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À New York, des tampons gratuits pour les plus précaires

par Sonia Bennis
Tampons New York

Des tampons seront bientôt distribués gratuitement aux étudiantes, sans-abris et prisonnières new-yorkaises. Une mesure qui s’inscrit dans le long combat des femmes contre le coût des règles.


 

Les étudiantes, sans-abris et prisonnières new-yorkaises n’auront bientôt plus à payer pour leurs règles. La loi a été votée à l’unanimité par le conseil municipal le 21 juin et devrait entrer en vigueur le mois prochain, une fois validée par le maire Bill de Blasio – une formalité. Des protections périodiques gratuites seront alors mises à disposition dans les écoles publiques, les refuges pour sans-abris et les prisons de la ville de New York.

La mesure a été portée par la conseillère municipale Julissa Ferreras-Copeland qui s’est battue contre le coût des règles. La nouvelle loi devrait coûter 4,2 millions de dollars la première année pour descendre à 1,9 millions les années suivantes. New York est la première grande ville des États-Unis à mettre en place une telle mesure, qui concernera « des centaines de milliers de femmes », se félicite Julissa Ferreras-Copeland.

 

Un soulagement pour les femmes en situation précaire qui seront les grandes bénéficiaires du projet. Parmi les 300 000 étudiant.e.s new-yorkais.e.s du public, 49% viennent de familles à faibles revenus, d’après une étude de la Southern Education Foundation. Le Huffington Post rappelle que le manque d’accès à des protections périodiques abordables est un facteur d’absentéisme scolaire pour les filles dans le monde entier. En ce qui concerne les prisons, les populations à bas revenus et les personnes issues des minorités y sont majoritaires.

Prochaine étape, élargir cette loi à l’État entier : “Je vais porter cette cause dans tout l’État pour que les femmes puissent avoir le même accès aux protections hygiéniques que les new-yorkaises”, a déclaré la députée de l’État de New York Linda Rosenthal.

Un combat transnational contre la « taxe tampon »

Cette mesure s’intègre dans le combat des femmes contre le coût des règles qui a émergé récemment dans plusieurs pays. Aux États-Unis, le coût des règles dans la vie d’une femme est estimé à 18 000 dollars (près de 16 000 €).

Si la plupart des États mettent en place des taxes plus basses pour les produits considérés comme étant de première nécessité, les protections périodiques sont souvent exclues de cette catégorie. « Je suppose que c’est parce que les hommes ont fait les lois lorsque ces taxes ont été votées », avançait Barack Obama qui découvrait tout juste l’existence de la « taxe tampon » en janvier.

En mars dernier, cinq femmes poursuivaient en justice l’État de New York pour appliquer une « taxe tampon » réduite. Et un mois plus tard, l’État approuvait à l’unanimité une loi pour supprimer intégralement les taxes sur les protections hygiéniques. L’Illinois, l’Ohio et la Californie ont eux aussi pris des mesures récentes pour supprimer les taxes sur ces produits. 

Dans plusieurs autres pays, la « taxe tampon » a soulevé l’indignation. Fin 2015, la France s’attaquait au coût des règles après un long combat des féministes, faisant passer la taxe sur les protections périodiques de 20% à 5,5%.

Voir : Taxe tampon, question réglée

Le Canada a également levé cette taxe l’année dernière et le Royaume-Uni devrait suivre.

 

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