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Cinéma Mis en ligne le 15/09/11 I Rédaction par Annie Batlle
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Entre drame et comédie sur fond de conflits religieux au Moyen-Orient, ce film franco-libanais de Nadine Labaki enchante la critique. Sincérité, générosité, énergie et espoir... Annie Battle est elle aussi séduite. Mais apporte un bémol : les hommes ne seraient-ils que des « grands nigauds » ?

Un village isolé dans un pays du Moyen-Orient. Relié seulement à la civilisation par un chemin improbable où transitent de maigres échanges. Musulmans et chrétiens y vivent dans une harmonie cordiale et se retrouvent au bistrot et à la sortie de l’église et de la mosquée sous le contrôle attentif et débonnaire du cheik, du curé et du maire, échappés tout droit du « Petit monde de Don Camillo ».  Les femmes toutes de noir vêtues se rendent ensemble au cimetière (divisé en deux, un côté par religion) pour pleurer leurs fils, frères, maris, victimes des conflits interreligieux. Mais voilà que l’unique poste de  télévision, installé à grand peine, fait entrer brusquement le monde extérieur et révèle l’existence d’un nouveau massacre entre chrétiens et musulmans. Dressés illico comme des ressorts, les mâles du village se jettent les uns sur les autres. Les femmes se liguent alors en douce pour éviter le massacre et restaurer la paix. Elles y parviennent. En tous cas à court terme.

Ce film respire la sincérité, la générosité, l’énergie et l’espoir de la réalisatrice libanaise Nadine Labaki, qui incarne également un beau personnage de femme : l’amour et la paix sont possibles si on ne se laisse pas instrumentaliser par les religions…et si les femmes s’en mêlent ! Porté par des acteurs anonymes magnifiques, il dessine quelques portraits de femmes incroyables de sensibilité, de sagesse et d’humour.et maintenant on va où ?

Petit bémol malgré la qualité et l’impact certain de cette fable attachante et oecuménique qui se déroule dans un contexte précis : les hommes y apparaissent comme de grands nigauds gouvernés par leurs pulsions et les femmes n’ont d’autres recours que la ruse et la manipulation pour les empêcher de sortir leurs armes. Elle font ainsi venir des prostituées russes (hilarantes), cuisinent des galettes bourrées de haschich pour amadouer et calmer leurs guerriers… Il y a aussi des hommes qui réfléchissent et que l'on peut convaincre autrement.

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Commentaires (Abonné-e : connectez-vous pour commenter)   

 
#2 Annie B 20-09-2011 11:33
Lili je suis d'accord avec vous, mais on rêve d'autres types de rapports, d'autant plus qu' on connait des hommes, accessibles au raisonnement,ma is certes pas dans toute la sociét ni dans toutes les sociétés. ET effectivement mieux vaut raisonner enterme de résultats.
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#1 Lili 15-09-2011 20:15
Dans le principe, la remarque est juste.
Maintenant, dans la vraie vie, même aujourd'hui, n'importe quelle statistique vous le dira : il y a plus d'hommes victimes de bagarres (et aussi coupables), plus d'hommes victimes d'accidents de la route (95 à 100 % des morts sur la route de moins de 25 ans dans mon cher département et ce tous les ans), et victimes d'accidents du travail, plus d'hommes dans les prisons, à la rue aussi,... bref ils ont des conduites plus risquées.

Bref si la pyramide démographique est déséquilibrée dès 50 ans, c'est pas pour rien.

Et pour connaître des pays plus traditionnels (dont le le Liban, ici évoqué), c'est pire. Et oui, les femmes utilisent la ruse pour clamer les choses, parce que tenter de les convaincre par le discours dans des pays où leur parole est assez peu considérée, ben ça marche pas.

Peut-être que dans quelques générations cela aura changé, mais pour l'instant on en est là.
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