Accueil Culture Journées du matrimoine : (re)découvrir nos ancêtres créatrices

Journées du matrimoine : (re)découvrir nos ancêtres créatrices

par Hortense Lasbleis

Depuis 2015, le matrimoine s’impose pour éclairer la face cachée de notre héritage culturel. Nouveau coup de projecteur pour les journées 2019 !

« On n’est pas que des muses ! » Tel est le credo des Journées du matrimoine, qui ont lieu ce week-end, en Auvergne-Rhône-Alpes, en Île-de-France et en Normandie. Depuis 2015, ces journées sont organisées par l’association HF afin de compléter les Journées du patrimoine. Ces dernières étant majoritairement consacrées à des œuvres masculines, elles oublient une très grande partie de notre héritage culturel, celui créé par des femmes.

« L’égalité entre femmes et hommes dans la culture passe par la valorisation de l’héritage des femmes artistes et intellectuelles d’hier », affirme l’association HF. Et l’égalité, on en est loin. Les femmes ne représentent ainsi que 1% des compositrices et 7% des cheffes d’orchestre. Manque de goût pour la musique ? Pas du tout !  Elles constituent 55% des élèves des conservatoires. La situation est semblable dans le théâtre ou la danse  : elles ne représentent que 13% des chorégraphes programmé.e.s. En architecture, seulement 9% de femmes se trouvent à la tête des agences, au cinéma 21% de femmes réalisatrices sont à l’origine des longs-métrages programmés… Alors que la majorité des élèves des écoles de cinéma, d’architecture ou encore d’arts plastiques, sont des femmes. Elles sont même 93% en école de danse.

Comment changer la situation ? Commencer par  « la valorisation de l’héritage des femmes artistes et intellectuelles d’hier», avance le collectif HF Ile-de-France. Car cela « permet aussi à des jeunes femmes de se projeter dans des carrières en ayant des modèles féminins ».

L’effet matrimoine

Et ça fonctionne. Pour cette 5e édition, Marie Guérini, coordinatrice des journées, dresse un bilan positif : « Avec les années, on s’aperçoit qu’il y a un engouement autour du matrimoine. On ne s’attendait pas à cela lorsque l’on a lancé la première édition, ça ricanait pas mal. Il y a eu beaucoup d’initiatives de créatrices d’aujourd’hui qui s’emparent du travail de celles d’hier, en montant des pièces, par exemple. » Elle relève également une attente du public pour d’autres visites, d’autres parcours liés au matrimoine, en dehors des journées de septembre. Des associations ou institutions les sollicitent également. Sans compter les initiatives semblables organisées par d’autres acteurs que le HF. « C’est contagieux ! C’est ce que l’on voulait, que cela échappe au collectif. On appelle ça “l’effet matrimoine” », se réjouit Marie Guérini. 

Le collectif attend plus d’un millier de personnes pour cette édition francilienne. 13 événements gratuits (sur inscription) sont organisés à Paris, Montreuil, Courbevoie et Nanterre, qui balaient toutes formes d’art, du cinéma à l’architecture, en passant par la peinture ou la sculpture. Parmi les activités proposées : des visites de musée, du Père-Lachaise, d’un atelier de restauration d’œuvres d’art, des performances théâtrales, de lectures. En Auvergne-Rhône-Alpes, plus de 25 événements sont proposés. Des visites, des spectacles, mais aussi un concert, des expositions, du théâtre forum… La Normandie n’est pas en reste avec ses « 56 projets artistiques et culturels dans 44 lieux ». Là aussi, concerts (dont un de Jeanne Added), expositions, visites, théâtre, expositions, débats… rythmeront les trois jours de l’événement.

Les programmes détaillés :
– en Auvergne-Rhône-Alpes
– à Paris et Ile-de-France
– en Normandie

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