Contre-courant Mis en ligne le 26/03/12
Après la catastrophe de Fukushima, voilà un an, le nucléaire s'annonçait comme l'un des grands thèmes de la campagne présidentielle. Mais le sujet a disparu des radars, ou presque. Ainsi, le 11 mars, une chaîne humaine contre le nucléaire rassemblait 60 000 personnes, le long du Rhône, dans une quasi-indifférence politique et médiatique. Et pourtant les Français, qui habitent le pays le plus nucléarisé au monde, sont loin d'être des farouches partisans de ces centrales, si on en croit le sondage réalisé par l'institut CSA pour Greenpeace. Comme tout sondage, prenons-le avec des pincettes. D'emblée, la première question fait référence à la catastrophe de Fukushima. Mais la réponse apparaît sans équivoque : les deux tiers (67%) des personnes interrogées estiment « qu’un accident dans une centrale nucléaire aussi grave que celui qui a touché le Japon pourrait survenir en France ». Ils sont même plus de 7 sur 10 à estimer que « les centrales nucléaires sont vieillissantes et cela augmente le risque d'accident. ». Ce sont les sympathisants UMP qui sont les plus favorables au nucléaire. Ils sont ainsi les seuls à penser en majorité que les centrales françaises sont les plus sûres. Sans surprise, ce sont eux aussi qui semblent les plus réceptifs aux déclarations répétées de Nicolas Sarkozy selon lequel la sortie du nucléaire serait « une folie » et signifierait un « retour à la bougie » : seulement 35% de ces sympathisants estiment « possible de se passer du nucléaire en France en développant les énergies renouvelables et en favorisant les économies d’énergie ». Les Français sont « manifestement plus conscients du risque nucléaire que les responsables politiques », se réjouit Greenpeace, rappelant que « la Cour des comptes l’a démontré dans son rapport, et l’âge de nos centrales l’impose : des décisions cruciales devront être prise pendant le prochain quinquennat. » (Voir notre article : "Les centrales nucléaires devront vivre plus longtemps".)
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