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Ile de France
Mis en ligne le 24/06/11
Des élus de gauche ont lancé, jeudi 23 juin, un "manifeste pour une autre politique d'hébergement et du logement des sans-abris dans la métropole". Les présidents des départements de Seine-Saint-Denis, de Paris, du Val-de-Marne et de la région Ile-de-France dénoncent « fortement la fermeture brutale en 2011 de plusieurs milliers de places d’hébergement en Ile-de-France par le Ministère du Logement ». Une initiative soutenue par plusieurs associations d'aide aux personnes sans domicile. L'Ile-de-France est la région où la situation est déjà la plus tendue. Et selon les signataires du manifeste, l’Etat a ordonné aux associations gestionnaires la fermeture de 5 000 nuitées/jour d’ici la fin de l’année sur les 3 départements (- 3 500 sur Paris, - 950 en Seine-Saint-Denis, - 500 dans le Val-de-Marne). Alors qu'il y manquerait déjà 13 000 places d'hébergement. Femmes en danger Comme en écho, le Samu social annonçait le même jour que, faute de financements de la part de l'Etat, il devra fermer le 30 juin le centre d'hébergement d'urgence Yves Garrel à Paris, le seul accueillant des femmes. Des associations qui soutiennent le manifeste soulignaient que le manque de places induit « la mise en danger des femmes victimes de violences conjugales », notamment en Seine-Saint-Denis. Dans son dernier rapport d'activité, le Samu social observait une forte diminution en 2009 des possibilités d’hébergement proposées à des femmes (plus de 1 000 places en moins sur un an). Ces 3 derniers mois les associations ont recensé 10 femmes et 16 enfants obligés de dormir dehors ou de rentrer au domicile conjugal, signale France3. Bataille de chiffres Le secrétaire d'État au Logement Benoist Apparu dénonce de son côté une « manipulation des élus de gauche » Au contraire, assure-t-il dans un communiqué, le nombre de places d'hébergement en Ile-de-France « n'a jamais été aussi élevé » : 43 000 places, soit + 65 % en 5 ans. La Mission d'information sur la pauvreté et l’exclusion sociale en Ile-de-France (issue d'un partenariat Etat-Région) faisait état d'un total approchant les 38 000 places dans la région au 1er janvier 2010. Le député UMP Etienne Pinte relevait en octobre dernier une « augmentation volontariste des crédits » consacrés à l'hébergement d'urgence dans le budget 2011, mais qui « ne constitue pas la remise à niveau tant attendue. » Quelles que soient les distoritions des chiffres, les élus de gauche soulignent dans leur manifeste que la situation est plus que jamais critique : « la barre symbolique des 400 000 demandeurs de logement social a été dépassée pour la première fois en 2010 dans notre région ». Dans les centres d'accueil, « c'est plein, archi-plein toute l'année », renchérit la direction du Samu social. Refondation Tout le monde se retrouve sur un point : l'hébergement d'urgence reste un pis-aller. « Nous sommes tous convaincus que l’hébergement d’urgence, notamment hôtelier, n’est pas une réponse satisfaisante à long terme et qu’il convient de trouver avec l’Etat des alternatives plus qualitatives aux familles sans abri », écrivent les élus dans le manifeste. C'est le sens de la « refondation » de la politique d'hébergement des personnes vulnérables, entamée en 2008. « La priorité est clairement de faciliter l’accès au logement plutôt que de continuer une augmentation sans fin des places d’hébergement », confirme Benoist Apparu. Reste à trouver le bon équilibre, et se donner les moyens de l'atteindre. Un travail de la Cour des comptes, en liaison avec des parlementaires, est justement en cours pour évaluer la politique actuelle en matière d'hébergement d'urgence. Son rapport est attendu pour la fin de l'année. A lire sur le même thème, sur LES NOUVELLES news : "Les familles, sans abris à la marge" (accessible aux abonnés) Image : une personne sans abri à Marseille. Photo © Raphaël Blasselle – Médecins du Monde LA SELECTION
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