CONNECTEZ-VOUS  I  ABONNEZ-VOUS  I  NEWSLETTER  I  AIDE

Civilisation Mis en ligne le 20/03/12 I Rédaction par La Rédaction
Partager cet article par e-mail

pussyriot_h156

Trois membres présumées du groupe punk féministe Pussy Riot, dont deux jeunes mères, sont en détention après une performance anti-Poutine dans une église de Moscou. Les voilà devenues symboles de la répression de l'opposition russe.


 

 

L'élection de Vladimir Poutine n'a pas apaisé les tensions en Russie. Ces derniers jours, la police a arrêté plus de 130 manifestants pacifiques, annonce Human Rights Watch mardi 20 mars. « Les autorités, au plus haut niveau, doivent prendre des mesures immédiates pour protéger le droit aux rassemblements pacifiques », tonne l'ONG. Le 17 mars encore, deux protestataires ont été arrêtés à Moscou pour avoir brandi une affiche demandant la libération des membres de Pussy Riot. Ils ont été relâchés au bout de plusieurs heures. 

« Sainte vierge, chasse Poutine »

Pussy Riot ? Sous les cagoules colorées se cache un groupe féminin de punk, féministe et écologiste, engagé depuis des mois dans le mouvement de protestation anti-Poutine. Et devenu aujourd'hui un symbole des revendications démocratiques en Russie... et de la répression. Deux de ses membres présumées (car toutes veulent rester anonymes), Maria Alekhina, connue pour son activisme écologiste, et Nadezhda Tolokonnikova, membre du collectif artistique «Voïna » ont été emprisonnées suite à une performance iconoclaste menée par le groupe.

« Sainte vierge, chasse Poutine », ont chanté cinq de ses membres le 21 février lors d'une « prière punk » dans une cathédrale de Moscou (vidéo ci-dessous) deux semaines avant l'élection présidentielle. Elles y dénonçaient également les liens entre l'Eglise orthodoxe et le pouvoir.

Église divisée

Arrêtées peu après, les deux femmes risquent jusqu'à 7 ans de prison pour « hooliganisme », et ont été placées en détention jusqu'à leur procès, prévu à la fin du mois d'avril. Toutes deux mères d'enfants en bas âge (4 et 5 ans), elles ont entamé une grève de la faim, le 4 mars, pour protester contre cette détention. Une troisième jeune femme, Ekaterina Samutsevich, a été arrêtée quelques jours plus tard et placée en détention sous la même accusation.

L'affaire divise l'église orthodoxe russe elle-même. De nombreux prêtres ont signé une pétition appelant à la libération des trois femmes. Mais une autre pétition circule au sein du clergé orthodoxe pour crier au blasphème et réclamer des sanctions exemplaires.

La situation de ces contestataires dépasse les frontières de la Russie. En France, une manifestation de soutien doit se tenir mardi 20 mars, à 18h30, devant l'ambassade de Russie à Paris. Dans un communiqué publié le 17 mars, EELV appelle à leur libération, dénonçant « le caractère arbitraire de cette décision qui n’a pour seul but que d’empêcher toute contestation du régime de Poutine en Russie. »

 

Pussy Riot, Femen : deux modes d'action, une même énergie

Ces activistes russes font inévitablement penser à leurs voisines ukrainiennes de Femen. Même si ces dernières privilégient pour leurs performances les seins nus plutôt que les riffs punks et les collants et cagoules colorées. Mais on retrouve chez les deux groupes le même activisme énergique et sans peur. « Notre avis sur Femen, c'est compliqué », expliquaient les Pussy Riot dans une interview au magazine Vice, avant les arrestations. « D'un côté, elles exploitent une rhétorique très masculine et sexiste – les hommes veulent voir des femmes nues agressives attaquées par des flics. D'un autre côté, leur énergie et leur capacité à avancer coûte que coûte est remarquable et motivante. Un jour elles sont en Suisse à escalader les barrières du Forum de Davos, et le lendemain à Moscou, à l'assaut du QG du plus grand producteur de gaz. Et même après avoir été attaquées par des agents du KGB au Bélarus, elles ont annoncé qu'elles se battraient encore plus fort. L'énergie est très importante de nos jours. Les groupes en Europe et en Amérique manquent souvent de force, mais ces filles en ont vraiment. »

JavaScript est désactivé!
Pour afficher ce contenu, vous devez utiliser un navigateur compatible avec JavaScript.

 

Pour aller plus loin :

Le groupe facebook "Libérez Pussy Riot !"

Lire aussi : un portrait des Pussy Riot publié le 6 mars sur MyEurop.info


 

Image : à Moscou, manifestation pour la libération de Maria Alekhina et Nadezhda Tolokonnikova

 


Partager cet article par e-mail
 

Commentaires  

 
#2matriarcat - amazones - beaux mythes masculinscourrouxle Samedi 18 Août 2012 à 17:54
Quant à monter en épingle les guerrières, les amazones, les violentes, les puissantes, omnipotentes - On connait déjà cela, c'est, en effet, un plagiat des mythes masculins des amazones, des matriarcats.

D'ailleurs Anna Hutsol se réclame du pouvoir féminin.

Ou allons-nous, si on joue une suprématie contre une autre ? De patriarchie à la matriarchie. Du paternalisme au maternalisme.
Et je vois que justement pour nous faire acclamer les émeutières du minou de guerre, l'on a fait jouer le maternalisme.

Ces deux types d'activisme font donc la part belle au différencialisme en plus de l'essentialisme, et j'augure mal du résultat contreproductif.
 
 
#1féministes ? en quoi ?courrouxle Samedi 18 Août 2012 à 17:48
Trompée. Trahie par la photographie de minois innocents, comme en cage (voir musée naturel) de chahuteuses dans une église (pôvres enfants) mon coeur n'avait fait qu'un tour. Ce n'est en fait que la première représentation manipulatoire d'une campagne sous tendue par les genristes "sex negatives" et les lobby liberté de commercialisation tous azimuths.

Pourquoi vous n'avez pas mis à la suite leurs vidéos depuis 2008 de pornographies avilissantes de partouze essentialiste devant les animaux empaillés du Musée d'Histoire Naturelle - quel "sadening" ?
Ou bien la contreperformance publique de supermarché devant des gosses d'accoucher d'un poulet mort ? Que de féminisme, que de féminisme, que c'est révolutionnaire et subversif et athée et libre penseure toujours au détriment des mêmes, non ? Une équipe de 15 personnes pour mettre tout ça en ligne, un petit cd-rom sort.

Le respect des lieux de culte d'autrui qui est la seule manière de nous garantir l'égalité entre les consciences, balayé. Ce régime bien content d'avoir montré sa mansuétude, tombée la condamnation prévue selon le code pénal à 6 ans, à deux ans. Au point de faire rire, s'esclaffer ces dernières.

Où est ma révolution citoyenne féministe ? Au musée.
 

Réagir

LA SELECTION

TOPTOY

Noël et stéréotypes sexués

De bonnes initiatives, et des clichés persistants...

En savoir +

SEXISME ORDINAIRE

Des femmes en petite tenue pour inaugurer le rayon lingerie ? Syndicats et associations s'indignent...
Les chemisiers sont si fins qu'on peut voir au travers. A celles qui se plaignent, la direction propose...

DANS L'ACTUALITE

Washington, meilleure ville US pour les femmes ; laissées pour compte à Sydney ; guerre à la misogynie...
Alors que les footballeuses lyonnaises visent un troisième titre européen consécutif, L'Equipe fait...
Une trentaine de femmes ont posé leur candidature. Mais ce n'est « pas autorisé », tranche un...
La RDC, "pire endroit pour être mère", le malaise des mères italiennes, les journalistes tunisiennes...

L'info 50-50

  

Bienvenue dans les nouvelles NEWS nouvelle formuleLire l'édito

Les nouvelles brèves

Une maison grandeur nature de la poupée star, attraction provoisoire, fait polémique à Berlin. Avant...
Après un tollé, la firme retire de son site une version sexualisée de l'héroïne du film Rebelle....
Le N°1 mondial du chocolat, Mondelez, s'engage à son tour à agir contre les discriminations subies...

Top news

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel déplore « l’absence d’évolution concernant le nombre...
Le texte de loi sur le mariage pour tous fait évoluer, très légèrement, la règle de transmission...
En Europe comme aux Etats-Unis et même au Bangladesh, institutions et marques de vêtements prévoient...
Pour la première fois, le gouvernement annonce un objectif chiffré de nouvelles places en crèche :...

Plus de Nouvelles News