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Une nouvelle ère, où médecine et numérique s’allieraient pour sauver notre système de santé. Voilà l’objectif du plan quinquennal HS2 (Haute Sécurité Santé), lancé l’automne dernier par Ghislaine Alajouanine, présidente du Haut conseil français de la Télésanté (Commission Galien).
Une scène comme il en arrive tous les jours : à son domicile ou dans sa voiture, un homme fait un malaise. Imaginons que dans les vingt minutes qui suivent, grâce à un dispositif de télémédecine portable permettant de relever à distance l’ensemble de ses paramètres médicaux vitaux, son médecin traitant ou le plus pointu des spécialistes soit, virtuellement, au chevet de ce malade. Prêt à prendre en main le suivi de celui-ci de la façon la plus adéquate et la moins traumatisante possible, sans transfert obligé à l’hôpital. Ni frais superflus.
Généraliser en France ce bond technologique, tel est le combat de Ghislaine Alajouanine « En matière de santé, notre maison brûle, et seule une révolution en télémédecine peut la sauver, martèle la présidente de la Commission Galien, ou Haut Conseil français de la Télésanté. En 2050, plus de la moitié de la population française aura plus de 50 ans. Dans le même temps, nous accusons un déficit de médecins, qui va croissant. Avec certains départements presque vidés de tout soignant ! ».
C’est pour pallier cette catastrophe à venir que Ghislaine Alajouanine lance, en février 2007, la norme HS2 (Haute Sécurité Santé), sur le modèle du HQE (Haute qualité environnementale). « Le H2S recouvre l’ensemble du social, le troisième pilier, souvent oublié, du développement durable, avec l’économique et l’environnemental », explique t-elle. Réunie pour la première fois en juin 2009, la Commission Galien, une institution inédite composée de soignants, d’industriels, d’universitaires, représentants de ministères et d’usagers, s’est dotée d’un objectif ambitieux, au travers du plan quinquennal HS2 lancé cet automne par sa présidente : faire de la France le leader mondial de la télésanté, vaste secteur englobant télémédecine et assistance à la personne. Un marché riche, dans l’Hexagone, de 2 000 entreprises pour un chiffre d’affaire de 80 milliards d’euros annuels et porteur de dizaines de milliers de créations d’emplois.
Credo des lobbyistes de la télésanté : remettre les patients au cœur du système. « Pouvoir être soigné chez soi, c’est un gain inestimable en matière de mieux-être, souligne Ghislaine Alajouanine. Mieux-être psychologique, médical (moins de maladies nosocomiales…) et financier (pas de frais de transport, voire d’hébergement pour les proches, pas de dépassements d’honoraires…). »
La télémédecine, ça rapporte plus que ça ne coûte aux caisses de l’Etat.
Plus loin, la généralisation de la télémédecine serait un poumon d’oxygène pour la société tout entière. Lutte contre la désertification sanitaire des campagnes, moindre engorgement hospitalier, soulagement des maisons de retraite, meilleure prise en charge en milieu carcéral, meilleure prévention des salariés dans le cadre de la responsabilité sociale des entreprises... Les avantages semblent innombrables. Avec, à la clé, des coûts qui fondent à vue d’œil. Cent places ouvertes en hospitalisation à domicile par département, soit 10 000 au niveau national, c’est 350 millions d’économies (étude IRDES). Quant aux hospitalisations abusives, estimées à entre 5 et 20 % des 28 millions de journées hospitalières, leur diminution permettrait d’économiser plusieurs milliards… Bref, la télémédecine, ça rapporte : entre six à neuf fois la mise, selon une étude récente de l’Ecole polytechnique suisse.
Les défenseurs de la télésanté ont remporté une victoire avec le vote de l’article 78 de la loi du 21 juillet 2009 sur la réforme de l'hôpital, article qui légalise officiellement le diagnostic à distance. Ils réclament à présent un véritable Plan Marshall HS2 pour la télésanté. Avec une industrialisation rapide pour faire baisser les coûts et un démarrage sans attendre de la labellisation des entreprises, collectivités ou associations répondant aux critères du HS2. « Il suffirait de rassembler 200 millions d’euros actuellement dispersés dans des budgets épars pour commencer à mailler une bonne partie du territoire », assure Ghislaine Alajouanine.
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Trois questions à Ghislaine Alajouanine.
Egalement PDG de la société Numérique Assistance, elle a breveté, en 2004, le KIT-SOS, la première trousse d'alerte numérique pour la télémédecine.
Quelle a été la genèse du KIT-SOS ?
Des premières valises de télémédecine ont été testées il y a une vingtaine d’années au sud du Sénégal, pour le suivi de femmes enceintes. L’expérience, menée par l’ONG humanitaire, la FISSA (Force d’intervention sanitaire satellitaire autoportée), a été pérennisée avec l’aide du CNES.
Que contient un KIT-SOS ?
C’est une valise étanche et résistante aux fortes amplitudes thermiques. On y trouve les principaux appareils de relevé des paramètres médicaux (électrocardiogramme, glucomètre, pression artérielle…). Le kit est aussi équipé d’une tablette numérique, qui permet de transmettre, en un clic, les données à un médecin ou une plate-forme.
Quelles sont les principales applications du KIT-SOS ?
Le KIT-SOS est valable en situation d’urgence comme dans un cadre de prévention, notamment en entreprise (lutte contre les maladies chroniques, veille pandémique, campagnes anti-tabagisme...). C’est aussi un outil de téléformation.
En savoir plus : www.kitsos.fr |
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