Accueil Sport Une équipe olympique de réfugié.e.s à Rio

Une équipe olympique de réfugié.e.s à Rio

par Sonia Bennis

team refugeesUne équipe olympique de réfugié.e.s participera cet été aux Jeux olympiques de Rio, une première mondiale pour rappeler au monde la situation des réfugié.e.s.


 

Ils et elles ne remporteront peut-être pas de médaille, mais seront assurément sous le feu des projecteurs à Rio : des réfugié.e.s auront leur propre équipe aux Jeux olympiques. Dix athlètes, quatre femmes et six hommes, qui défileront juste derrière le drapeau olympique lors de la cérémonie d’ouverture, le 5 août. Leur participation aux JO « enverra un message d’espoir à tous les réfugiés de la planète et permettra au monde de mieux se rendre compte de l’ampleur de cette crise », espère le président du Comité International Olympique (CIO), Thomas Bach.

L’équipe créée par le CIO est une première. Tou.te.s ses membres ont un statut officiel de réfugié.e. Parmi elles/eux, six coureurs et coureuses : Yonas Kinde, Éthiopien réfugié au Luxembourg depuis octobre 2013, et cinq Soudanais.es du Sud : James Nyang Chiengjiek au 400 m ; Rose Nathike Lokonyen et Yiech Pur Biel au 800 m féminin et masculin ; Paulo Amotun Lokoro et Anjelina Nada Lohalith au 1500 m féminin et masculin. 

Tou.te.s les cinq ont fui la guerre civile soudanaise pour Kakuma (Kenya). Ils/elles y ont été repéré.e.s par la fondation de Tegla Loroupe, ancienne athlète kenyane et détentrice du record du monde du marathon. Celle-ci sera à la tête du personnel d’encadrement de l’équipe olympique.

Yusra Mardini et Rami Anis, nageuse et nageur de l’équipe, avaient déjà un niveau international avant de fuir la guerre de Syrie. Rami Anis participera au 100 m papillon. Devant le risque d’être appelé à combattre, il a fui la guerre en 2011 et s’est installé en Turquie puis en Belgique avec sa famille.

Yusra Mardini participera au 100 m libre. La nageuse est arrivée à Berlin en septembre dernier après un parcours périlleux. Accompagnée de sa soeur, elle quitte Damas en août dernier. Après avoir traversé le Liban et la Turquie, les soeurs tentent de rejoindre la Grèce par la mer en ayant recours à des passeurs. En compagnie d’une vingtaine de réfugié.e.s, elles embarquent à bord d’un petit pneumatique. La traversée à peine commencée, l’embarcation menace de couler. Les sœurs Mardini se jettent alors à l’eau pour le tirer avec une troisième personne. Après plus de trois heures de nage, elles atteignent enfin l’île de Lesbos. S’ensuit un nouveau parcours à travers l’Europe jusqu’à Berlin en septembre où Yusra Mardini reprend la natation.

Enfin, deux judokas ont été sélectionné.e.s : Yolande Bukasa Mabika (catégorie moins de 70 kg) et Popole Misenga ( catégorie moins de 90 kg). Les deux sont originaires du Bukavu, la région du Congo la plus affectée par la guerre civile qui a duré de 1998 à 2013. Lors de leur participation aux Championnats du monde de Rio en 2013, il et elle ont demandé l’asile au Brésil.

 

Le président du CIO Thomas Bach a expliqué l’initiative : « Ces athlètes réfugiés n’ont pas de maison, pas d’équipe, pas de drapeau, pas d’hymne national. L’invention de cette équipe de réfugiés est un moyen de leur donner une maison au village olympique avec tous les athlètes venus du monde entier. »

Alors que le nombre de réfugié.e.s atteint des records, la participation de cette équipe aux Jeux olympiques permet d’interpeller les gouvernements et de les inciter à la tolérance, « un signal envoyé à la communauté internationale, à savoir que les réfugiés sont des êtres humains et sont un enrichissement pour la société », souligne Thomas Bach. Selon le dernier rapport du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), plus de 65 millions de personnes dans le monde étaient « déracinées » fin 2015.

Voir : Jamais autant de personnes déplacées et réfugiées

Cette crise mondiale s’accompagne d’un repli sur soi qui se traduit par une fermeture des frontières et une montée de la xénophobie. L’UNHCR déplorait ainsi « des niveaux inquiétants de xénophobie ainsi que d’hostilité de la rhétorique politique sur les questions d’asile et de migration » et des « discours incendiaires relayés régulièrement par les médias ».

 

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

A VOUS DE JOUER

o Vous appréciez nos articles ?
o Vous voulez partager l’information pour que tout le monde ouvre les yeux sur l’inégalité des sexes ?
o Vous considérez que l’égalité dans les médias est la mère de toutes les batailles pour l’égalité ?
o Vous savez qu’un journal indépendant et de qualité doit employer des journalistes professionnels ?
Si vous avez répondu oui à une de ces quatre questions, faites un don pour financer l’information. Ce don est défiscalisé à 66 %. (Un don de 50 € vous coûte en réalité 17 €)

JE FAIS UN DON

Laisser un commentaire