Accueil Economie Retraites complémentaires : les femmes pénalisées ?

Retraites complémentaires : les femmes pénalisées ?

par Claire Aubé

Agirc ArrcoLes partenaires sociaux ont validé l’accord sur les régimes complémentaires de retraite. Un accord dont certaines dispositions sont dénoncées comme étant particulièrement défavorables aux femmes.


 

 

« Ne signez pas l’accord sur les retraites complémentaires ! » Ce sont les premiers mots de la lettre ouverte adressée aux dirigeants de la CFDT, CGC et CFTC par un collectif de mouvements féministes (Les efFRONTé-e-s, Osez le féminisme !, Collectif national pour les droits des femmes, etc.), ainsi qu’Attac France et la Fondation Copernic. L’appel n’a pas été entendu puisque ces trois syndicats ont validé cet accord sur les régimes complémentaires de retraite, vendredi 30 octobre au siège du MEDEF.

Parmi les mesures qui inquiètent fortement les mouvements féministes, il y a la décision de reconduire la sous-indexation des pensions pendant trois ans. Concrètement, cela signifie que le montant des retraites complémentaires est gelé et ne suit plus l’inflation. Une mauvaise nouvelle pour les femmes dont la retraite de base moyenne s’élevait en 2013 à 993 euros (40% de moins que celle des hommes)1.

Mais ce qui est dans la ligne de mire des organisations, c’est avant tout le système d’abattement sur les retraites complémentaires. Un salarié qui pouvait jusqu’à présent partir à la retraite à 62 ans à taux plein verra désormais sa retraite complémentaire amputée de 10% pendant trois ans, sauf s’il décide de continuer à travailler pendant encore un an. « Les femmes ont encore aujourd’hui des carrières plus courtes que les hommes et partent à la retraite en moyenne plus tard. Toute augmentation de la durée de cotisation exigée pour avoir une retraite à taux plein les pénalise donc plus fortement », dénonce le collectif dans sa lettre ouverte.

Certes, la CFDT souligne que cet abattement sera réduit à 5% voire nul pour les petites retraites, inférieures à 1100 euros par mois. « Faux », réplique Christine Marty chercheuse et membre de la Fondation Copernic, dans un article détaillé, « l’absence d’abattement ne concernera que les retraites inférieures à 985 euros. En outre, même si une femme a une pension très faible, elle ne sera pas pour autant exonérée de l’abattement, car le critère retenu renvoie en réalité au revenu du couple. »

Après des négociations dures et devant la nécessité affichée de renflouer les caisses des régimes Agirc-Arrco, il était difficile d’imaginer que les signataires se ravisent au dernier moment. D’autant que les syndicats ont obtenu gain de cause sur un point : alors que le MEDEF insistait pour réduire les pensions de réversion, elles resteront en l’état.

 


 

1 / La retraite globale moyenne des femmes (en incluant les avantages accessoires de retraite et les pensions de réversion) atteint 1 265 euros, encore 26% inférieure à celle des hommes. Chiffres DREES, Les retraités et les retraites – édition 2015

 

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