Accueil Politique & Société Forte mobilisation pour les droits des femmes dans le monde

Forte mobilisation pour les droits des femmes dans le monde

par Hortense Lasbleis

Partout dans le monde, des manifestations ont été organisées à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, dimanche 8 mars. En France, le week-end a été marqué par une forte mobilisation et des violences policières.

« On se lève, on se casse, on gueule », « César de la honte », « Despentes présidente »… L’indignation provoquée par l’attribution du César du meilleur réalisateur à Polanski était toujours présente dans les marches du week-end. En cette journée internationale des droits des femmes, les sujets de lutte ne manquaient pas.

Mobilisation en nombre en France…

Les manifestant.e.s non plus. Plusieurs dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées partout en France dimanche. A Paris, un cortège de Rosies (de Rosie the riveter, la figure de “We can do it”) symbolisait la lutte contre une réforme des retraites censée être bénéfique aux femmes… ce dont beaucoup doutent. Des drapeaux lesbiens et trans étaient également visibles dans la manifestation. Un symbole après les propos de la militante Marguerite Stern , à l’origine des collages contre les féminicides, affirmant que les trans prennent trop de place dans le mouvement féministe. De nombreuses militantes se sont désolidarisées de cette prise de position et brandissent un féminisme intersectionnel. Dans le cortège parisien de samedi soir, le slogan « Nous sommes fortes, nous sommes fières, féministes et radicales et en colère » se transformait parfois en « féministes, antiracistes et en colère ».

Cette colère a été renforcée par l’attitude de la police. Les CRS ont nassé les manifestantes, en ont traîné certaines de force dans le métro… Sans compter les propos de certains agents, comme ceux rapportés par la journaliste Hélène Molinari : « Alors, elle est à qui la rue ? » Les images ont indigné au point que Marlène Schiappa a indiqué que le ministre de l’Intérieur avait réclamé une enquête.

…et partout dans le monde

Le 8 mars est bien une journée internationale. En Espagne, les militantes ont battu le pavé contre le « patriarcavirus ». « Le machisme tue plus que le coronavirus » pouvait-on lie sur les pancartes. La mobilisation était visible partout dans le monde. Au Chili, des centaines de milliers de militantes ont réclamé la fin des violences sexistes et sexuelles. C’est de ce pays que vient la chanson « un violeur sur ton chemin », reprise mondialement. Le président chilien n’a visiblement pas compris les paroles, qui insistent sur la culpabilité de l’agresseur : le 4 mars, il a estimé que les violences sexuelles pouvaient être dues… « à la position des femmes qui sont maltraitées ». Le chef de l’Etat brésilien, lui aussi, a été mis en cause par les manifestantes, sous le mot d’ordre : « il ne peut pas continuer ». Au Mexique, le sujet le plus urgent pour les militantes reste les féminicides : 1006 en 2019. Des milliers de femmes se sont également réunies à Khartoum, à Kinshasa… Moins à Istanbul, où les rassemblements pour les droits des femmes étaient interdits, pour la deuxième année consécutive. Celles qui se sont mobilisées ont été chassées par la police turque. A Islamabad, ce sont des conservateurs qui s’en sont pris aux manifestantes, leur jetant des pierres et des bâtons. Au Kirghizstan, elles ont été attaquées par des hommes encagoulés.

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