Communiquer pour ne plus accepter

Quand le discours médiatique change, les enfants cessent de croire que la science est une affaire d’hommes et les femmes se rebellent contre les insultes sexistes.


« Dessine-moi une scientifique »… Lorsqu’on demande à des enfants de dessiner un personnage scientifique, ils, et surtout elles, dessinent des femmes plus souvent qu’auparavant. L’étude américaine qui observe cette évolution donne des raisons d’être optimiste.

Cependant, cette même étude montre qu’en grandissant, ces enfants renoncent à l’ambition de voir des femmes en sciences. En cause, probablement, un manque de modèles et des stéréotypes peu amènes sur les femmes scientifiques.

À mesure que se gravent les stéréotypes dans l’inconscient de ces enfants, l’horizon des femmes se rétrécit. C’est la même chose dans le sport. Les pré-adolescentes renoncent aux sports d’équipe et à la compétition qu’elles pratiquaient enfant pour s’orienter vers des disciplines réputées plus « féminines ».

Communiquer autrement sur les scientifiques et sportif.ves est une urgence pour façonner un inconscient collectif non sexiste.

Communiquer autrement doit aussi permettre de mettre en lumière des problèmes jusqu’ici camouflés. Depuis que les femmes dénoncent sur les réseaux sociaux le harcèlement sexuel et les agressions, depuis que ces dénonciations sont reprises dans les médias d’information, les normes ont changé. Les femmes n’acceptent plus ce qu’elles avaient fini par considérer comme normal. C’est ce que montre encore la dernière étude de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales sur les insultes sexistes.

Pour faire changer ces idées reçues sur ce qui est normal ou pas, des campagnes d’affichage sont lancées. En Belgique dans les transports bruxellois, quelques semaines après la campagne des transports d’Île-de-France, ou encore dans les universités en France. Certaines de ces campagnes ont été critiquées pour leur contenu. Mais même quand leur contenu est adapté, elles ne sauraient suffire. Les filles ne pourront pas se rêver en grande scientifique ou grande sportive, la violence sexiste ne régressera pas, tant que les modèles diffusés par les médias ne changeront pas.

 

Tous les articles de la rubrique Point de vue

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

css.php