Élections 2012 Mis en ligne le 26/04/12 Le président-candidat s'est prononcé contre le fait de « donner la pilule à une adolescente sans demander l'avis des parents ». Pourtant, la contraception anonyme et gratuite pour les mineures est déjà un droit. Visiblement, Nicolas Sarkozy ne maîtrise pas le sujet.
« Nicolas Sarkozy annonce la fin de la contraception anonyme pour les mineures » : l'alarme a résonné jeudi 26 avril. Invité dans la matinale de France Inter (ici à 12'30), le président-candidat a en effet déclaré : « est-ce qu'on peut donner la pilule à une adolescente sans demander l'avis des parents ? » Sa réponse est non : « ça ferait tout drôle, me semble-t-il, aux parents, d'apprendre que quelqu'un a donné la pilule à sa fille, mineure, sans avoir un dialogue avec les parents de cette jeune fille ». Remise en cause ? Par ces mots, il « remet en cause la loi de 2001 qui garantit l’accès libre à la contraception pour les jeunes de moins de 18 ans. C’est un recul grave en matière de droits des femmes à disposer de leur corps » s'alarme le collectif féministe « Les droits des femmes passent par la gauche ». Recommandations ignorées Car Nicolas Sarkozy fait référence au « débat » qui a eu lieu sur le sujet. Ces derniers mois, en effet, plusieurs voix ont appelé à la généralisation de la prescription de la contraception anonyme et gratuite pour les mineures. Car les centres de planning familial sont loin d'être accessibles à toutes : 4 femmes sur 5 habitent à plus de 100 kilomètres d'un de ces centres, souligne Israël Nisand qui, en février dernier, soutenu par la secrétaire d’État à la Jeunesse Jeannette Bougrab, appelait à généraliser l'offre. Lobbying des associations familiales Mais le gouvernement ne l'a jamais entendu de cette oreille. En mettant en avant, comme Nicolas Sarkozy aujourd'hui, le nécessaire contrôle parental sur la sexualité des jeunes filles. En octobre dernier, la secrétaire d’État à la Santé, Nora Berra, expliquait ainsi :« Il faut veiller à ne pas court-circuiter le rôle des parents. Il demeure crucial et nous devons le préserver ». Quelques mois plus tôt, en présentant son rapport, Bérengère Poletti déplorait le « lobbying intense sur les politiques de la part d'associations familiales », notamment à caractère religieux, pour maintenir les questions de sexualité dans la sphère familiale. Et c'est ce qui a guidé ce matin encore les propos du président sortant.
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Commentaires
Parfois, les réactions ont été "tu nous barbes, maman"; mais en vieillissant, elles ne l'ont jamais regretté.
Quand elles avaient une question, il y avait leur mère, leur grand mère; leur père si elles avaient des chagrins d'amour...Je ne suis pas la seule! Nous sommes cette fameuse génération 68 dont il faut supprimer l'esprit, selon M.Sarkozy...
@ aau : "Pesonnellement, tu aimerais apprendre, par hasard, que ta fille de 15 ou 16 ans se soit vue prescrire la pilule par un médecin sans en être informée" . Non, personnellement je n'aimerais pas que ça se passe comme ça. Pas plus que je n'aimerais apprendre par hasard que mon fils/ma fille a une copine/un copain depuis un an, et que j'en savais rien. Et j'espère aussi que c'est pas en cours de bio ou entre copains qu'ils découvriront "comment on fait les enfants" (et tout le reste), parce que j'ai aimé que ce soit ma mère qui m'en parle.
Sauf que mes enfants sont libres, et que de ce fait, je n'aurai pas le choix. Alors je préfèrerais qu'ils m'en parlent, mais s'ils font un autre choix je préfèrerais qu'un médecin ou un planning familial ait pu faire son boulot plutôt que de voir mes enfants prendre des risques parce qu'ils ne peuvent rien faire sans que je sois au courant, et que justement ils ne veulent pas que je sois au courant.
A 15/16 ans, on est jeune, mais on est aussi un ado, et s'il y a bien une chose qu'on ne partage pas avec ses parents, même dans les familles où ça se passe bien, c'est de sa vie sexuelle. Sans parler des nombreuses familles ou c'est tabou.
Alors j'espère que je serai leur interlocutrice, mais je ne peux qu'espérer. Ils sont libres. Et j'ai envie que leur liberté puisse s'exercer en sécurité, ce qui suppose de ne pas revenir sur l'accès des mineures à la contraception, et idéalement de responsabiliser les garçons de manière plus importante qu'on ne le fait aujourd'hui.
Je travaille au planning familial et je rencontre beaucoup de jeunes filles qui ne souhaitent pas en parler à leurs parents car elle ne veulent pas qu'ils aient un regard sur leur vie intime, il y en a aussi beaucoup qui ne peuvent pas en parler à la maison car le sujet est tabou et bien tabou.
Nous n'empêcherons pas les ados d'avoir une sexualité, alors faut-il ne rien dire ou prévenir ????
Se rendre dans un centre de planification ou planning familial est un acte responsable, cela sous entend que les jeunes ont repérés les professionnels et qu'ils se prennent en charge, je pense que c'est plutôt bon signe.
Ras le bol d'accompagner des jeunes filles pour une IVG parce qu'elles n'ont pas pu en parler chez elles.
Ils y a aussi pas mal de parents qui sont démunis pour parler de sexualité à leurs enfants, et cela peut se comprendre.
Je veux précisez que cette opinion n'a rien d'haineux.
Cordialement.
C'est vrai qu'une mineure est de loin bien plus prête à élever un enfant que de prendre une pilule. Mais ou avions-nous la tête?
Si la pilule pose problème de cancer, proposons également des stérilets aux mineures, ou des préservatifs féminins, comme cela tout le monde il est content.
Merci d'atterrir dans le monde réel, monsieur.
D'autre part, je ne vois pas pourquoi les adolescent-es devraient parler absolument de tout avec leur parents. L'adolescence, c'est justement le moment ou la personne commence à s'émanciper du cocon familial, que ça plaise aux parents ou non.
Et si certaines d'entre nous ne sont pas mères/pères d'adolescent-es, nous l'avons tous-tes été-es, et j'ai moi comme l'impression que vous n'êtes pas une femme ou une fille à qui l'on refuse ou a refusé le contrôle de son corps.
Il me semble donc que votre légitimité peut donc tout à fait être questionnée.
Pesonnellement, tu aimerais apprendre, par hasard, que ta fille de 15 ou 16 ans se soit vue prescrire la pilule par un médecin sans en être informée ? Cela contribue encore à dissoudre le lien parent / enfant dans des familles où il n'y a déjà pas de dialogue et à faire reculer l'autorité des parents. En plus, la pilule est un traitement hormonal, ça n'est pas anodin. Moi qui travaille dans le médical, je peux te dire que le nombre de cancers dits féminins arrivent de plus en plus tôt chez les femmes et que bien souvent, il est lié à une utilisation de ce contraceptif depuis des années.
Je suis d'accord que chacun dispose de son corps mais, ado, est-on assez mûr pour décider seul de suivre un traitement médical (car c'est de ça dont il s'agit, pas d'une vitamine à prendre le matin) ? Ne devrait-on pas, au contraire, faire en sorte que les parents s'investissent plus ?
Et, en même temps, M. Sarkozy est en droit d'émettre une opinion sur qqch qui de toutes façons, ne sera pas remis en cause, vu le peu d'importance que ça a face à d'autres problèmes.
Arrêtez avec vos idées haineuses sans fondement autre que la manipulation de bon nombre de médias. Et si vous n'êtes pas parent d'ado, alors quelle est votre légitimité à vous prononcer sur ce sujet ? Et il faut encore rappeler que la pilule, ça empêche juste de tomber enceinte, ça n'évite ni les MST ni toutes sortes d'infections.
oh là! oh là! du calme.
Vous êtes quoi ? Mineure ? Parente de mineure ? Irresponsable ?
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