Education Mis en ligne le 02/11/11
Instaurer la scolarité obligatoire à trois ans : voilà l'une des toutes premières propositions de loi à l'initiative de la nouvelle majorité de gauche du Sénat. Le texte sera discuté en séance publique ce jeudi 3 novembre. « Le 28 mars 2012, cela fera 130 ans qu'a été votée la loi de Jules Ferry instaurant l'obligation scolaire à 6 ans », rappelle l'auteure du texte, la sénatrice socialiste de Gironde Françoise Cartron. « Et depuis 130 ans la loi n'a pas bougé. Mais la société, elle, a bougé : l'école maternelle a trouvé toute sa place ». Aujourd'hui en France, 99% des enfants de 3 ans sont scolarisés.
« Variable d'ajustement des suppressions de postes » Mais pour la sénatrice, il s'agit avant tout d'un texte de « préservation » de l'école maternelle. « Une digue » pour la protéger d'une destruction annoncée. « Depuis 2 ans, le gouvernement multiplie les initiatives privées de substitution, avec les jardins d'éveil. Des structures payantes, sans aucune garantie éducative », regrette Françoise Cartron. Qui craint un autre danger : la disparition pure et simple de l'école avant 5 ans. Car elle est « la variable d'ajustement des suppressions de postes », remarque la sénatrice : « J'ai interrogé plusieurs fois le ministre sur la baisse des crédits et des moyens dans l’Éducation nationale, et en particulier à l'école maternelle. Luc Chatel m'a à chaque fois répondu : 'Mais, madame Cartron, la maternelle n'est pas obligatoire'. » Françoise Cartron en veut pour preuve la « déscolarisation phénoménale des enfants de 2-3 ans ». Ces 10 dernières années en France, le taux de scolarisation des moins de 3 ans a chuté de plus de moitié, passant de 34,5% en 2000 à 13,6% en 2010.
2012 en ligne de mire Pour la sénatrice, l'enjeu est donc « sanctuariser l'école maternelle avec tout son savoir faire », en tenant compte de ses spécificités. La loi prévoit ainsi un module de formation adaptée pour les enseignants affectés en classe de maternelle. L'occasion aussi de fustiger la récente initiative de Luc Chatel d'instaurer une évaluation des élèves à 5 ans. Pour Françoise Cartron, « la maternelle ne doit pas être une école du tri, c'est une école où on donne le temps aux enfants de construire leur savoir ». Et de rappeler le rôle que joue l'école dès le plus jeune âge pour réduire les inégalités sociales et culturelles. « Toutes les études montrent que plus tôt un enfant fréquente l'école, meilleures sont ses chances de réussite scolaire », souligne la sénatrice. La proposition de loi doit être adoptée jeudi soir par la majorité sénatoriale de gauche. Mais, sauf surprise, elle devrait ensuite être enterrée à l'Assemblée nationale jusqu'à la fin de cette législature. Mais « nous savons que l'école, quel que soit le candidat, sera au cœur de la campagne présidentielle », note Françoise Cartron. Qui voit déjà plus loin : « Nous nous battrons pour que futur président de la République, s'il est de gauche, fasse de cette loi la première de son mandat. » | SEXISME ORDINAIREDes femmes en petite tenue pour inaugurer le rayon lingerie ? Syndicats et associations s'indignent... Les chemisiers sont si fins qu'on peut voir au travers. A celles qui se plaignent, la direction propose... DANS L'ACTUALITEWashington, meilleure ville US pour les femmes ; laissées pour compte à Sydney ; guerre à la misogynie... Alors que les footballeuses lyonnaises visent un troisième titre européen consécutif, L'Equipe fait... Une trentaine de femmes ont posé leur candidature. Mais ce n'est « pas autorisé », tranche un... La RDC, "pire endroit pour être mère", le malaise des mères italiennes, les journalistes tunisiennes... Articles liésLes nouvelles brèvesUne maison grandeur nature de la poupée star, attraction provoisoire, fait polémique à Berlin. Avant... Après un tollé, la firme retire de son site une version sexualisée de l'héroïne du film Rebelle.... Le N°1 mondial du chocolat, Mondelez, s'engage à son tour à agir contre les discriminations subies... Top newsLe Conseil supérieur de l'audiovisuel déplore « l’absence d’évolution concernant le nombre... En Europe comme aux Etats-Unis et même au Bangladesh, institutions et marques de vêtements prévoient... Le texte de loi sur le mariage pour tous fait évoluer, très légèrement, la règle de transmission... Pour la première fois, le gouvernement annonce un objectif chiffré de nouvelles places en crèche :... Débat du momentQu'est-ce que la richesse ?Et si on changeait d'indicateurs pour orienter autrement les politiques publiques ? Plus de Nouvelles News |
Commentaires
Parce que le texte de loi dit aussi qu'un enfant doit pouvoir être accueilli dès 2 ans. Pas d'obligation ici, mais Luc Chatel a extrapolé. Voir ici le compte-rendu du débat houleux au Sénat :
senat.fr/.../...
Et bien si, justement, on parle de supprimer la maternelle. En tout cas ce gouvernement en parle, et pas pour la remplacer par de sympathiques jardins d'enfants, mais bien pour ne pas la remplacer du tout. Ceux qui ont les moyens (dont la femme travaille d'ailleurs) iront dans des jardins d'enfants privés (où ils subiront un lavage de cerveau ultra compétitif à côté duquel la maternelle passera pour un repère de hippies), et les autres resteront à la maison, avec leur mère, qui ne pourra donc pas travailler et restera dans sa pauvreté.
Comme le dit Adelwin, la scolarité n'est pas obligatoire, c'est l'instruction. Alors si vous avez les moyens de choisir l'instruction à la maison, faites-le. Mais n'empêchez pas de voter une loi qui permettra aux familles de faire un choix, un choix réel : garder son enfant à la maison ... ou pas.
En quoi c'est un drame? Parce que ça veut dire que tout un tas de parents dont 90 % sont des mères ont du renoncer à un travail à temps plein ou à un travail tout cours pour garder leurs enfants. Le jour où les crèches et les nounous seront gratuites ou presque, on en reparlera.
Tout le monde n'a pas les moyens de déscolariser ses enfants : il ne s'agit pas de renoncer à un revenu mirobolant, mais de renoncer à un revenu tout court. Il y a des mères célibataires, et de plus en plus. Et des employeurs qui refusent de vous embaucher parce que vous avez des enfants et des problèmes de garde. Et tout le monde n'a pas un conjoint dont le salaire permet d'élever 3 enfants, même mirobolant. Allez voir un couple avec monsieur au SMIC à temps partiel et suggérez à sa femme de cesser de bosser, on va rire.
Les jugements de valeur des gens qui ont les moyens de passer par le système privé, ça m'énerve.
Mon mati et moi avons choisi de ne pas scolariser nos enfants (ils ont 8 ans, 6 ans et 6 ans). J'imagine même pas s'il avait fallu nous battre dès les 3 ans des enfants pour les contrôles. Qu'est-ce que les IEN auraient contrôlé sur des enfants de 3 ans ? Qu'ils savent faire des ronds ?
Franchement ça me rend dingue ça. On va pondre une loi qui va à l'encontre d'un droit institutionnel pour entériner le fait que 99% des enfants de 3 ans sont scolarisés.
Et en quoi est-ce un drame que la scolarisation des enfants de 2 ans ait été divisée de moitié ? Qu'on fiche la paix aux gosses ! 2 ans c'est petit pour vivre en collectivité !
L'école ne respecte pas le rythme individuel,c 'est impossible vu le groupe. On va évaluer des enfants si jeunes et les mettre dans des catégories : quid de mon fils de 6 ans qui est épuisé après avoir écrit 3 fois son prénom, mais qui sait déjà faire des additions simples de tête ?
Je commence à vraiment bouillir là, qu'on veuille rendre l'école obligatoire... et dès 3 ans...
Eléments de réponse ici :
senat.fr/.../...
==> Mais la question n'est pas là ! On ne parle pas de supprimer la maternelle, là, mais de passer à la vitesse supérieure et d'obliger les gens à y mettre leurs enfants. Vous ne voyez pas la différence ?
99% des enfants de 3 ans sont déjà scolarisés, quel serait le bénéfice - et pour qui ? de rendre l'instruction obligatoire dès 3 ans ?
==> Cela m'intéresse. Avez-vous les références de ces études ?
==> Obliger l'ensemble des familles à scolariser leur enfant parce que certaines seraient potentiellement maltraitantes, cela me paraît vraiment du Big Brother ! Pourquoi pas les interner dès la naissance tant qu'on y est ? Avez-vous pensé aux bienfaits pour les enfants de familles normales de grandir tranquillement à leur rythme, entourés de personnes aimantes, au lieu de se trouver en troupeau dès le plus jeune âge ?
où les instit sont à l'écoute des petit-es, où les atsem peuvent aussi repérer pas mal de choses...
==> Oui, dans un monde idéal peut-être. Dans la réalité, vu les témoignages que j'entend souvent, entre les maîtresses qui grondent, punissent, humilient, giflent, se moquent, celles qui sont bien gentilles mais ne peuvent gérer un nombre trop important d'enfants...
Comme disait ma grand-mère, elle--même instit à une époque où les effectifs étaient pourtant moins lourds, et qui n'a jamais voulu travailler avec les petits, "dans l'école maternelle, il y a "maternel". Les enfants de cet âge ont besoin de leur mère, pas d'une garderie."
J'ajoute l'accès aux jeux mixtes,
==>Avez-vous déjà entendu parler des jeux dangereux pratiqués couramment dans l'ensemble des écoles de France ? Savez-vous qu'ils sont responsables de plusieurs décès chaque année ?
et moins de stéréotypes que dans les foyers (par le fait qu'il y a des garçons et des filles et qu'ils ont droit à tous les jeux)
==>Ah bon, ce n'est pas le cas chez vous ?
Le débat n'est pas de choisir entre maltraiter des enfants ou les mettre à l'école, mais de savoir si on veut continuer à avoir la liberté de choisir ou non.
Personnellement, je suis pour la liberté de choix des familles.
"Donc ce sont les femmes, au foyer sans l'avoir choisi, à temps partiel par obligation... "
Quand on fait un enfant, on le choisi et ce n'est pas par obligation, que je sache!
Si on réfléchissait un peu plus avant d'en faire, justement, on les assumerait peut être mieux et on n'essaierait pas de les confier à tout prix aux nounous ou à l'école.
Mes enfants n'iront pas en maternelle parce qu'il n'y a pas besoin de la maternelle pour apprendre les couleurs et à dessiner sans dépasser. Oui , du coup, j'ai arrêté de travailler, et donc fait le choix de ne vivre qu'avec un salaire (pas mirobolant mais on fait des choix) pendant quelques temps, pour vivre avec mes enfants, les voir grandir et apprendre. Et il est hors de question qu'on m'oblige à mettre mes enfants à l'école dès 3 ans!
S’abonner au flux RSS pour les commentaires de cet article.