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Action contre la précarité menstruelle des détenues

par Hortense Lasbleis

En prison, tampons et serviettes hygiéniques coûtent plus cher que dans le commerce, accentuant la précarité des détenues. Une situation dénoncée par l’association Georgette Sand lors d’une action place Vendôme, à Paris.

© Clément Muller

Costumes orange, tampon géant, pancartes et banderole… Les militantes du collectif Georgette Sand détonnaient sur la très chic place Vendôme, mercredi 30 octobre. 

Elles étaient là pour interpeller la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, et la secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes sur « la précarité menstruelle en prison ». Marlène Schiappa a reçu, le 17 octobre, un rapport sur la question, commandé en mai à la sénatrice LREM du Haut-Rhin Patricia Schillinger. L’élue recommande, entre autres, de permettre aux détenues d’avoir un accès gratuits aux protections menstruelles. C’est l’une des demandes faite par Georgette Sand. Alors, qu’est-ce qui cloche ? « Notre dénonciation de la situation est bien présente dans ce rapport, mais nos revendications n’ont fait l’objet d’aucun agenda, budget, assurance de mise en place », dénonce le collectif.

Ses militantes rappellent la situation particulière des détenues, obligées de cantiner pour obtenir tampons et serviettes. Autrement dit, ces produits doivent être achetés par les détenues, car ils ne sont pas fournis par l’administration pénitentiaire. Or, comme tout ce qui se cantine, ils sont plus chers en prison que dans le commerce. C’est « parfois plus de trois fois le prix usuel, car les établissements pénitentiaires, qui n’ont pas de fournisseur officiel, se fournissent souvent au supermarché du coin », souligne Georgette Sand. Le collectif dénonce des prix montant jusqu’à 6,97 euros la boîte de 16 tampax, contre 3 euros la boîte de 18 chez Carrefour. L’augmentation « oscille entre 94 % et 289 % », indique l’association.

Or, la population carcérale est souvent précaire, disposant de peu de moyens. Et c’est encore pire pour les femmes. L’Observatoire international des prisons rappelle qu’il n’y a que deux établissements pour femmes en France, les autres détenues étant incarcérées dans des « quartiers femmes » de prisons pour hommes. Ces quartiers sont « généralement enclavés, isolés du reste de la détention, ce qui rend l’accès aux différents services plus difficile pour les femmes ». Cette situation se retrouve dans l’accès au travail. « Il est proposé aux hommes en prison un plus large éventail de programmes récréatifs ou éducatifs et de projets générateurs de revenus qu’aux femmes détenues et ils ont plus d’opportunités de sortir pour travailler hors de la prison », souligne l’organisation féministe Women Alliance. En résumé : les détenues ont moins d’argent, mais plus de dépenses. Ce qui les conduit à mettre leur santé en danger, notamment en adoptant un système D comme l’utilisation d’une bouteille en plastique découpée en guise de coupe menstruelle… 

Georgette Sand réclame donc la suppression des marges sur les protections menstruelles, dans un premier temps, et la mise à dispositions de ces produits, dans un second temps, et à condition qu’ils ne soient pas bourrés de produits chimiques. Dans son communiqué, le collectif en a profité pour réclamer un accès plus facile aux soins gynécologiques pour les femmes détenues. Là encore, s’il est difficile d’avoir accès aux soins en prison, c’est encore plus vrai pour les médecines de spécialité.

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