Accueil International Développer l’éducation pour améliorer les droits des filles

Développer l’éducation pour améliorer les droits des filles

par Hortense Lasbleis

A l’occasion de la 8e journée internationale des droits des filles, l’ONG Plan International met l’accent sur l’importance de l’éducation dans la lutte pour davantage d’égalité entre les sexes.

« Les droits des femmes adultes commencent par les droits des filles enfants », souligne l’ONG Plan International. Et parmi ces droits, celui d’aller à l’école. Aujourd’hui 132 millions de filles dans le monde en sont privées.

De nombreux freins

Les raisons sont multiples. Parmi elles, les mariages précoces qui touchent une fille sur cinq dans le monde. Dans certains pays, plus de 60% sont mariées avant leurs 18 ans, rapporte l’Unicef . Et dans la majorité des cas, elles ne vont plus à l’école. Il faut donc non seulement que les filles aient accès à l’éducation petites, mais aussi lorsqu’elles grandissent. « Au Sénégal, il y a plus de 60% de filles dans l’élémentaire, rapporte ainsi Ndeye Oumy Diop, spécialiste de ces questions chez Plan International Sénégal. Le problème, c’est le maintien. » Surtout au moment de la puberté. En 2017, au Sénégal, un quart des adolescentes ont abandonné l’école avant leurs 16 ans. En plus des mariages et grossesses précoces, il y a les « barrières socioculturelles, les violences basées sur le genre, les choix éducatifs ». Ainsi, lorsqu’une famille rencontre des difficultés économiques, elle va choisir de laisser le garçon à l’école et d’être aidée par la fille.

Ouleye a 17 ans. Au Sénégal, elle se bat pour que les filles aient accès à l’éducation au même titre que les garçons.

Et pour celles qui continuent à suivre une scolarité, celle-ci est parfois en dents de scie. « Certaines filles ne vont pas à l’école quand elles sont en période de règles, à cause des mauvaises conditions hygiéniques de leur établissement scolaire, comme l’absence d’accès à l’eau, par exemple. Et cela les pousse à rester chez elles », relate Ouleye, Sénégalaise de 17 ans qui se bat pour une meilleure scolarisation des filles. Cette problématique touche 56% des filles au Sénégal, selon l’ONU.

Ces inégalités face à l’éducation se ressentent plus tard. Ainsi, deux tiers des analphabètes dans le monde sont des femmes, souligne Plan International. Parmi les personnes qui ne sont pas en formation ou à l’école ni ne travaillent, quatre sur cinq sont des femmes.

Un atout économique

L’éducation des filles leur permet, une fois adulte, d’avoir davantage d’indépendance économique, puisque celles qui ont terminé leurs études secondaires gagnent presque deux fois plus que celles qui n’ont pas été scolarisées, selon Plan International. Mais ce n’est pas qu’une question de réduction des inégalités, c’est aussi un atout pour le développement économique d’un pays. En effet, des femmes mieux formées, cela signifie plus de mixité au sein des entreprises, ce qui va de pair avec une meilleure performance, selon l’OIT. Le FMI indique que réduire de 25% l’écart d’activité entre les sexes conduirait à une hausse de 3,9% du PIB mondial d’ici à 2025. Cela équivaut à 5800 milliards de dollars supplémentaires. A l’inverse, « une année de scolarisation supplémentaire fait progresser le PIB annuel d’un pays de 0,37% ».

Pour parvenir à ce résultat, plusieurs leviers doivent être activés. Matériels, d’abord, avec des bourses pour les élèves afin de pallier le manque économique que peut constituer la scolarisation d’un enfant pour une famille, des écoles et des locaux adaptés. Mais aussi sensibiliser toutes les personnes concernées. « Nous parlons à nos pères, à nos sœurs, aux professeurs… », explique Ouleye. L’existence de rôles modèles peut également être un outil. Par exemple, pour la jeune militante sénégalaise, qui aimerait devenir avocate, il y a l’ancienne proviseure de son lycée. « Je la connais depuis mon enfance. Quand je la voyais dans son bureau, en tant que femme dirigeante, je me disais que c’était le modèle idéal. Quand elle est arrivée à l’école, elle a fait changer beaucoup de choses, elle a réussi à contrôler les hommes pour qu’ils suivent le règlement. C’est son chemin que je veux suivre. »

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