresse de la plupart des femmes qui y ont recours. Derrière, le planning familial a dû batailler pour obtenir un droit de réponse et rappeler que l’avortement est un acte responsable. Mais un droit de réponse n’a jamais autant d’impact que l’information divulguée en premier.

Quelques jours auparavant, Zemmour dénonçait, toujours sur RTL, les juges qui ont libéré les Kurdes débarqués sur une plage corse (les juges appliquent les lois françaises et européennes). Pour contester ses propos, les magistrats n’ont pas demandé un droit de réponse en direct mais ont sollicité leur ministre Michelle Alliot-Marie, indique Marianne… Comme si le poids des mots d’un journaliste ne pouvait être équilibré que par une ministre… Fin 2008, Zemmour affirmait sans sourcillier qu’il existait une race blanche et une race noire, énorme contrevérité. Et son ouvrage, « Le premier sexe » paru en 2006, a été l’occasion de répandre sa verve misogyne, expliquant tous les malheurs de notre époque par la domination féminine. Une domination qu’il serait bien en peine de démontrer à la seule vue de la répartition hommes / femmes dans les sphères du pouvoir. Mais l’homme est érudit et sa technique consiste à piocher dans des faits historiques microscopiques des arguments qui servent ses théories.

 

Liberté d'expression... Pour qui ?

La liberté d’expression se compose aussi de la liberté de dire des énormités, c’est incontestable. Ce qui pose problème, c’est la différence entre l’espace médiatique accordé à ceux qui profèrent les âneries et l’espace médiatique accordé à ceux qui rétablissent les faits déformés par le chroniqueur.

Ce qui pose problème, c’est le statut du chroniqueur. Contrairement à un Stéphane Guillon par exemple, Zemmour n’est pas officiellement un comique. Il n’est pas non plus un pilier de café du commerce limitant sa verve avinée à quelques amis. Il est éditorialiste dans un des plus grands quotidiens français. Il propose du prêt-à-penser à des citoyens trop pressés pour analyser eux-mêmes les arguments des grands débats de société. Dans le Figaro, la couleur politique du média est connue. Il n’y a pas vraiment tromperie sur la marchandise, sauf quand l’éditorialiste déforme les faits... Mais lorsqu’il se rend sur d’autres médias, tout bardé de ses galons d’intellectuel médiatique, l’absence de contradicteur pose un problème de démocratie. Surtout lorsqu’il met au service de l’idéologie la déformation des faits. C’est le cas sur RTL où, à une semaine d’intervalle, deux contestations ont été émises. Même si ces contestations sont prises en compte par la radio sous forme de droit de réponse, elles ont toujours beaucoup moins de poids que les propos du chroniqueur. L'information spectacle prend le dessus...

 

Ajouter un Commentaire

Code de sécurité
Rafraîchir

 

Qu'est-ce qu'on attend pour adopter de nouveaux indicateurs de richesse?

Indice santé sociale et PIB par tête

Quand le PIB augmente, le bien-être global recule. Et pourtant la course au PIB reste un sport national. Créée en janvier 2008, la commission Stiglitz a remis un rapport le 15 septembre dernier  : juste quelques pistes de réflexion autour du PIB tout puissant.

Voir le dossier complet

Copenhague

Rester mobilisé

JavaScript est désactivé!
Pour afficher ce contenu, vous devez utiliser un navigateur compatible avec JavaScript.

Au début du sommet Naomi Klein voulait passer la COP-15 au détecteur de mensonges. A la fin elle voit du racisme dans les calculs froids des pays riches.


Voir le dossier complet

 

Ce que les femmes ont à dire au monde

Pour la cinquième année le Women’s forum de Deauville réunissait, du 15 au 17 octobre, responsables politiques, économiques, associatives pour leur donner la parole et la partager avec les hommes. Leur but : changer le monde… Tout simplement. Résumé en 9 flashes vidéo.

(cliquez sur l'image ci-dessous)

Vidéos réalisées avec le soutien de

logo

climaturgie

tout pour changer

Le Blog de Danièle Boone

S'identifier

Identifiez-vous pour recevoir la newsletter et accéder à d'autres informations. Pour la première fois, cliquer sur "Créer un compte".