2018, année féministe ? Ou “pas féministe, mais” ?

Malgré la vague de la fin 2017, les circonvolutions autour du féminisme demeurent. La bataille de l’information est le nerf des progrès.

Et si, en 2018, les féministes qui s’ignorent cessaient de se laisser intimider ? La fin de l’année 2017 a été marquée par une ola généralisée sur le thème « la parole des femmes s’est libérée ». Et en effet, un mur d’indifférence a été abattu. Pour autant, celle qui a lancé le mot-dièse #BalanceTonPorc, Sandra Muller, a tenu à affirmer dans plusieurs gazettes qu’elle n’était pas féministe. À la manière de ces femmes qui disent « Je ne suis pas féministe, mais » et démontrent le contraire dans la phrase qui suit.

Aux yeux de ces femmes, « féministe » voudrait dire femme agressive qui n’aime pas les hommes. Comment en est-on arrivé à penser cela ? Personne n’est capable de citer un seul nom de féministe correspondant à cette caricature. Mais ceux et celles qui parlent le plus fort dans les médias ont réussi à imposer cette image qui ne résiste pas au réel. Nous rencontrons beaucoup de féministes, hommes et femmes, nous fréquentons le Haut Conseil à l’Égalité qui concentre les associations et réseaux féministes les plus représentatifs et nous ne voyons pas ces épouvantails fantasmés. Nous voyons des hommes et des femmes dévoué·es qui pensent et agissent pour une société plus égalitaire.

En faisant passer le féminisme pour le combat d’une poignée d’illuminées ayant des comptes personnels à régler, les hommes et femmes de pouvoir (politique ou médiatique) classent le problème sans suite. Il a fallu que les femmes prennent la parole sur les réseaux sociaux pour que les médias et responsables politiques s’intéressent au problème du harcèlement sexuel… non sans chercher à le minimiser.

Autre fâcheuse habitude : laisser croire que les combats sont gagnés quand c’est loin d’être le cas. L’embrasement médiatique sur l’égalité salariale en Islande en est un exemple cette semaine.

Les femmes restent peu visibles et stéréotypées dans l’information et donc dans la société qui reproduit ce qu’elle voit dans le miroir déformant des médias. En dépit de quelques progrès, les femmes ne représentent qu’un cinquième des personnes citées. Les pratiques sportives des Français·es, par exemple, reflètent les injonctions des médias : elles cherchent à avoir un corps plus beau, ils veulent s’amuser ou se dépasser.

Pour que le souffle féministe de 2017 ne retombe pas, il faut continuer la bataille de l’information. Vaste ambition. Nous comptons sur vous pour faire connaître et soutenir Les Nouvelles NEWS. Bonne année à toutes et à tous.

 

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