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Plaisirs
Mis en ligne le 27/08/10
A la mi-août, la chaîne Nickelodeon a fêté en grande pompe les 10 ans de son héroïne Dora l'exploratrice. « Allons-y ! Let's go ! » : son exclamation fétiche résume le succès de la jeune aventurière de dessin animé, toujours dans l'action et la résolution de problèmes. Et en constante interactivité avec les jeunes téléspectateurs du programme. Autant de traits de caractères qui expliquent son succès. Mais si Dora est un phénomène c'est que, au-delà de ces aspects qui en font un personnage forcément positif, elle apparaît comme une porte-parole de l'ouverture d'esprit.
Figure latino
La première porte que l'aventurière a ouverte, c'est celle du multiculturalisme. Dora a été la première héroïne télévisuelle bilingue, enseignant au fil de ses aventures des notions d'espagnol aux jeunes anglophones - et des notions d'anglais dans les autres pays. Le programme est aujourd'hui traduit en 33 langues. Et remporte un même succès partout dans le monde. En France, l'éditeur Albin-Michel a vendu 12 millions de livres éducatifs de Dora. Bilinguisme, et ouverture sur l'autre. Cela se remarque moins en France mais, avec sa peau mate et sa pratique de l'espagnol, Dora est une héroïne hispanique, qui a ouvert l'esprit des enfants américains. « Les enfants latinos sont fiers du personnage qu'est Dora, et les enfants non latinos peuvent s'identifier à quelqu'un de différent », explique ainsi l'universitaire Un marquage de la différence qui peut aller jusqu'à prendre une dimension politique : dans le récent débat aux Etats-Unis autour de lois répressives sur l'immigration, des image de Dora en immigrée illégale (comme celle ci-contre) ont fait le tour du net.
L'anti-princesse
Si Dora a permis une ouverture communautaire, d'autres observateurs soulignent également son rôle anti-sexiste. Dora est aussi l'un des rares personnage à plaire autant aux filles qu'aux garçons. L'aventurière en baskets, short et sac à dos, toujours en mouvement, a su transcender les barrières de genre. Pour une fois, une fille n'est pas enfermée dans un rôle traditionnel de fille. Ses créateurs revendiquent d'ailleurs cet aspect : ce qui fait l'originalité et le succès du programme, expliquent-ils, est que « Dora est hispanique. Un autre aspect unique est qu'il met en avant une petite fille en tant qu'aventurière ». Jusqu'à renverser les rôles. « Elle a donné aux petits garçon la possibilité, si rare, de s'identifier à une petite fille ; quand on demande en permanence aux filles de s'identifier aux garçons », souligne le blogueur Andrew Dalton. Alors que l'image traditionnelle des héroïnes reste celle de la princesse attendant le prince charmant, l'un des premiers épisodes des aventures de Dora la montrait sauvant un prince. Et, aventure oblige, l'un de ses accessoires favoris est une carte. Oui, une fille qui sait lire une carte ! « Elle est l'un des meilleurs rôles modèles pour les toutes jeunes filles », considère ainsi la psychologue Sharon Lamb. (1)
Sirènes du marketing
Reste que ce caractère affirmé de Dora, qui la démarque des normes sexuées des personnages et jouets pour enfants, semble perdre petit à petit face aux normes du marketing. Car Dora n'est pas qu'une aventurière, elle est une formidable marque, qui a généré 11 milliards de dollars de ventes (figurines, livres, DVD...) depuis 2002.
Signe de l'influence de Dora, cette évolution ne s'est pas faite sans réaction : une pétition, initiée par Sharon Lamb, a rapidement répliqué : « Nous n'avons pas besoin d'une poupée qui apprenne aux filles que grandir signifie devenir victime de la mode, excitée par les secrets, les amourettes et le shopping. Nous n'avons pas besoin de poupées qui répètent l'idéal de maigreur », revendique l'appel qui totalise 14 000 signatures. Pour le moment, cette nouvelle Dora n'a pas pour vocation de remplacer la petite aventurière à la télévision. Mais la Dora anti-sexiste doit désormais composer avec son alter-ego sexuée. Dix ans et déjà schizophrène. (1) Co-auteure du livre « Packaging Girlhood » consacré aux images accolées aux jeunes filles et au rôle du marketing dans ces constructions sexuées.
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Commentaires
Il n'est pas question d'érotisme ici, mais d'être sexué/asexué, autrement dit de ressembler (dans ce cas précis) à une fille ou non. Il ne s'agit pas de fantasmer sur elle, mais de réfléchir sur l'impact que cette nouvelle image "de fille" peut avoir sur les enfants d'aujourd'hui. Vous dites qu'elle ressemble à "n'importe quelle jeune fille de douze ans", le problème que pose l'article est plutôt "est-ce que toutes les jeunes filles de douze ans ne vont pas finir par lui ressembler" ? Or en quoi une fille devrait forcément ressembler à ce stéréotype de "fifille" ?
Il ne serait pas inutile de bien lire l'article avant de poster (Modération)
des bêtises... Les Nouvelles News refusent les attaques personnelles dans les commentaires, merci de votre compréhension(/modération).Faut arrêter de transposer vos fantasmes d'adulte sur la vision qu'on les enfants de leur personnage télé, poupée etc...
De plus à mon époque (j'ai 29 ans), je regardais Juliette je t'aime, Gigi, Candy,... et quoi de plus érotique que ces D-A ? Gigi était quand même nue lors de sa transformation, en ombre certes, mais toutes ses formes étaient visibles. Pourtant, enfant, je ne voyais que de gentil amis qui vivaient de super aventure.
STOP à la paranoïa !
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