Recevoir la newsletter hebdomadaire


Accueil > Civilisation > Civilisation > Parité professionnelle : la nouvelle loi pourrait être sauvée par une politique familiale audacieuse
Parité professionnelle : la nouvelle loi pourrait être sauvée par une politique familiale audacieuse PDF Imprimer Envoyer
Civilisation - Écrit par Isabelle Germain - Samedi, 07 Novembre 2009 17:58   
darcos moranoUne nouvelle loi sur l’égalité professionnelle ? Difficile d'y croire. En revanche, si, comme le promet Nadine Morano, le congé parental est réaménagé en incitant les pères à le prendre, si les modes de garde des enfants se développent, la marche vers l’égalité a quelques chances d’avancer.

Les promesses se bousculent sur le front de l’égalité hommes-femmes. L’annonce par Jean-François Copé d’une prochaine loi sur la parité à la tête des entreprises a été suivie vendredi dernier par l’annonce d’une  loi sur l’égalité professionnelle initiée par Xavier Darcos, Ministre du travail. Est-ce la solution idéale ?
Le problème, en tout cas est bien réel : 27 % d’écart de salaire, moins de 10 % de femmes dans les instances dirigeantes des entreprises, plus touchées par le chômage et championnes des emplois précaires, les femmes gonflent les rangs des citoyens les plus pauvres. Et pourtant des lois sur l’égalité professionnelle, il y en a eu ! Rarement appliquées.
Alors pourquoi une nouvelle loi le serait-elle davantage ? En présentant à la presse le projet qu’il compte déposer en 2010, Xavier Darcos, lui-même, a commencé par rappeler que les lois ne fonctionnaient pas. Il en a recensé six depuis 1972. Et ses arguments pour dire que cette fois-ci ce serait la bonne, n’ont pas vraiment convaincu (voir ici ou ). La nouveauté : un système de malus. Ce système existe déjà  pour le handicap par exemple et il s’avère que, souvent, les entreprises préfèrent payer plutôt que d’appliquer la loi. Et puis des sanctions, il en existe déjà. La loi sur l’égalité professionnelle de 2001 oblige les entreprises à réaliser un Rapport de situation comparé (RSC) préalable à un accord égalité. Si le chef d'entreprise refuse, il commet un délit d’entrave et encourt des sanctions pénales et financières… Ce qui peut faire trembler un patron. Las. Xavier Darcos a indiqué que 50 % des entreprises n’ont jamais réalisé ce RSC, -d’autres statistiques en comptent 72 %- et que seulement 5 % ont signé des accords d’égalité. Manifestement, les syndicats ne se sont jamais précipités pour faire appliquer ces lois et leurs sanctions.
Congé parental pour les pères aussi

S’il n’y a pas grand-chose à espérer du côté de la loi sur l’égalité professionnelle, c’est dans la politique familiale qu’il devient plus raisonnable de placer ses espoirs. Prenant le relais du Ministre du travail appelé à d’autres réunions, Nadine Morano a assuré que des mesures seraient prises au premier semestre 2010 dès que le Haut conseil à la famille aura terminé son travail. Avec son volontarisme légendaire, la secrétaire d’Etat chargée de la famille et de la solidarité s’engage à agir sur tous les fronts. « La loi sur la parité professionnelle doit s’accompagner de mesures incitant les pères à s’impliquer dans la vie familiale assure-t-elle. Il faut tout mener en parallèle. Nous devons aussi lutter contre les stéréotypes dans les médias et dans l’éducation des enfants.»  La ministre a confié jouer au mécano de ses frères et aux billes quand elle était enfant, ce qui lui aurait forgé un tempérament de battante bien plus sûrement que les jeux de filles qui apprennent la passivité et le dévouement aux autres. Elle a fait référence à des expériences suédoises d’éducation volontairement indifférenciée entre filles et garçons. Mais il ne faut pas se contenter de l’enfance. Citant le rapport sur l’image des femmes dans les médias, remis en 2008 à Valérie Létard, alors secrétaire d’Etat à la solidarité, Nadine Morano a considéré qu’il s’agissait d'un sujet aussi important que la loi sur l’égalité professionnelle. Ce rapport montre que les femmes sont peu visibles et stéréotypées. « Ces images stéréotypées qui s’ancrent dans l’inconscient collectif contribuent à figer la place des hommes et des femmes dans la société. » (D’où la création des NOUVELLES news, ndlr). Sur ce point, la secrétaire d'Etat n’a pas dit comment elle comptait faire évoluer les choses.

Sur le congé parental, elle s’est fait une idée plus précise lors de son voyage en Suède mi-octobre.  Et elle veut aller plus loin que les Suédois eux-mêmes pourtant champions en la matière. Aujourd’hui en France le congé parental est rémunéré 552 euros par mois et seulement 1,8 % de ses bénéficiaires sont des hommes. En Suède, il dure seize mois et peut être pris indifféremment par les deux parents, mais chacun doit prendre au moins deux mois sur les seize. L'Etat verse 80% du salaire, dans la limite d’un plafond assez élevé pour inciter les cadres à en bénéficier. « Mais Les Suédois considèrent finalement que deux mois, ce n’est pas assez incitatif, nous ferons mieux » affirme Nadine Morano qui ne veut plus que les femmes soient obligées d’abandonner leur activité professionnelle pour s’occuper de leurs enfants.
Reste à passer par-dessus les résistances culturelles mais aussi à parler gros sous. Car le congé parental, s‘il rapporte à la collectivité sur le long terme, représente un coût en un premier temps. Hélène Périvier et Dominique Méda dans « Le deuxième âge de l’émancipation préconisent  de substituer à l’allocation parentale un congé parental court, de 42 semaines, bien rémunéré (80 % du salaire)  avec un plafond élevé et partagé entièrement entre le père et la mère. L'ensemble de ce dispositif, coûterait 0,32 % de PIB supplémentaire par an en fonctionnement mais contribuerait à améliorer les comptes sociaux. Construire l’égalité requiert plus que des lois jamais appliquées ou des déclarations enflammées. C’est début 2010 que les ministres ont promis de passer des discours aux actes.
 

Ajouter un Commentaire

 

- Offensive sur l'aide médicale d'Etat

- Stocks et malnutrition en Inde

- Voix de blogueuses politiques

La revue de presse en ligne du jeudi 2 septembre


Retraites des femmes : le laboratoire de l'égalité sonne le réveil. Objectif : 10 000 signatures avant le 7 Septembre. (Lire)

L'habitat social loin des 20%. La France compte 15,7 % de logement sociaux. Un chiffre en baisse d'un point en 10 ans. Loin de l'objectif de 20 % fixé par la loi en 2000. (Lire)

LES NOUVELLES news sur Europe 1 chez Nicolas Demorand. c'est ici.

Plus fort que Rachida Dati, David Cameron. Le Premier ministre britannique prend un congé de paternité dans la foulée de ses vacances. (Lire)

Taslima Nasreen peut rester en Inde. L'écrivaine exilée encombrait les autorités indiennes. Mais son visa a finalement été renouvelé. (Lire)

Nouvelle tête de gondole. Giorgia Boscolo, 23 ans, va devenir la première femme en 900 ans à intégrer la guilde des gondoliers de Venise. (Lire)

Recours pour la gratuité des appels vers les services publics sociaux. Les décrets d'application se font attendre depuis 6 ans. Un sénateur saisit le Conseil d'Etat pour "détournement de pouvoir". (Lire)

Le coût humain du conflit afghan s'aggrave. Dans les 6 premiers mois de l'année 2010, 1 271 civils afghans ont péri et 1 997 ont été blessés. Une hausse de 31 %. (Lire)

Trois femmes sur neuf membres à la Cour suprême des Etats Unis. Le Sénat américain a approuvé la nomination d'Elena Kagan. Nous en parlions ici.

Une femme au Conseil constitutionnel... 2 sur 11. Claire Bazy-Malaury doit faire son entrée au Conseil constitutionnel. Depuis février, l'institution ne comptait qu'une femmes parmi ses 11 membres. (Lire)

TOUTES LES BREVES

Qu'est-ce qu'on attend pour adopter de nouveaux indicateurs de richesse?

Indice santé sociale et PIB par tête

Quand le PIB augmente, le bien-être global recule. Et pourtant la course au PIB reste un sport national. Créée en janvier 2008, la commission Stiglitz a remis un rapport le 15 septembre dernier  : juste quelques pistes de réflexion autour du PIB tout puissant.

Voir le dossier complet

 

Ce que les femmes ont à dire au monde

Pour la cinquième année le Women’s forum de Deauville réunissait, du 15 au 17 octobre, responsables politiques, économiques, associatives pour leur donner la parole et la partager avec les hommes. Leur but : changer le monde… Tout simplement. Résumé en 9 flashes vidéo.

(cliquez sur l'image ci-dessous)

Vidéos réalisées avec le soutien de

logo


LESNOUVELLESnews.fr
est membre du

Suivez @LesNnews
Sur Twitter !

S’identifier