Les tribulations du seuil de tolérance au sexisme

Photo WillMcC [CC-BY-SA-3.0], via Wikimedia Commons
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Eurodéputé condamné, juge limogé, mais lourdes tentatives pour remettre les femmes à “leur” place… Le seuil de tolérance au sexisme ouvre ou ferme la voie à l’égalité.


 

Le seuil de tolérance au sexisme varie dans l’espace et dans le temps. Cette semaine, il joue aux montagnes russes. Au Canada, il est suffisamment bas pour qu’un juge soit acculé à démissionner après avoir tenu des propos discréditant une femme victime de viol. En Europe, il est trop élevé pour empêcher un eurodéputé de tenir un discours sur l’infériorité des femmes. Mais il est assez bas pour que  le Parlement européen condamne cet élu à une peine « sans précédent ».

De l’autre côté de l’Atlantique à nouveau, on dit halte à la tolérance au sexisme. Avec humour du côté de cette parlementaire texane : face aux menaces qui pèsent sur le droit à l’avortement, elle propose de légiférer pour contrôler la sexualité des hommes en créant une amende sur les « émissions masturbatoires non réglementées ». Avec agacement quand Time donne dans le « sexisme ordinaire » : le discours puissant de l’avocate Amal Alamuddin Clooney plaidant à l’ONU pour que soit ouverte une enquête sur les crimes de Daech en Irak est passé sous silence. Seul son ventre qui s’arrondit intéresse le magazine. Mais depuis que le public peut s’exprimer via internet, des voix s’élèvent pour condamner les journaux qui veulent remettre les femmes à « leur place », de mère en l’occurrence.

Et partout dans le monde, c’est le seuil de tolérance des institutions sportives à l’égard des femmes qui reste très bas. Il a fallu attendre cette semaine pour que le club de golf écossais de Muirfield ouvre ses portes aux femmes. Et les hockeyeuses américaines, championnes du monde en titre, doivent se battre contre leur fédération pour obtenir de bonnes conditions d’exercice de leur sport. Ces deux exemples ne sont pas des cas isolés dans le milieu du sport.

On voudrait faire comprendre aux femmes que leur place n’est pas sur les terrains de sport, à la tribune de l’ONU ou dans n’importe quel lieu autre que l’espace privé, on ne s’y prendrait pas autrement. Pour faire baisser le seuil de tolérance au sexisme, les propos comptent autant que les actes

 

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