« Mademoiselle », la fin ou presque

mademoiselle_210x148Les termes « mademoiselle » et autre « nom de jeune fille » sont officiellement appelés à disparaître des documents administratifs. Mais les associations restent vigilantes.


 

Mademoiselle, le début de la fin ? Nous posions la question il y a un mois. La réponse est claire aujourd’hui : c’est oui. Le terme « mademoiselle » va disparaître des documents administratifs.

En France, c’est une circulaire des services du Premier ministre, datée du 21 février, qui vient établir cette norme : les services de l’Etat devront « éliminer autant que possible de leurs formulaires et correspondances les termes « Mademoiselle », « nom de jeune fille », « nom patronymique », « nom d’épouse » et « nom d’époux », en leur substituant respectivement les termes « Madame », « nom de famille » et « nom d’usage » ».

Depuis le début de l’année, deux communes ainsi que le ministère de l’Enseignement supérieur avaient annoncé la suppression de la case « Mademoiselle » et autres termes comme « nom de jeune fille ».

Insultes

Le modèle allemand a encore été le plus fort : outre-Rhin, le terme « Fräulein » a été banni des documents officiels dès les années 70. En France, c’est à l’automne dernier que deux associations – Osez le féminisme et les Chiennes de garde – avaient lancé l’appel à la suppression de la case « mademoiselle » : une « case en trop » signe d’un « sexisme ordinaire ».

Des déclarations aux résultats concrets

Comme le rappelle la circulaire du ministère, « Mademoiselle » n’avait déjà pas lieu d’être sur les documents officiels : rien dans la loi n’y fait référence et déjà « par le passé, plusieurs circulaires ont appelé les administrations à éviter l’emploi de toute précision ou appellation de cette nature ».

Matignon appelle aujourd’hui à l’éliminer « tant que possible » des documents : il y a plus offensif. Et « Mademoiselle » va de toute façon s’accrocher sur le papier puisque les formulaires déjà imprimés pourront être utilisés « jusqu’à épuisement des stocks », explique Matignon.

Les associations restent donc vigilantes : « Nous demandons au gouvernement et aux services administratifs concernés de veiller à l’application de cette circulaire. Nous ne nous satisferons pas de simples déclarations : nous voulons des résultats concrets », soulignent Osez le féminisme et les Chiennes de garde dans un communiqué. Elles en profitent pour appeler « les entreprises et les organismes privés à suivre le mouvement ».

 

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17 réflexions sur “ « Mademoiselle », la fin ou presque ”

  1. Au-delà du terme Mademoiselle, il y a aussi la question du « nom d’épouse », qui reste encore ancrée dans les habitudes et les papiers, malgré une loi rappelée en… 1986 !
    Pour certaines démarches(certes pas étatiques, je pense par exemple à ma Mutuelle), il est même encore impossible de s’inscrire en étant mariée sans avoir deux noms (« de jeune fille » et « tout court »… comme si son identité s’effaçait lorsqu’on se mariait !)…
    La route est longue…

  2. Bravo à toutes celles qui ont porté cette campagne, en effectivement qu’elle porte effectivement ses fruits et que les paroles ne restent pas des paroles en l’air.

  3. oui ben ça ne plait pas à tout le monde. Et c’est très révélateur du sexisme ambiant sur les réseaux sociaux cette affaire

  4. ENFIN VOILA UNE BONNE CHOSE!!
    Il est tout de m^me à noter la difficulté à le faire passer dans l’administration. J’ ai travaillé à l’éducation nationale où on rencontre cette appellation non seulement au niveau de l’administration mais aussi sur les bulletins scolaires destinés aux élèves.Je vous dis pas le cliché .
    J’ai eu voulu le faire changer et faire mettre Mme. On m’a eu répondu à plusieurs reprises qu’il fallait envoyer la photocopie du livret de famille. RIDICULE !!! cela montre bien l’archaïsme , la ringardise de l’administration française (administration, notaire…). Dans le privé j’ai eu beaucoup moins de difficulté à le faire modifier

  5. Les réactions à la suppression de cette case d’un autre âge, sont vraiment surprenantes. C’est un bon indice du boulot qu’il reste à faire pour changer les mentalités, autant du côté des hommes, que des femmes qui veulent préserver ce terme désuet de mademoiselle même sur les papiers administratifs.

  6. Perso je coche systématiquement Madame bien que n’étant pas mariée et rappelle aussi au passage que le nom d’épouse n’est qu’un usage en aucun cas une loi, rien n’oblige à porter le nom de son mari

  7. C’est un acte symbolique fort, nous devons tenir et ne rien laisser passer car avant de ne plus voir la case mademoiselle, de ne plus entendre les niaises questions « madame ou mademoiselle? » version éduquée de « chasse gardée? « . Avant de voir disparaître le Mr et Mme+prénom et nom du mari et aussi tout simplement de faire accepter notre nom, de l’eau passera sous les ponts.
    Toutes celles qui revendiquent l’utilisation de leur nom me comprendront, c’est une lutte quasi quotidienne pour notre identité. C’est aussi une affaire entre femmes puisque souvent ce sont des femmes qui tiennent les postes qui perpétuent cela, il y a donc besoin de bcp de dialogues et d’explications pour se faire des alliées dans les places fortes administratives.

  8. IL faut faire la demande du changement si la rectification n’apparaît pas automatiquement sur les documents.Dès maintenant,je vais la faire systématiquement auprès des administrations ( impôt, CPAM, … ) car c’est à leur niveau qu’il y a le plus de blocage

  9. Un grand merci à Mme BACHELOT au nom de toutes celles qui ont souffert en silence de remarques souvent désobligeantes par rapport à cette appellation discriminatoire.
    Décidément notre pauvre France a beaucoup à faire pour s’adapter au changement !!!

  10. Au service des amendes( contraventions) lorsque j’avais protesté contre l’usage de Melle, on m’avait écrit pour me demander de prouver le « Madame »
    Dans un laboratoire d’analyse, face à la même protestation on m’avait répondu une longue lettre précisant que le Melle était de rigueur à défaut d’informations matrimoniales.
    Je précise par ailleurs que ma date de naissance fait état d’une certaine … séniorité

  11. Personnellement, j’ai toujours tenu et je continue, à me faire appeler mademoiselle et c’est un choix. Je ne suis pas mariée et c’est mon choix!! la loi sociale veut que l’on prenne le nom de son mari lors du mariage et en cas de divorce la femme reprend son nom de naissance, il reflète pour moi être une possession de l’homme marié et bien loin du respect de l’identité de la femme. Sa véritable identité est celle de naissance. Et si on ne tient pas à se marier j’estime avoir le droit que cela se remarque car avec cette loi je n’aurai plus de différence civile avec ma mère ou mes belles soeurs puisque j’ai le même nom et que je devrai être nommée madame. J’ai l’impression de perdre un droit et pourtant je prône le feminisme.

  12. « Eliane »
    Personnellement, j’ai toujours tenu et je continue, à me faire appeler mademoiselle et c’est un choix. Je ne suis pas mariée et c’est mon choix!! la loi sociale veut que l’on prenne le nom de son mari lors du mariage et en cas de divorce la femme reprend son nom de naissance, il reflète pour moi être une possession de l’homme marié et bien loin du respect de l’identité de la femme. Sa véritable identité est celle de naissance. Et si on ne tient pas à se marier j’estime avoir le droit que cela se remarque car avec cette loi je n’aurai plus de différence civile avec ma mère ou mes belles soeurs puisque j’ai le même nom et que je devrai être nommée madame. J’ai l’impression de perdre un droit et pourtant je prône le feminisme.

    Ce raisonnement est étonnant mais intéressant.

    mais voilà, derrière cette histoire de case en moins il y a une chose sur laquelle vous vous différenciez des féministes qui ont lutté pour l’abolition de mademoiselle. Vous dites « Et si on ne tient pas à se marier j’estime avoir le droit que cela se remarque « . Or le but de pas mal de gens dont pas mal de féministes c’est justement que le statut social de son couple ne se remarque pas, que se marier, pacser, concubiner, ou vivre en couple sans aucun statut relève d’un choix strictement privé et donc socialement invisible et juridiquement et fiscalement indifférent. Un idéal de liberté dans lequel les pouvoirs publics et la société n’ont rien à dire ou à penser ou à faire remarquer de la vie privée du couple.

    On est d’accord ou pas, c’est une autre histoire, mais du coup votre revendication se trouve effectivement contradictoire avec ce geste féministe de supprimer le Mlle dans l’administration.

  13. Gardons nos us et coutumes.
    Je connais aussi des personnes âgées qui se sont dévouées à des parents et se sont…respectées .
    Elles veulent leur Mademoiselle,en sont fières et Madame les choque.
    la France est un vieux pays,respectons nos anciens.

  14. Avec la fin de Mademoiselle(même uniquement sur le papier)c’est toute la Morale sociale,déjà bien malade,qui va s’ecrouler. TOUT se vaut,plus de repères,ni hommes ni femmes,l’homosexualité banalisée ….SODOME n’est pas
    Loin,Pauvre France ,tes valeurs fichent le camp.
    Nous,les vieilles on n’en veut pas de vos changements.Attendez au moins qu’on soit mortes!

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