Accueil Politique & SociétéSanté En 2020, nouvel appel pour une lutte féministe contre le VIH

En 2020, nouvel appel pour une lutte féministe contre le VIH

par Marie Bendjaballah

A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le Sida, Equipop relance la lutte féministe contre le virus.

L’ONG Equilibres & Populations (Equipop) pose la question dans le HuffPost« En 2020, faut-il encore rappeler que le sida concerne également les femmes? »  La question est récurrente depuis que l’épidémie existe parce que les moyens à mettre en oeuvre pour protéger les femmes ne sont pas les mêmes que ceux nécessaires à la protection des hommes. Mais la dimension genre est peu prise en compte.  Alors Aurélie Gal-Régniez, directrice exécutive d’Equipop et Lucie Daniel, experte Plaidoyer d’Equipop,  appellent à impulser un tournant féministe dans la lutte.

Dans le monde 38 millions de personnes vivent avec le VIH, plus de la moitié sont des femmes et « ce sont plus spécifiquement les adolescentes qui sont touchées ». Selon un rapport de l’Onusida, les femmes et les filles représentaient environ 48 % de toutes les nouvelles infections à VIH en 2019. En Afrique subsaharienne, les femmes et les filles représentaient 59 % de toutes les nouvelles infections à VIH.

Pour Aurélie Gal-Régniez et Lucie Daniel, c’est  la culture dominante  patriarcale qui met les femmes en danger. Dans les relations hétérosexuelles, les femmes se retrouvent souvent dans « l’impossibilité de négocier des rapports sexuels protégés » et subissent des viols partout dans le monde. En outre, elles ont un rôle important dans la prise en charge des malades dans de nombreux pays. 

Ces données sont connues depuis longtemps mais Equipop regrette la lenteur des changements et le fait que pendant longtemps, le thème n’ai été abordé que sous « l’angle de la prévention de la transmission mère-enfant »  En 1995 à l’occasion de la quatrième conférence mondiale sur les femmes, les États de l’ONU s’étaient engagés à prendre en compte les besoins des femmes dans la lutte contre le sida :  « La transmission des maladies vénériennes et du VIH/sida s’accélère à un rythme alarmant chez les femmes et les fillettes, surtout dans les pays en développement. » Mais il a fallu attendre 2017 pour que que l’égalité des genre devienne un pilier majeur de stratégie du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

Pour Equipop, il est nécessaire d’avoir « des politiques volontaristes et contraignantes » pour lutter contres les inégalités avec notamment un agenda féministe. Cela suppose notamment de «soutenir, politiquement et financièrement, les associations féministes qui, depuis des années, se battent pour agir sur les causes de la vulnérabilité des femmes à la pandémie, rendre visibles les femmes les plus marginalisées et faire valoir leurs connaissances. Elles doivent être systématiquement associées aux espaces d’élaboration des politiques publiques de lutte contre le VIH/sida et aux prises de décision.»  Pour arriver à ces politiques qui tiennent compte du genre, c’est en amont qu’il faut agir  en luttant «contre les inégalités structurelles entre les femmes et les hommes » .

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