Promesses et limites du « guide des expertes »

Guide_Expertes

Actuellement, les femmes représentent moins de 20% des « experts » invités dans les médias. Un guide recense 317 expertes dans tous les domaines, pour leur donner plus de visibilité. Encore faut-il que ces médias osent sortir de leur train-train.


Plus d’excuse pour les plateaux masculins ? Les femmes représentent moins de 20% des experts invités dans les médias. De ce fait transparaît l’idée que « la légitimité du savoir est masculine », relevait en 2011 la Commission sur l’image des femmes dans les médias.

C’est pour répondre à cette situation que « Le guide des expertes 2013 » a été publié, le 31 janvier. L’ouvrage recense les noms de 317 femmes dans tous les domaines. « Dorénavant, la crise, les relations franco-allemandes, les marchés financiers, la Syrie, l’extrême droite, le terrorisme, l’armement etc. ne seront plus des thèmes réservés aux hommes », souligne ainsi le site internet du guide qui mâche ainsi le travail aux journalistes.

Cela sera-t-il suffisant pour faire progresser la place de ces expertes dans les médias ? Pour le blog ‘Big Browser’, pas si sûr. Car « ce guide ne résoudra pas un problème endémique des médias français, lié à une forme de paresse : l’invitation des mêmes experts d’un plateau à un autre. » Il faudrait donc « d’abord une plus grande curiosité de la part des journaux et des télévisions, mais également un peu plus de temps pour dénicher des invités plus divers à la parole moins convenue. »

Des hommes, et toujours les mêmes : le colloque sur la « sortie de crise » prochainement organisé par le Nouvel Observateur en est un exemple parlant.

Le blog émet un autre bémol : « le « sponsoring » de ce guide » par le ministère des Droits des femmes (Najat Vallaud-Belkacem en a signé la préface, au côté de l’anthropologue Françoise Héritier) « risque de rebuter certains journalistes à donner la parole à des invité(e)s validé(e)s par le gouvernement. »

 

 

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3 réflexions sur “ Promesses et limites du « guide des expertes » ”

  1. « le « sponsoring » de ce guide » par le ministère des Droits des femmes (Najat Vallaud-Belkacem en a signé la préface, au côté de l’anthropologue Françoise Héritier) « risque de rebuter certains journalistes à donner la parole à des invité(e)s validé(e)s par le gouvernement. »

    De toute façon, tous les prétextes sont bons pour ne pas faire quelques pas en avant!
    Par contre, lorsqu’il s’agit de recevoir des subventions du gouvernement pour pouvoir faire marcher son journal, bizarrement, il y en a bcp moins qui se posent ce genre de questions (dont le nouvel observateur, d’ailleurs).

  2. Ils préfèrent que leurs experts soient adoubés par Calvi,Taddei, Pfimlin ou le CSA plutot que par un bouquin préfacé par une ministre… les pauvres chéris… Combien l’Etat leur donne-t-il de subventions ?

  3. Vu la place occupée par des « experts » véritablement hétérodoxes et un peu décalés sur les plateaux télés, on n’est plus à un adoubement près… La ministre a probablement (sans le faire exprès) préfacé un recueil dont certains noms sont beaucoup plus révolutionnaires que les habitués des plateaux télés, y compris les « anti-langue de bois » officiels…

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