CONNECTEZ-VOUS  I  ABONNEZ-VOUS  I  NEWSLETTER  I  AIDE

Lu sur la toile Mis en ligne le 01/06/12 I Rédaction par Arnaud Bihel
Partager cet article par e-mail

Les tensions à la CGT sur le choix du successeur (ou de la successeure) de Bernard Thibaut font apparaître un clivage homme-femme. Mais l'explication est aussi à chercher dans les stratégies d'implantation du syndicat.


 

Le secrétaire général sortant de la CGT, Bernard Thibault, a été mis en minorité par le « parlement » de son syndicat. Il souhaitait qu'une femme, Nadine Prigent, lui succède. Mais les cadres du premier syndicat de France s'y sont formellement opposés. Quitte à créer une situation de crise. C'est un homme, Éric Aubin, qui apparaît désormais le mieux placé.
Serait-ce parce que la CGT ne veut pas d'une femme à sa tête ? C'est la (bonne) question que pose Daniel Schneiderman ce vendredi matin sur @rret sur images, soulignant que la presse ne fournit pas d'explication crédible à cette mésentente au sommet. Et de citer une tribune de la féministe Annie Sugier, dans Libération, rappelant que « les deux tiers des salarié[e]s à bas salaire sont des femmes. Les femmes sont les plus touchées par la précarité, le temps partiel (80% sont des femmes), le chômage (environ 10% pour les femmes contre 9% pour les hommes), la grande pauvreté (près de 3millions de femmes contre 2millions d’hommes), la terrible condition de la vieillesse (après 75 ans, 70% des pauvres sont des femmes) ».

34% de femmes à la CGT

Bernard Thibault était « insistant pour qu'à son départ une femme dirige le premier syndicat français », rappelait la presse le 25 mai. Le patron du syndicat s'en expliquait même : « Ce choix serait important symboliquement et politiquement dans un pays où la moitié de la main-d’œuvre est féminine, où les femmes subissent la discrimination professionnelle ».
Pourquoi le syndicat ne l'a-t-il pas suivi ? Les Echos soulignaient le même 25 mai que « les divergences se cristallisent finalement sur les personnalités et non sur des lignes politiques », les 2 principaux prétendants étant peu ou prou sur la même ligne réformiste que Bernard Thibault.
Alors, misogynie ? Nous avons déjà eu l'occasion de souligner qu'en effet, les syndicats dans leur ensemble ont rarement été en pointe pour défendre les salariées. D'autant que « si 47% des femmes travaillent, elles ne représentent que 34% à la CGT », et « les sections les plus importantes et efficaces sont structurées depuis longtemps... mais par des hommes », expliquait la cégétiste Ghislaine Richard lors du débat sur la réforme des retraites en 2010.

 Ouvert/rigide, public/privé

Reste que, dans le cas de la bataille pour la succession de Bernard Thibault, l'explication apparaît également stratégique : Nadine Prigent, ancienne infirmière, est issue du secteur public. Éric Aubin vient du privé, du secteur de la construction. A la tête de la CGT, il donnerait au syndicat plus d'assise dans le secteur privé, observaient Les Échos « Les patrons de nombreuses fédérations, notamment des plus importantes - cheminots, service public », soutiennent Éric Aubin parce qu'ils le jugent « plus ouvert » qu'une Nadine Prigent « trop rigide ». Mais c'est aussi parce qu'ils « privilégient un leader venant du privé pour favoriser l'implantation de la CGT dans ce secteur qui regroupe l'essentiel du salariat français. » C'est une explication qui a l'air d'être officielle...

 

Partager cet article par e-mail
 

Commentaires  

 
#3Sexiste, la CGT ?09 Azizale Mercredi 06 Juin 2012 à 18:18
Durant ma longue carrière de salariée syndiquée, puis d'élue CGT dans une administration publique, j'ai au contraire été heureusement surprise par le respect dont bénéficiaient les femmes, et la place qui leur était faite à la CGT. Je me suis parfois trouvée seule femme à siéger dans certaines instances, ou à la tribune lors de débats, et j'étais traitée sans aucune différence avec un homme. Ouf, que ça faisait du bien!
Maintenant, je sais que Bernard Thibaut est désireux de pousser à la promotion des femmes, mais il y a aussi une question de personnes: mettre une femme parce qu'elle est une femme est dangereux, à mon sens...
 
 
#2RE: Sexiste, la CGT ?lorenzi antoinettele Mardi 05 Juin 2012 à 17:13
vous m'excuserez de préférer également Eric Aubin à Nadine Prigent, que je crois un peu sectaire et même à Agnès Naton, dont j'ignore pourquoi on ne parle plus mais qui ne me paraissait pas non plus - au risque de me tromper- de taille à diriger la cégète.
 
 
#1Parité quand tu nous tiensLénouchkale Vendredi 01 Juin 2012 à 13:14
Et pourquoi ils en profiteraient pas pour nommer une homme ET une femme à la tête de la CGT ? -sur un pied d'égalité, il va sans dire... Ca pourrait être intéressant non?
 

Réagir

LA SELECTION

TOPTOY

Noël et stéréotypes sexués

De bonnes initiatives, et des clichés persistants...

En savoir +

SEXISME ORDINAIRE

Des femmes en petite tenue pour inaugurer le rayon lingerie ? Syndicats et associations s'indignent...
Les chemisiers sont si fins qu'on peut voir au travers. A celles qui se plaignent, la direction propose...

DANS L'ACTUALITE

Washington, meilleure ville US pour les femmes ; laissées pour compte à Sydney ; guerre à la misogynie...
Alors que les footballeuses lyonnaises visent un troisième titre européen consécutif, L'Equipe fait...
Une trentaine de femmes ont posé leur candidature. Mais ce n'est « pas autorisé », tranche un...
La RDC, "pire endroit pour être mère", le malaise des mères italiennes, les journalistes tunisiennes...

L'info 50-50

  

Bienvenue dans les nouvelles NEWS nouvelle formuleLire l'édito

Les nouvelles brèves

Une maison grandeur nature de la poupée star, attraction provoisoire, fait polémique à Berlin. Avant...
Après un tollé, la firme retire de son site une version sexualisée de l'héroïne du film Rebelle....
Le N°1 mondial du chocolat, Mondelez, s'engage à son tour à agir contre les discriminations subies...

Top news

L'Elysée pourrait prochainement faire entrer un homme et une femme dans le temple de la République....
« Je pense qu’il serait bon d’avoir une femme comme leader », juge le Dalai Lama....
Elles prient devant le mur, un îlot de liberté en Arabie Saoudite, plus de TIC au Sénégal, une banque...
Une trentaine de femmes ont posé leur candidature. Mais ce n'est « pas autorisé », tranche un...

Débat du moment

Qu'est-ce que la richesse ?

Et si on changeait d'indicateurs pour orienter autrement les politiques publiques ?

Réagir !

Plus de Nouvelles News