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Chroniques
Mis en ligne le 23/09/11
« Elle est trop moche pour que ça lui arrive », « elle était assez costaud pour se défendre », « on ne porte pas plainte 7 ans après », « elle fait ça pour l’argent, la célébrité »... Je ne rapporte que les propos entendus hier encore, idées reçues et préjugés sexistes qui excusent ou légitiment les violences masculines à l’encontre des femmes. Ces propos vont toujours dans le sens d’une négation de la gravité des atteintes (« c’était pour rire », « il tentait sa chance », « il n’y a pas mort d’homme »), d’une déresponsabilisation de l’auteur (« bon vivant », « victime de ses pulsions », « elle était provocante ») et de mise en cause de la femme qui n’a pas su garantir sa sécurité (« elle n’avait qu’à pas…être dehors à cette heure, s’habiller ainsi, parler à un inconnu ») ou réagir de façon idoine face à l’attaque (« elle n’avait qu’à… crier, se débattre, le mordre »). Elles révèlent la tolérance de notre société face aux violences masculines, la permanence du sexisme de notre culture qui pose la normalité d’une sexualité masculine intrusive, le pouvoir des hommes d’imposer leur désir n’importe où (dans la rue, le métro, au travail, à la maison), n’importe quand, à n’importe quelle femme.
Aux femmes de savoir répondre, « faire avec » les propos, les gestes, les attaques qu’elles n’ont ni sollicités, ni désirés. Et bien-sûr, avec humour, élégance, sens de la mesure. Avec prudence aussi car l’expression de leur désintérêt vis à vis de ‘l’entreprise’ de monsieur peut déclencher la violence verbale (« salope, pour qui tu te prends ») ou physique (« quand ma femme veut pas, je le fais quand même »). « Violence, contrainte, menace ou surprise » Les hommes qui usent de ce pouvoir le font parce qu’ils le peuvent. Parce que l’ensemble des institutions leur donne le droit d’exercer ce pouvoir. Parce que le droit lui même organise l’accès au corps des femmes. Ainsi, pour qu’une agression sexuelle soit juridiquement caractérisée, le droit pénal exige, outre la preuve de la matérialité de l’acte (par exemple, « un acte de pénétration de quelque nature qu’il soit », pour le viol), la preuve que l’auteur ait agi en usant de « violence, menace, contrainte ou surprise ». Le fait que la plaignante invoque, voire prouve, son non-consentement ne suffit pas pour caractériser les infractions de viol ou d’agression sexuelle, puisque l’infraction ne sera constituée que si et seulement si son auteur a agi avec « violence, contrainte, menace ou surprise ». Le Code pénal ne réprime de ce fait qu’un nombre limité de violences sexuelles. En effet, contrairement à l’opinion commune, la majorité des viols ne sont pas commis par un « inconnu, armé, dans un parking », mais par un proche (membre de la famille, voisin, collègue) en qui l’on a confiance. Celui-ci n’a dès lors pas besoin de recourir à la violence, à la menace ou à la contrainte pour violer. L’état de sidération de la victime suffira. Le viol avéré pour la victime est dénié par le droit. Injonctions au silence Quant aux violences sexuelles effectivement commises avec « violence, contrainte, menace ou surprise », - celles donc qui sont conformes aux exigences légales -, elles seront réprimées si les juges savent caractériser ces circonstances. Cela suppose que les magistrat-e-s se soient départi-e-s de leurs propres préjugés. Ce n’est pas toujours le cas. Ce que les victimes nomment atteinte à leur intégrité physique et sexuelle, certains magistrats le requalifient en « Signaux Sociaux Conventionnels de Séduction » La Cour d’appel de Versailles (29 novembre 1996) décide ainsi que « [monsieur] a adopté une attitude générale de séduction exempte de délicatesse et de tact et non dénuée d’arrière-pensée, assortie de propos douteux, suggestifs, grivois ou grossiers (…) que le comportement reproché au prévenu a pu paraître insupportable à la victime et faire naître, en elle, un sentiment de contrainte » mais que, pour autant, le harcèlement sexuel n’était pas constitué. Il appartenait donc à la salariée (licenciée après un arrêt de longue maladie lié au harcèlement sexuel) de supporter cette « attitude générale de séduction ». Ainsi la Cour d’appel de Pau (6 mai 2004) décide-t-elle, dans un quasi copié/collé de la décision de Versailles, « qu’une attitude de séduction même dénuée de tact ou de délicatesse ne saurait constituer le délit de harcèlement sexuel, (…) pas davantage que de simples signaux sociaux conventionnels lancés de façon à exprimer la manifestation d’une inclination » Ces décisions sont des blancs-seings pour les auteurs de violences. Et des injonctions au silence pour les victimes. Pourquoi s’adresseraient-elles à une justice partiale, qui ne les entend pas et nie les violences dénoncées avec tant de souffrance ? Repenser le consentement En matière de violences sexuelles, le droit pénal doit donc être modifié. Un droit, libéré de l’idéologie patriarcale, devrait non seulement prendre en compte la parole des femmes qui refusent ou qui ne disent pas « oui » aux demandes sexuelles, mais il devrait aussi s’engager dans la recherche positive de l’expression du consentement. Certains pays ont pris cette voie. Ainsi le Canada a-t-il modifié son Code criminel en 1992 pour y introduire une définition du consentement. Il y est défini positivement comme : « l’accord volontaire du plaignant à l’activité sexuelle. » En outre, le législateur canadien a intégré les situations où le consentement, même celui qui semble être « volontaire », ne peut être retenu en raison des circonstances dans lesquelles il a été formulé, de nature à le vicier : « Le consentement du plaignant ne se déduit pas (…) des cas où : a) l’accord est manifesté par des paroles ou par le comportement d’un tiers ; b) il est incapable de le former ; c) l’accusé l’incite à l’activité par abus de confiance ou de pouvoir ; d) il manifeste, par ses paroles ou son comportement, l’absence d’accord à l’activité ; Ce changement de perspective est essentiel. Les auteurs de violences sexuelles devront alors dire comment ils ont pu penser que la personne était consentante, comment ils se sont assurés de ce consentement. Le droit n’est qu’un élément du système dans lequel nos vies se déroulent, mais il en est une composante importante par son rôle de fixation des interdits et des règles de vie commune. Symboliquement, exiger « l’accord volontaire », c’est aussi encourager les femmes à exprimer leur liberté sexuelle. Un pas pour échapper à l’archaïque « L’homme propose, la femme dispose », pour permettre à chacun-e d’exprimer son désir, mais aussi d’attendre l’expression d’un désir et à être prêt-e à être éconduit-e. LA SELECTION
Pub olympique pour la mère sacrificielleAttention, message très stéréotypé de la marque mondiale Procter&Gamble, sponsor des Jeux olympiques. |
SEXISME ORDINAIRE
Pour le chroniqueur du Point, une femme ministre est avant tout un objet sexuel.
Selon lui, légiférer sur le harcèlement sexuel revient à s'attaquer aux hommes blancs.
Revue de web
...Pour lui demander d'expliquer à son homologue en titre (seulement) marocaine qu'"offrir à un violeur...
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"La culture, ce n'est pas un luxe, c'est ce qui rassemble" a rappelé la ministre. Et elle l'a...
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Commentaires
Ensuite il y a enquête et là effectivement il faut des preuves. Et oui, il y a aussi des mythomanes, des affabulatrices et des amantes vengeresses. Et aussi des femmes (mais aussi des hommes) réellement victimes d'agressions sexuelles. Et c'est le boulot des enquêteurs et des juges que de faire la différence. Prendre en compte le tempérament de la personne ainsi que le contexte relationnel des deux parties opposées (comme par exemple une hiérarchie professionnelle ) fait aussi partie de son boulot.
Comme indiqué dans l'article, la loi française prévoit déjà la contrainte et la menace. Il me semble que c'est suffisant !! Après la question est celle du poids qu'on veut bien donner à la parole des victimes et en particulier des femmes...
L'un des principes de notre justice est justement l'individualisati on des jugements.
Une femme "faible" ou molle qui s'engage dans un rapport sexuel à reculons n'a aucune preuve.
D'ailleurs elle n'a pas été violée puisqu'elle s'est engagée.
Il faut ramener du sperme, un cocard et une video si possible. Ou alors une attestation de menaces signée et tamponnée par l'individu mis en cause qui puisse faire foi sur le plan juridique. Et aussi des témoignages detiers.
Sinon on a probablement affaire à une affabulatrice mythomane ou une amante rejetée en quête de vengeance.
Bon, c'est du second degré, mais il faut des preuves. Plus les faits reprochés sont graves, plus on exige de preuves solides.
Le fait de changer la loi ne changera rien puisque être crue ou pas par la police n'est pas une question de loi mais bien de comportement.
Et non, je ne suis pas par définition ou par nature une faible femme.
Je refuse que sous prétexte que je suis une femme, et que mon patron est un homme, si on a un rapport sexuel, il puisse être considéré comme imposé parce que je n'ai pas dit explicitement "oui".
un patron(e) est une personne qui exerce une autorité professionnelle sur une personne qui est sous sa domination professionnelle .
Un rapport sexuel n'est pas un acte professionnel. Dès lors que mon patron me parle sexe, il est un homme, je suis une femme et nous sommes égaux (et même s'il pèse plus que moi, ce qui sera le cas de 99 % d'entre eux vu mon gabarit). Et si je ne veux pas, c'est non.
Et s'il me menace de me licencier, de me frapper, etc, ça s'appelle du chantage, de l'abus de pouvoir ou de position dominante, du harcèlement sexuel, et je peux porter plainte rien que pour ça. Pas la peine de me laisser violer, avec le traumatisme que ça suppose, pour en arriver à la plainte.
Je suis une femme, pas une gosse. C'est pas à la loi de décider si j'ai dit vraiment oui ou pas vraiment oui.
Et c'est pareil pour un homme qui coucherait avec sa patronne qui le menace. Y a des lois pour protéger les personnes en situation de faiblesse (et ce sans préguger de leur force de caractère, car de ce point de vue, Chriss, vous avez tort : la personne la plus solide peut parfois se trouver en situation de faiblesse. C'est pas une honte, c'est la vie...)
Vous faites preuve d’une cruelle méconnaissance du système prostitutionnel et des mécanismes de la domination (ou preuve de l’habituelle mauvaise foi masculiniste).
Evidemment, si la source de vos informations se limite à un pseudo reportage sur une chaîne commerciale, ceci peut expliquer cela.
La parole d’une prostituée qui se dit libre et heureuse (encore faut-il la croire) ou la parole de ceux qui ont un intérêt pratique ou financier à la prostitution des autres, ont elles le même poids qu’une étude universitaire indépendante ?
Un peu de lecture sérieuse (et j’en ai beaucoup à votre disposition).
docs.google.com/.../
Ces témoignages de femmes qui sont sorties de la prostitution et dont la parole est libérée : elles aussi affirmaient avoir choisi.
enquelquesorte.blogspot.com/.../...
Ulla, porte parole des prostituées en 1975, à Lyon proclamait qu'elle n'avait pas de souteneur. Quelques années après elle a dit: "Comment avez-vous pu me croire?" D’après elle, 97 % des prostituées sont sous la coupe d’un proxénète ou un réseau.
Ne croyez pas, informez-vous !
Ce n'est pas la femme qui est considérée comme vulnérable par essence, ce qui reviendrait à dire que la nature féminine serait la "faiblesse". Mais bien la reconnaissance d'une SITUATION de faiblesse dans laquelle se trouve la femme. Les victimes ne sont pas par essence des victimes, elles se sont retrouvées dans des circonstances très difficiles qui ont débordées leur capacité à se défendre (vous n'avez pas du rencontré beaucoup de pervers pour croire si naïvement que les choses sont si simples). C'est une évidence que tout le monde n'est pas égal devant une agression. Tout le monde n'a pas la capacité de réagir et de se défendre. Songeriez-vous à reprocher à un adulte qui se laisse racketter d'être le responsable de ce qui lui arrive sous prétexte qu'un autre à sa place n'aurait pas céder? Rendez-vous la victime responsable au même titre que l'agresseur?
Vous transférez la responsabilité de l'agression sur la victime alors que c'est l'agresseur qui est l'unique responsable. Poussez-vous la logique en rendant responsables (par exemple) les personnes qui se sont suicidées chez France telecom de leur propre suicide? Ou cela ne s’applique t-il qu'à l'abus de pouvoir de nature sexuel d'un homme envers une femme?
@ Genn
« Et ils sont nombreux »
C’est pas ce que disent les associations féministes quand elles tentent d’imposer par la loi l’idée que les agressions dans les couples seraient unilatérales.
Se faire agresser, ça peut arriver à tout le monde effectivement. Se faire agresser de manière répétée sans réagir, c’est beaucoup plus rare.
Je pense qu’un homme qui se retrouve dans cette situation sans être capable de partir assez vite est immature. Pour moi ça relève du handicap. Je n’aurais pas le sentiment, face à cette personne, d’avoir affaire à un adulte. Et ça n’est pas une question de force physique.
@ Berenice
Je pense que la quasi-totalité des prostituées exercent cette activité par choix. Contrairement à vous, je leur prête le libre-arbitre d’une personne adulte. Beaucoup de gens vivent avec les minimas sociaux, sans se prostituer.
On en revient au même problème : à vos yeux, les femmes ont la force de caractère d’une fillette de 5 ans un peu timide. Il suffit de froncer les sourcils pour qu’elle retire sa culote. Il suffit d’agiter l’index d’un air fâché pour l’assujettir à tout jamais et la transformer en poupée latex.
C’est vous qui méprisez les prostituées.
Pour moi c’est la contradiction fondamentale du féminisme : tenter d’obtenir autant de responsabilités politiques et économiques que les hommes, tout en se garantissant une immunité pénale fondée sur la fragilité de « la femme-enfant ».
Si j’ai un rapport sexuel avec X, puis un rapport sexuel avec Y, dans des circonstances rigoureusement identiques, il ne devrait pas y avoir possibilité de qualifier le premier de consentant et le second de viol au motif que X et Y n’ont pas la même force de caractère. Ce type de « double standard » n’est valable que pour les personnes sous tutelle (enfants, handicapés, personnes souffrant de démence). Les femmes sont adultes.
Ce que vous demandez, c’est que les femmes puissent être systématiquemen t considérées comme « particulièremen t vulnérables » le jour où elles voudraient porter plainte pour une agression sexuelle ou un viol, tout en ne subissant jamais de discrimination d’employeurs qui se méfieraient de leur vulnérabilité extrême.
Ca n’est pas possible.
S’il m’arrive d’avoir des passages à vide, comme tout le monde, je me sens responsable de mes actes en toutes circonstances. On ne peut pas me contraindre à faire des choses pour lesquelles j’aurais une répugnance extrême, ou alors il faudrait me menacer de manière tout aussi extrême (par exemple de mort).
Comme je l’ai dit, si un employeur cherchait à obtenir de moi des faveurs sexuelles en me menaçant de licenciement, je serais partagé entre la colère vis-à-vis du procédé, mais aussi l’étonnement qu’il puisse croire que je serais assez faible pour céder à un chantage aussi minable. Je ne suis pas un enfant.
@ Berenice Je n’ai aucun mépris pour les prostituées. Par contre j’en aurais pour une femme qui se vend si facilement, et qui a ensuite le toupet de prétendre avoir été violée.
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