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26 octobre, les Saoudiennes au volant

par Arnaud Bihel

26octNouvelle mobilisation, le 26 octobre prochain, pour le droit des Saoudiennes à conduire. Lancée il y a trois jours, la campagne a déjà un fort impact.


 

 

Une loi contre le harcèlement et les violences domestiques ; l’ouverture aux femmes du Conseil consultatif, ou de clubs de sport… par petites touches, l’Arabie saoudite a lancé ces derniers mois des signaux d’ouverture à l’égard des femmes.

Mais d’autres barrières sont tenaces. Le royaume reste le seul pays au monde où la conduite d’une voiture est interdite aux femmes, même étrangères. Depuis trois ans maintenant, des militantes saoudiennes revendiquent, sans succès, le droit de prendre le volant. Elles lancent à nouveau ce message en organisant une journée de mobilisation le 26 octobre, jour où les Saoudiennes sont invitées à défier le régime en prenant le volant. Et la communauté internationale est appelée à les soutenir.

8 000 signatures en 3 jours

Aucun texte religieux ne justifie cette interdiction, reconnaissait le 19 juillet le chef de la police des mœurs saoudienne. C’est aussi ce que souligne la campagne lancée le 21 septembre, qui appelle le gouvernement saoudien à « publier un décret officiel pour lever cette interdiction ».

La mobilisation démarre sur les chapeaux de roues. En trois jours, la pétition sur le site de la mobilisation du 26 Octobre a recueilli plus de 8 000 signatures. « Je conduirai le 26 octobre », a assuré à l’AFP l’activiste Nasima al-Sada, qui dit connaître dans son entourage une vingtaine de femmes prêtes à faire de même. Le message vidéo posté sur le réseau Keek par Loujain Al Hathloul, une militante saoudienne vivant au Canada, a dépassé les 600 000 vues.

L’interdiction faite aux femmes de conduire, si elle n’est pas inscrite dans les texte, reste strictement appliquée par les autorités. Le 17 juin 2011, précédente grande journée de mobilisation, de nombreuses Saoudiennes avaient pris le volant (Voir : En Arabie Saoudite, la révolution du volant ?) Conséquence : plusieurs d’entre elles ont été arrêtées, et certaines contraintes de signer une promesse de ne plus conduire, selon Amnesty International (Voir : Le combat des Saoudiennes pour le droit de conduire, an 2). L’ONG soulignait l’an dernier la « profonde ironie » qu’un pays « qui fournit de l’essence à des millions de conducteurs de par le monde interdise à la moitié de sa propre population de conduire ».

 

Image : logo de la campagne du 26 octobre

 

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3 commentaires

Minona 23 septembre 2013 - 21:15

Il y a encore peu de temps, les saoudiennes n’avaient même pas le droit de rouler en vélo! Elles en ont maintenant le droit… à condition d’être accompagnées d’un chaperon!

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florence 25 septembre 2013 - 07:46

Je ne sais pas comment, sur quel fondement, quelle vérité, quel postulat, on peut maintenir une telle ségrégation. Sincèrement je ne comprends pas. Quelqu’un sait-il ou elle sur quoi se fonde cette interdiction ? Peur que les femmes leur échappent ? Souci de protection de la vie féminine (on peut rêver de saoudiens chevaleresques…)? Idée que les femmes seraient incapables de conduire et provoqueraient moult accidents ? (idée par ailleurs très répandue, beaucoup de français souffrent aussi de ce syndrome « c’est pas nous c’est elles » 😉 malgré les statistiques accablantes qui démentent d’années en années ce stéréotype) ; Peur que la liberté de circulation des femmes devienne incompatible avec leur conception du tutorat masculin ?

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taranis 25 septembre 2013 - 13:38

Mais aussi :Le comité de la promotion de la vertu et de la prévention du vice, a intimé l’ordre aux agences de locations de motos et scooters, de refuser de donner en location leurs matériels, si demandés par des femmes. Selon des sources médiatiques sur place, la police religieuse a avancé, pour expliquer sa décision, que les femmes n’ont pas la force physique pour contrôler ses machines qui, si lancées à grande vitesse, provoquent des accidents de circulation.Le comité de la promotion de la vertu et de la prévention du vice dispose d’une milice armée, avec armes de poing, cravaches et voitures de patrouilles, ils ont droit d’interpeller, pourchasser et de punir sur place, les passants dans les rues mais aussi les clients des grandes surfaces et magasins qui commettraient ‘des infractions à la charia islamique’, comme écouter de la musique en public, sortir seul avec une femme sans disposer de justificatifs écrits témoignant d’une relation légale avec elle, ou ne pas aller à la mosquée au moment des appels à la prière. Ses milices vérifient également les véhicules pour s’assurer qu’ils ne sont pas conduits par des femmes, ainsi que les taxis qui prennent des femmes seules, non accompagnées.Certes, les dirigeants du royaume font mine de vouloir réformer la vie politique et sociale, mais les faits démentent les intentions. Ici, on relance le débat sur les châtiments corporels que méritent les femmes dépensières. Là, on restreint leur accès aux salles de culture physique, pour des raisons futiles, bien sûr. Quant à la plus contestée des réformes, elle consiste en un projet d’exclure les femmes de l’espace de la circumambulation de la Kaâba, lors du pèlerinage.

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