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Tour de France du sport au féminin

par Sonia Bennis

BroucaretL’auteure de Le sport féminin : le sport, dernier bastion du sexisme ? publie un nouvel essai sur la place des femmes dans le sport. Avec À vos baskets toutes !, Fabienne Broucaret réussit l’exploit d’écrire un livre plein d’espoir sur un milieu encore trop sexiste.


 

Alors que l’Euro 2016 masculin de football bat son  plein et que les JO de Rio approchent, voilà un livre qui multiplie les pistes pour rendre le sport plus égalitaire.

Journaliste, créatrice du blog Sportissima dédié aux femmes dans le sport, Fabienne Broucaret est l’auteure de Le sport féminin : le sport, dernier bastion du sexisme ? et du livre blanc 60 propositions pour le sport féminin en équipe remis à Najat Vallaud-Belkacem.
Son nouvel ouvrage, À vos baskets toutes !, paru le 7 juillet, est une anthologie du sport au féminin. L’auteure s’appuie sur de nombreuses études, thèses, anecdotes, auxquelles s’ajoutent les témoignages d’acteurs variés – élu.e.s, sportives, professionnel.le.s, expert.e.s, etc – qu’elle a rencontré.e.s.

Exploits, inégalités et espoir

L’essai file la métaphore du Tour du France. Chacune de ses sept parties est une étape qui aborde un des aspects du sport pour se clore sur un podium des meilleures initiatives pour et par les femmes. Pour Fabienne Broucaret, la pratique féminine du sport peut se résumer en trois mots : exploits, inégalités et espoir. Trois idées appliquées aux sept aspects du sport étudiés à travers des exemples de femmes, professionnelles ou amatrices, qui accomplissent des exploits à leur échelle ; le recensement des inégalités persistantes ; ainsi que de nombreux exemples d’avancées et d’initiatives qui fleurissent, laissant espérer une féminisation toujours plus poussée.

Le livre égrène les nombreux bénéfices du sport : bonne santé physique et psychologique, confiance en soi, moteur de réussite scolaire et professionnelle… Autant que les freins qui en écartent les femmes : stéréotypes de genres, absence de rôle modèle, double journée de travail, équipements dédiés aux hommes… Mais si l’auteure reprend ces thèmes développés dans son livre précédent, c’est aussi pour leur apporter des solutions :

« Si la prise de conscience est désormais bien réelle, quelles actions ont été mises en place, au-delà des effets d’annonce pour y remédier ? […] Je me suis attachée à mettre en avant, dans chaque chapitre, de bonnes pratiques initiées partout en France.  Des exemples qui prouvent qu’il est possible de changer la donne. Encore faut-il qu’on le veuille vraiment ! ».

Economie et médiatisation

Fabienne Broucaret développe la question cruciale des inégalités économiques, « l’argent, le nerf de la guerre », résume-t-elle. Exemple marquant : l’équipe de football féminine des États-Unis, numéro 1 au classement FIFA, trois Coupes du monde et quatre médailles d’or olympiques à leur actif. Les joueuses gagnent seulement 40% du salaire de l’équipe masculine classée 32e par la FIFA et n’ayant gagné aucune récompense. Au niveau Français, on peut noter que les 100 principaux sponsors consacraient seulement 3% de leurs investissements aux femmes en 2012. Et lorsque l’égalité est atteinte, elle ne manque pas d’être attaquée par certains, ce qui montre l’importance de faire évoluer les mentalités.

Autre point central : la médiatisation du sport féminin. Si elle a connu des progrès, elle reste très faible. Dans les JT, seulement 6% des sujets sur le sport sont consacrés aux sportives. La médiatisation du sport féminin reste par ailleurs marquée par les stéréotypes et la sexualisation. Et ce, malgré une réelle demande du public qui s’illustre par l’augmentation des audiences. Le sport féminin suscite donc un intérêt qui n’est (encore ?) exploité ni par les médias, ni par les sponsors. Face à ce constat, les femmes s’emparent d’Internet et des réseaux sociaux où elles créent leur propre espace pour discuter du sport, loin des clichés. 

Plutôt que le « dernier bastion du sexisme », le sport peut être perçu comme un symptôme de ce qui se passe dans le reste de la société, comme l’illustrent les comparaisons de l’auteure avec le monde de l’entreprise, la politique et la sous-représentation des expertes dans les médias. À l’inverse, le sport peut devenir un vecteur de changement social. Sa pratique permet d’acquérir certaines compétences, dont la compétitivité et la confiance en soi. La féminisation du sport permet donc de faire progresser l’égalité dans l’ensemble de la société.

À vos baskets toutes ! ne se laisse jamais emporter par le pessimisme. « Ce que j’ai envie de retenir de toutes ces rencontres, de tous ces témoignages et de tous ces projets, c’est l’enthousiasme communicatif qui s’en dégage » conclut Fabienne Broucaret. Enthousiasme qu’elle réussit à transmettre à travers cet essai qui donne, en effet, une folle envie d’enfiler ses baskets.

 

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