Recevoir la newsletter


Accueil > Entreprendre > Entreprendre > Margaret Milan, l'entrepreneuriat contagieux

Expulser, accueillir

Najlae Lhimer,19 ans, qui vivait en France depuis 5 ans pour fuir un mariage forcé a été expulsée il y a deux semaines vers le Maroc. Son tort : avoir porté plainte contre son frère, qui l'avait tabassée. Le chef de l'Etat, en cette journée des femmes, a fait un geste. Il "s'est dit prêt à l'accueillir en France, si elle le souhaite". (Suite...)

 


Commission OGM

La Commission européenne vient d'autoriser la culture d'un nouvel OGM. Cette décision, une première depuis 12 ans, hérisse les anti-OGM, mais aussi de nombreux pays européens. La Commission prend le risque de s'afficher comme le promoteur de ces organismes très controversés. (Lire l'article)

 


Chez les Sages, la parité avance... à reculons

Parmi ses 11 membres, le Conseil constitutionnel comptait jusque là deux femmes. Il n'y en aura désormais plus qu'une. A l'heure où les grands discours sont à la féminisation des instances de décision, les actes restent hermétiques à l'ouverture au féminin... (Suite et commentaires)

 


Mère patrie nourrit ses petits industriels

Un million d’euros de pub pour la campagne grand emprunt où Marianne exhibe son ventre fécond mais rien pour la réforme du congé parental. Rien à voir entre ces deux informations ? Pas sûr. (Suite et commentaires)

 

Margaret Milan, l'entrepreneuriat contagieux PDF Imprimer Envoyer
Entreprendre
Écrit par Isabelle Fougère   
Mercredi, 11 Novembre 2009 09:20

Margaret MilanElle donnerait envie d’entreprendre à des pierres ! Margaret Milan, l’heureuse créatrice de la marque Eveil et Jeux, aujourd’hui exploitée sous l’enseigne de la FNAC, a inventé son concept dans son garage.

Vingt ans plus tard, forte de son succès, elle partage avec générosité son expérience avec toutes celles qui  souhaitent se lancer.

 

Tester ses idées, avoir de l’avance sur son temps et marier des compétences complémentaires : tels sont les trois fondamentaux de Margaret Milan. L’énergie et le sens pratique inaltérables  de la créatrice d’Eveil et Jeux ont fait le reste, ainsi qu’un désir précoce de devenir son propre patron.

 

C’est dans un garage, autour d’une table de pique-nique et avec la sécurité de quelques économies personnelles que l’aventure Eveil et Jeux a commencé. « Au début, c’était le brouillard, on part toujours dans le brouillard… Je ne connaissais ni les jouets ni la Vente par correspondance. J’ai donc commencé sur le mode invention, sans parti pris, en toute liberté. J’ai beaucoup cherché. Je voulais ouvrir un magasin, mais il fallait un capital conséquent et je n’en avais pas ».

 

Margaret Milan a commencé par tester les produits auxquels elle croyait : « Une étape fondamentale. Personne n’a la science infuse ! C’est le marché qui décide si un produit peut avoir du succès. Tester est  facile : il suffit d’envoyer 1000 mailings . A mon époque des fax : j’ai démarré au vieux siècle du papier, on fabriquait des prospectus grand format, réduits à la photocopieuse ! Puis attendre les retours. Aujourd’hui, grâce au web, on ajoute des zéros et les tests sont plus larges. Dans mon cas, j’ai eu plus de 25 % de retours positifs et de commandes de jouets par correspondance. C’était un signe ! »

 

De commandes en commandes, le pari de Margaret Milan réussi : les chiffres sont bons. En 1995, après 4 ou 5 ans d’activité et de résultats, Eveil et Jeu s’apprête à vivre un grand tournant, avec une levée de fonds de 5 millions de francs. L’heure de choix déterminants. « Lever des fonds n’était pas facile. Surtout à cette période de crise. Nous en avions besoin pour grandir. En 1995, mon mari m’a rejoint. Son premier travail avait été justement de lever des fonds. Il s’y est mis à temps plein pendant six mois. Je me demande comment font ceux qui sont seuls, pour continuer l’activité tout en recherchant des fonds. L’association complémentaire des savoirs faire est un vrai plus ! ».

 

Transformer l’aventure individuelle en entreprise familiale n’a pas effrayé Margaret Milan. « Je suis toujours étonnée que les gens s’étonnent du côté familial de l’entreprise. Au Moyen Age c’était déjà souvent comme ça ! Moi, je n’ai rien risqué, mais mon mari si ! Il est arrivé dans l’entreprise à un moment où nous avions confiance dans notre modèle économique. Nous avions pu modéliser l’avenir. Nous n’étions pas inquiets sur notre capacité de travailler ensemble, nous avions une grande complicité. Mais pour lui c’était un pari courageux, il avait une très bonne position, il gagnait très bien sa vie, il fréquentait de grands patrons, allait dans les grands restaurants. Du jour au lendemain il s’est retrouvé avec une bande de filles qui parlaient de jouets dans un garage. Il était le premier homme de l’entreprise, c’était un choc culturel. Ce modèle familial est très intéressant. Celui du chef d’entreprise solitaire et tout puissant est incompréhensible pour moi. Il est exceptionnel chez un être humain que les deux côtés du cerveau marchent aussi bien. Rien n'est plus difficile que de trouver un associé avec cette confiance, cette complémentarité et cette confluence d’intérêts. ».

 

Aussitôt après cette première levée de fonds, c’est le baptême du feu pour Eveil et Jeux. « Nous avons traversé les grandes grèves de la fin de l’année 1995, quand tout était bloqué. Tout passait encore par la poste à l’époque ! ». En 1998, une nouvelle étape est franchie. «  La croissance se confirmant, il nous était devenu indispensable de nous adosser à un groupe industriel. Nous pensions ouvrir des magasins. La Fnac venait d’ouvrir sa première FNAC Junior. Soit nous nous mettions ensemble, soit nous devenions concurrents. Cela me semblait plus intelligent de se rapprocher, nous avions des valeurs culturelles proches. Cela s’est imposé par le bon sens. La Fnac appartient au groupe PPR, une force industrielle avec entre autres La Redoute. Cela représentait un savoir faire et un appui non négligeable pour la VPC, avec par exemple la mutualisation des achats de papier : bref un véritable appui industriel dont l’entreprise avait besoin pour continuer à se développer. Nous aurions pu aussi bien entrer en bourse, c’était une autre option. Mais nous avons fait le choix de la synergie industrielle. Avec la bourse, trop aléatoire, il y a une dépendance, surtout dans les temps durs. Il ne s’agit pas d’un choix pour la pérennité. Une boîte, c’est comme un bébé, on veut assurer son avenir».

 

La FNAC entre dans le capital d’Eveil et Jeux en 1998. Pendant trois ans, l’entreprise triple sa taille, avant d’être rachetée par le groupe. La fondatrice et son époux choisissent de se retirer. « Cela devenait l’histoire de la FNAC. J’étais un peu fatiguée. Il arrive un moment où il faut écrire la page suivante. Nous n’étions plus maîtres à bord, cela n’était pas évident… »

 

Pendant quatre ans, loin d’Eveil et Jeux, Margaret Milan a choisi de s’investir dans la création et l’animation du premier réseau de femmes cadres supérieurs et entrepreneurs en Europe : EPWN (European Professionnal Women's Network). « J’avais envie de transmettre mon expérience aux autres femmes, une expérience magnifique. À l’époque de la création d’Eveil et Jeux, je n’avais pas bénéficié de conseils, je m’étais parfois sentie seule. J’ai écrit des livres sur les carrières au féminin, pour témoigner et encourager les femmes dans leurs carrières ». Pragmatique et simple, Margaret Milan fait merveille pour dédramatiser le monde de l’entreprise. Loin des discours pontifiants et jargonnesques des conseillers en montage de société, elle prodigue des informations limpides. Une entreprise, c’est d’abord une idée, des tests, un suivi et une stratégie à long terme. Rien d’inaccessible à l’écouter…

 

L’histoire aurait pu s’arrêter là. Elle rebondit contre toute attente en 2006. La direction du groupe PPR rappelle Margaret Milan et son mari au chevet d’Eveil et Jeux. Non que l’entreprise se porte mal, mais devant les défis commerciaux et de management qui se présentent, la capacité du couple à saisir les grands changements et tendances dans l’air du temps semble manquer… « Au début, il s’agissait de traiter quelques dossiers, de donner notre avis. Nous avons mis un bras, puis l’autre, et puis nous nous sommes retrouvés aux manettes ». Actionnaires minoritaires et salariés d’Eveil et jeux, Margaret Milan et son mari deviennent respectivement Présidente du Comité Stratégique et Président de l’entreprise. « C’est un challenge, une aventure complètement différente de celle de la création. Il ne s’agit plus d’entreprendre mais de gérer le changement. Nous vivons dans un monde qui se transforme de plus en plus vite. Il y a eu la première vague Internet et pas mal de casse. Puis la seconde, une transformation très profonde dans les fonctionnements. C’était le moment où il fallait chambouler beaucoup d’habitudes, créer une vraie marque pour exister, une entreprise multi canal. Il y a de plus en plus de concurrence. Il faut sans cesse innover, regarder au-delà de nos frontières, évoluer sur notre organisation  et nos offres. Il faut courir devant plutôt que derrière ».

 

Dans cet esprit de toujours saisir l’air du temps et de se positionner avec avance et originalité, FNAC Eveil et Jeux a récemment lancé un site Internet baptisé graine de curieux.fr , qui vient compléter le site dédié à la vente. « C’est un site d’expression des parents et de la marque. Nous avons des idées, nos clients aussi, parents, instituteurs… Un vrai point de vue. Le site contient des Informations, des articles, des jeux : là encore nous testons sans cesse. Les retours sont bons. Expérimenter est dans notre ADN. Des parents pilotes testent les jeux, les commentent ».

L’entreprise fondée par Margaret Milan va fêter ses vingt ans. « Notre succès s’explique sans doute parce que nous avons compris la nécessité d’accompagner et d’aider les parents pour les loisirs de leurs enfants, en leur proposant un choix de produits avec une valeur ajoutée. Nous avons par exemple longtemps été les seuls à leur permettre de faire des achats à 11h du soir, dans des lieux où ils sont contents d’aller parce qu’ils y rencontrent des équipes de passionnés qui les conseillent ».

Toujours impliquée dans les réseaux de femmes entrepreneures, Margaret Milan dispense aux femmes qui veulent se lancer non seulement des conseils concrets mais aussi, ce qui se fait rare en période de crise économique, un goût d’entreprendre, de donner forme à ses idées et de les emmener le plus loin possible. Et aujourd’hui, la saga de la Fnac Eveil et Jeux et de ses créateurs font figure de cas d’école.

 

Ajouter un Commentaire

Code de sécurité
Rafraîchir

 

Qu'est-ce qu'on attend pour adopter de nouveaux indicateurs de richesse?

Indice santé sociale et PIB par tête

Quand le PIB augmente, le bien-être global recule. Et pourtant la course au PIB reste un sport national. Créée en janvier 2008, la commission Stiglitz a remis un rapport le 15 septembre dernier  : juste quelques pistes de réflexion autour du PIB tout puissant.

Voir le dossier complet

Copenhague

Rester mobilisé

JavaScript est désactivé!
Pour afficher ce contenu, vous devez utiliser un navigateur compatible avec JavaScript.

Au début du sommet Naomi Klein voulait passer la COP-15 au détecteur de mensonges. A la fin elle voit du racisme dans les calculs froids des pays riches.


Voir le dossier complet

 

Ce que les femmes ont à dire au monde

Pour la cinquième année le Women’s forum de Deauville réunissait, du 15 au 17 octobre, responsables politiques, économiques, associatives pour leur donner la parole et la partager avec les hommes. Leur but : changer le monde… Tout simplement. Résumé en 9 flashes vidéo.

(cliquez sur l'image ci-dessous)

Vidéos réalisées avec le soutien de

logo

climaturgie

tout pour changer

Le Blog de Danièle Boone

S'identifier

Identifiez-vous pour recevoir la newsletter et accéder à d'autres informations. Pour la première fois, cliquer sur "Créer un compte".