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Solidarité Mis en ligne le 06/01/12 I Rédaction par Arnaud Bihel
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L’Élysée serait aujourd'hui favorable à une taxe sur les transactions financières à la seule échelle française. Les parlementaires devraient ainsi voter une mesure que le gouvernement leur avait fait rejeter il y a un mois.


Le chef de l’État serait prêt à « y aller seul », sans même un accord avec Angela Merkel. « On verra les modalités. C'est mieux s'il y a l'Allemagne (...) mais la France est prête à donner l'exemple sur ce sujet », a confirmé Henri Guaino conseiller du chef de l’État, sur BFMTV-RMC.

L'Allemagne toujours réticente

Deux jours plus tôt, le ministre des affaires européennes Jean Léonetti n'évoquait encore que la possibilité d'une initiative franco-allemande. « C'est au programme du prochain sommet européen, le 30 janvier. La taxation sur les transactions financières, c'est Nicolas Sarkozy et Angela Merkel qui l'ont décidée, et ça va se mettre en place avant la fin de l'année 2012 ». Cette annonce était, déjà, une première évolution, puisque jusque là c'est l'échéance 2013 qui était envisagée.

« Pour l'instant à l’Élysée on privilégie un accord avec Berlin », tempère Libération. Les chefs d’État auront l'occasion d'évoquer le sujet dès lundi prochain, 9 janvier, en préparant le sommet européen de la fin du mois. Mais une chose est sûre : l'Allemagne reste réticente à l'instauration d'une taxe sans un vaste consensus européen, lequel est encore très loin. Tandis que la Commission européenne planche sur son propre projet de TTF, qu'elle ne compte pas voir effective, pour sa part, avant 2014.

Un cavalier seul rejeté par le gouvernement il y a 1 mois

Si Nicolas Sarkozy décidait effectivement de faire cavalier seul, ce serait donc un revirement spectaculaire. Voire absurde. Car en novembre le Sénat, à majorité de gauche, avait voté dans le cadre du budget 2012 un amendement pour instaurer une taxe française sur les transactions financières. Mais le gouvernement s'y était alors fermement opposé, clamant que la France « ne peut légiférer seule » sur cette question. La TTF avait donc finalement été rejetée en décembre par les députés. Ce revirement, s'il se confirme, obligerait donc à convoquer à nouveau les parlementaires pour voter une loi de finances rectificative, afin d'adopter une mesure qu'on leur avait enjoint de rejeter il y a un mois.

"Bluff indécent", "promesse électorale"

Il est donc encore difficile, à ce jour, de démêler ce qui relève de l'effet d'annonce et ce qui relève de la volonté d'agir. D'autant que c'est aussi, pour Nicolas Sarkozy, une manière de jouer avec le mouvement altermondialiste, qui réclame depuis des années cette taxe sur les transactions financières. Car le virage du chef de l’État sur la TTF accompagne celui effectué juste un peu plus tôt sur la « TVA sociale », qu'il entend également faire adopter par les parlementaires avant la fin de son mandat.

Promoteur historique de la TTF, dite « taxe Tobin » à origine, ATTAC est vigoureusement opposé à cette TVA sociale, une mesure « inutile et injuste ». Et considère dès lors cette annonce d'une taxe française comme « un bluff indécent ». Plus mesurées mais tout aussi sceptiques, les ONG AIDES, OXFAM France, PLUS et ONE France demandent pour leur part à Nicolas Sarkozy « de se prononcer au plus vite et avec la plus grande clarté » sur les modalités de la mise en place d'une TTF française : assiette, taux, affectation et calendrier. « Sans ces précisions indispensables, les déclarations relatives à la taxe devront être comprises non comme l’annonce d’une décision concrète et imminente mais comme une nouvelle promesse électorale d’un président en campagne. »

(mis à jour vendredi à 18h50 avec les réactions des ONG)

 

Photo : Oxfam Deutschland


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Commentaires  

 
#3 francette76 le Lundi 09 Janvier 2012 à 10:21
c'est facile de dire certaines choses maintenant alors que l'on en a pas tenue une seule en 5 ans :sad:
 
 
#2 bébert le Lundi 09 Janvier 2012 à 08:35
encore une petite taxe de plus à venir pour le petit titulaire de petit pea... contre le grand capitalisme financier, on fait ce qu'on peut.
 
 
#1 las vegas le Samedi 07 Janvier 2012 à 11:32
Rien ne fait peur à notre actuel président de la république:
Tourner plusieurs fois sa veste dans tous les sens sur n'importe quel sujet...,
Se servir de sa fonction actuelle de président de la république pour faire sa campagne de "futur????" président de la république...
Les électeurs lui répondront-ils CASSE-TOI ... ?
 

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