Accueil CultureCinémaCannes 2022 Un polar masculino-féministe à Cannes

Un polar masculino-féministe à Cannes

par Valérie Ganne

Dans La Nuit du 12 de Dominik Moll, un groupe de policiers de province enquête sur le meurtre d’une jeune fille. Leur chef est hanté par cette affaire qui concentre à elle seule les drames de tous les féminicides.

Une nouvelle sélection est née au festival de Cannes l’année dernière : intitulée Cannes Premiere, non compétitive, elle accueille huit films, tous signés par des réalisateurs, souvent français. Même pas une petite place pour une réalisatrice cette année ? Passons. Mais parmi ces huit films, l’un est signé Dominik Moll, cinéaste trop rare qui aime à sonder l’âme humaine. La Nuit du 12 suit des enquêteurs de la police judiciaire de Grenoble confrontés au mystère de l’assassinat de Clara. Une jeune fille brûlée vive à 20 ans dans une petite ville de montagne. Le réalisateur a transposé l’une des multiples histoires relatées dans le livre 18.3 – une année à la PJ écrit par Pauline Guéna, journaliste immergée un an à la PJ de Versailles. Cette enquête difficile va hanter le responsable de la PJ, Yohan (Bastien Bouillon) et faire perdre tout son sang froid à son acolyte (Bouli Lanners).

Ce duo d’hommes, entouré de collègues plus ou moins bourrins, comprend soudain l’étendue insondable du problème des féminicides.

Et ce sont des femmes qui leur ouvrent les yeux.

D’abord la meilleure amie de la victime, jouée avec finesse par Pauline Serieys : « Vous cherchez pourquoi Clara été tuée ? Parce que c’était une fille, c’est tout. » Ensuite la juge qui reprend l’affaire trois ans plus tard (Anouk Grimberg impériale) et à qui Yohan avoue son découragement : « Tous les hommes qui ont croisé Clara auraient pu le faire. Et même tous les hommes qu’elle n’a pas croisés ». Enfin, une jeune recrue, major de promo, interprétée par Mouna Soualem, qui questionne Yohan en planque : « Vous ne trouvez pas ça bizarre que ce soit majoritairement des hommes qui tuent des femmes et majoritairement des hommes qui font la police ? » Tristement réaliste, porté par une mise en scène au service de ses acteurs, ce beau film révèle des hommes face à la part sombre d’autres hommes. Il faudra attendre le 13 juillet pour le découvrir en salle…

Extrait

La nuit du 12 de Dominik Moll, avec Bastien Bouillon et Bouli Lanners, production et distribution Haut et Court, en salles le 13 juillet.

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