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Civilisation Mis en ligne le 23/11/11 I Rédaction par La rédaction
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A l'approche de la journée internationale contre les violences faites aux femmes, le 25 novembre, le terme de « féminicide » fait surface. En France, le père de Cassandre Bouvier, tuée en Argentine l'été dernier, se bat pour faire entrer cette notion dans le droit pénal. Retour sur ce combat, mais aussi sur celui de l'éducation à l'égalité et sur l'implication des hommes, avec Olivia Cattan, présidente de l'association 'Paroles de femmes'.


LES NOUVELLES news : 'Parole de femmes' soutient Jean-Michel Bouvier pour faire reconnaître dans le droit français la notion de féminicide. Pourquoi cette démarche ?

Olivia Cattan : Il faut soutenir ce père, qui a perdu sa fille dans des conditions terribles. C'est une façon pour lui de conserver la mémoire de sa fille et d'Houria. C'est un combat qui lui semble juste, et que je trouve juste également. Le féminicide a été adopté par plusieurs pays en Amérique du Sud (voir encadré). Je trouve que faire entrer cette notion dans le droit serait très symbolique pour la France, où les chiffres des violences contre les femmes restent trop élevés, qu'il s'agisse de harcèlement, d'agression, de meurtre, de viol... Ce serait aussi une façon de montrer que ces crimes sont particuliers. Quand on tue une femme, qu'on la viole, on s'en prend à son intégrité physique.

Une notion à définir


Cassandre Bouvier, 29 ans, et Houria Moumni, 24 ans, ont été violées et tuées en juillet 2011, alors qu'elles effectuaient une randonnée dans le nord de l'Argentine. Le père de Cassandre, Jean-Michel Bouvier (lire son portrait dans Libération), se bat depuis lors pour introduire dans le droit pénal français la notion de féminicide, qu'il définit comme « le fait de battre, violer et assassiner une femme ».

Une notion qui reste difficile à définir. Au Pérou, la ministre de la Femme, Aida Garcia Naranjo, vient d'annoncer que le féminicide sera intégré dans le nouveau code pénal. Mais l'approche est différente : le féminicide serait une circonstance aggravante pour le meurtre d'une femme commis par un conjoint ou ex-conjoint, un partenaire ou un ex-partenaire. Dans le droit français, le mot n'existe pas mais le principe est le même : le fait d'être le ou l'ex conjoint ou concubin est une circonstance aggravante en cas de crime ou de délit.

Selon la ministre péruvienne, 6 autres pays latino-américains - le Chili, le Costa Rica, la Colombie, le Salvador, le Guatemala et le Mexique - ont déjà fait du crime contre les femmes une qualification distincte.

On peut objecter que parler de féminicide est une façon de victimiser les femmes, de les inférioriser...

Bien sûr, nous comprenons ce débat. On ne veut pas victimiser les femmes, cela n'a jamais été notre propos. Mais je suis persuadée qu'il faut une approche spécifique pour faire reculer les violences. Nous plaidons aussi, en recevant les mêmes critiques, pour des tribunaux spécifiques pour juger les violences faites aux femmes. Il y a bien des tribunaux de commerce, des tribunaux pour enfants... parce que ce sont des situations spécifiques pour lesquelles tous les personnels doivent être formés, y compris les juges. Quand vous allez dans un commissariat déposer une plainte pour violence conjugale et que la police n'est même pas au courant de la loi de 2010, on ne peut que constater qu'il y a un problème. Mais bien sûr il ne suffit pas d'un arsenal juridique. La lutte est globale et passe d'abord par la prévention.

'Paroles de femmes' mène justement des actions de prévention dans les collèges et lycées. Sentez-vous une évolution des comportements chez les jeunes ?

Pas vraiment, malheureusement. Sur une année, quand nous revenons plusieurs fois dans un établissement, on peut voir que les propos et les comportements changent. Mais il faudrait pouvoir mener partout ce travail de longue haleine. On ne peut que constater une très grande violence entre garçons et filles ; beaucoup d'insultes, du harcèlement, des agressions... Et parfois, même, les filles répondent à la violence par la violence. Elles créent des petits gangs, cela peut alors aller très loin.

J'ai fait, par ailleurs, des interventions en centre de détention, où se trouvent des violeurs qui ont entre 13 et 17 ans. Et ce qui m'a le plus marqué, c'est à quel point ils n'ont pas pris la mesure de ce qu'ils ont fait. Je m'attendais à voir des jeunes très violents, et pas du tout, ce sont des enfants ; des enfants qui pensent que ce qu'ils ont fait n'est pas grave. Il y a toute une éducation à faire.

Une nouvelle campagne lancée par votre association à l'approche de la journée internationale contre les violences faites aux femmes implique justement les hommes...

Bien sûr, il faut répéter que n'est pas qu'une affaire de femmes. Il y a beaucoup d'hommes qui s'investissent dans les associations. La moitié des membres de 'Paroles de femmes' sont des hommes. A l'inverse, d'ailleurs, certaines femmes n'ont rien à faire du droit des femmes, sont même misogynes. C'est n'est pas une question de guerre des sexes, de vouloir placer les femmes au dessus des hommes : c'est une question d'égalité des droits. Les femmes méritent le même salaire que les hommes, et elles méritent qu'on respecte leur intégrité.


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Commentaires  

 
#33 féminicides n'est pas un statut juridique sexué christine le Vendredi 16 Mars 2012 à 14:48
@Seb - Il s'agit simplement de mettre un mot pour interdire les actes criminels, ainsi de reconnaître les féminicides en Droit (depuis 1801 & 1848 feminicide en anglais.
Autrement dit, toutes "les violences sexuelles et sexistes contre les filles et les femmes"
Arrêtez le tabou sur le mot des féminicides. Qui sont en nombre écrasant... l'humanité : susaufeminicides.blogspot.com/.../...
Commencez le tabou sur la perpétration des féminicides.
Mais pour que cela soit constitutionnel et sans discrimination, il faut voir que la violence sexospécifique est également "androcide" et qu'il faut la condamner sur la même ligne !
susaufeminicides.blogspot.com/.../...
susaufeminicides.blogspot.com/.../...
 
 
#32 féminicides n'est pas seul tabou de la violence sexospécifique courroux le Vendredi 16 Mars 2012 à 14:44
Afin de reconnaître les féminicides en Droit (depuis 1801 & 1848 feminicide en anglais, féminicidios reconnus en 8 pays ibéroaméricains ) et les interdire.
Qui sont toutes "violences sexuelles et sexistes contre les filles et les femmes"
Arrêtez le tabou sur le mot des féminicides. Qui sont en nombre écrasant... l'humanité : susaufeminicides.blogspot.com/.../...
Commencez le tabou sur la perpétration des féminicides.
Mais pour que cela soit constitutionnel et sans discrimination, il faut voir que la violence sexospécifique est également "androcide" et qu'il faut la condamner sur la même ligne !
susaufeminicides.blogspot.com/.../...
susaufeminicides.blogspot.com/.../...
 
 
#31 Jonathan le Samedi 31 Décembre 2011 à 23:56
Exact. Mais ce qui est intéressant est de voir que les féministes ne valent finalement pas mieux que les machistes, vu qu'elles proposent des solutions fascistes pour être reconnues. L'art de combattre une inégalité en provoquant une autre, tout est là.

Certaines féministes radicales sont en train tout simplement de se discréditer elles-mêmes. Laissons-les faire, je ne pense pas qu'elles méritent plus d'attention. Leur donner du crédit revient à laisser glisser leurs extrémismes, et on sait ce que cela finit par donner à la société. On l'a vu avec le nazisme. La domination féminine existe aussi même si elle est plus sophistiquée.
 
 
#30 Hostier le Jeudi 29 Décembre 2011 à 23:11
Le mot feminicide devrait être utilisé pour ce qui passe en Asie depuis longtemps,en Chine, en Inde ; des millions de femmes manquent, on les tue ou on provoque leur mort par exemple par manque de nourriture, juste après leur naissance ; maintenant,avec le progrès médical, on peut faire des avortements sélectifs, même dans des villages indiens. Les gouvernements reconnaissent le 'problème', mais ne font pas grand chose ; les medias internationaux qui se scandalisent si rapidement n'en parlent jamais, sauf en france, Elle et Marie Claire. Pourquoi ce silence des féministes, les pubs sexistes ne tuent pas !
 
 
#29 Lili le Vendredi 02 Décembre 2011 à 00:42
Citation en provenance du commentaire précédent de Chriss:
Le plaidoyer pour la hiérarchisation est recevable dans certaines circonstances exceptionnelles . Par exemple si on se trouve sur le Titanic et qu’il n’y a pas assez de places dans les canots de sauvetage. Dans ces cas-là, les femmes et les enfants passent en priorité.

Excusez moi mais le fait que les femmes passent en priorité dans ces cas là est sexiste. Même si ça obéit à une rationalité anthropologique guidée par l'instinct de survie de lespèce (qui a besoin d'une femme pour faire un enfant, alors qu"un homme peut en "semer" plusieurs simultanément)
 
 
#28 Seb. le Jeudi 01 Décembre 2011 à 23:21
@ Ninhursag
Le viol précédant le meurtre est une circonstance aggravante du meurtre. Il en est de même des actes de torture et de barbarie. Dans ce cas, cela ne me choque pas. Il s'agit bien de réprimer des faits particuliers et non l'atteinte à une victime particulière. J’encoure la même peine si je viol un homme ou une femme avant de le ou la tuer. L'infraction est la même. L'introduction du féminicide dans notre droit ferai des joyeux parmi les avocats, et je pense que les procureurs seraient plutôt timides à l'employer, car il risque d'y avoir une question prioritaire de constitutionnal ité qui annulerai probablement cette infraction. Et dans l'hypothèse invraisemblable où le Conseil constitutionnel n'invaliderai pas une telle loi, reste encore l'hypothèse d'un recours auprès de la Cour Européenne des Droits de l'Homme qui sanctionnerai très vraisemblableme nt une telle incrimination car elle ne serait pas conforme à la Convention Européenne des Droits de l'Homme, comme elle ne l'est pas davantage à l'égard de notre constitution.
 
 
#27 Seb. le Jeudi 01 Décembre 2011 à 23:05
(suite)
Si quelqu’un met une balle dans la tête d’une personne de couleur car elle n’aime pas les personnes de couleur, on est tous d’accord pour dire que le racisme est mal, mais comparativement au meurtre le racisme est un moindre mal. Je préfère avoir faire à une personne raciste, à une personne qui croient profondément que l’humanité se divise en race et que certaines sont supérieures à d’autres, mais qui ne manifeste pas son racisme et qui se comporte normalement avec tout le monde, personne de couleur ou non ; que d’avoir affaire à une personne qui ne soit pas raciste mais qui se comporte violemment avec tout le monde. Je serai davantage choqué par une personne qui tue gratuitement, qui n’a pas de réel mobile, qui tue par plaisir, que par une personne qui tue car elle a des préjugés vis-à-vis de telle ou telle catégorie.
 
 
#26 Seb. le Jeudi 01 Décembre 2011 à 23:03
@ Chriss, la préméditation est un moyen et non un mobile. La préméditation transforme le meurtre en assassina, qui est puni plus gravement que le meurtre sans préméditation en ce qu’il révèle davantage l’intention criminelle de l’auteur. Le mobile c’est le pourquoi le l’infraction, la motivation intime de l’auteur, la jalousie, l’argent, le sadisme… Le principe c’est que le droit pénal est indifférent aux mobiles. Il y a des exceptions. La première c’est l’ordre de la loi. On ne puni pas un policier de violer un domicile dans la mesure où il intervient dans un cadre légal, ni à un soldat de tuer dès lors qu’il est dans le cadre de ses fonctions et de sa mission. L’exception la plus connue c’est la légitime défense qui est très encadrée et qui permet à une personne de se protéger en commettant une infraction. Il y a ensuite « le principe de nécessité » qui est relativement proche de la légitime défense, et qui est apparu plus tardivement. Ce principe permet de commettre une infraction pour préserver une valeur plus importante que celle protégée par loi. L’exemple classique est celui de la mère qui vole pour nourrir ses enfants. La différence essentielle avec la légitime défense c’est qu’avec « le principe de nécessité » le péril est moins imminent. Ensuite, on est entré dans le système inverse, fin XXème, avec les circonstances aggravantes qui permettent de prendre en compte les mobiles pour augmenter la répression, alors qu’auparavant on ne les prenait en compte que pour la neutraliser. Mais on arrive à un système arbitraire car on ne peut pas tout prévoir. (à suivre)
 
 
#25 Chriss le Jeudi 01 Décembre 2011 à 14:49
« Vous voulez hiérarchiser les mobiles de meurtre, pour ma part je n'en connais pas de bon. »

La justice distingue quand même différentes catégories d’homicide.
Ce n’est pas la même chose de 1) préparer minutieusement l’élimination d’un conjoint pour toucher une assurance et se barrer avec l’amant et 2) trouver la preuve des infidélités de sa femme, péter un câble, la frapper violemment mais sans intention de tuer, mais provoquer un ACV ou un infarctus fatal.
 
 
#24 Chriss le Jeudi 01 Décembre 2011 à 14:43
(suite)Le premier cas est un meurtre avec préméditation, un meurtre de psychopathe.

Le fait qu’un homme pète les plombs quand il se découvre cocu est condamnable, mais doit susciter un minimum de compréhension parce que c’est une réaction prévisible, de la même manière qu’on peut s’attendre à ce qu’un parent réagisse violemment quand son enfant se fait agresser sous ses yeux. Dans les deux cas, il s’agit de défendre sa descendance.

Le plaidoyer pour la hiérarchisation est recevable dans certaines circonstances exceptionnelles . Par exemple si on se trouve sur le Titanic et qu’il n’y a pas assez de places dans les canots de sauvetage. Dans ces cas-là, les femmes et les enfants passent en priorité.

Mais la justice n’est pas une ressource rare. On n’a jamais renoncé à emprisonner un tueur parce qu’on manquait de places en prison. On doit pouvoir rendre la justice en se souciant uniquement de justice. C’est pas une question de quotas ici.

Vouloir punir plus lourdement les meurtres de femmes par homme que l’inverse, c’est un peu comme si l’on tentait d’imposer l’idée qu’on devrait moins soigner les porteurs du VIH à la peau blanche, au motif que dans le monde, ce sont les noirs qui sont le plus touchés par la maladie.

Un médecin ne raisonne évidemment pas ainsi, ce serait scandaleux. Il a en face de lui un malade du sida – noir ou blanc, il s’en fout -, et en France, tous les malades du sida sont pris en charge aussi sérieusement que possible.

Un juge doit avoir la même neutralité.
 

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