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A Cannes : parité et inclusion

par Valérie Ganne

Retour des réalisatrices et productrices du collectif « 50/50 pour 2020 » sur la Croisette, parce qu’il y a encore du pain sur la planche, qu’il faut aussi parler inclusion et que, organiser la mobilisation, ce n’est pas du luxe…

La réalisatrice Rebecca Zlotowski ouvrant la conférence de presse du 17 mai

« En matière de parité, quand on voit la bonne volonté des uns et des autres, on réalise qu’il suffisait de demander » : cette phrase, c’est (l’immense) actrice américaine Cate Blanchett qui l’a prononcée l’année dernière au festival de Cannes après une montée des marches 100 % féminine. Elle a été citée par Rebecca Zlotowski, membre de 50/50 pour 2020,  au cours d’une conférence de presse cannoise le matin du 17 mai. La réalisatrice d’« Une fille facile » (présenté à la Quinzaine des réalisateurs en fin de semaine) a fait le bilan des avancées de cette association créée en mars 2018. Sa charte pour la parité a été signée par 40 festivals dans le monde entier. La bonification financière du fonds de soutien mise en place pour les films aux équipes féminines a déjà porté ses premiers fruits : depuis le début de l’année 30% des films ont été réalisés par des femmes et 25% tournés avec des équipes paritaires ou majoritairement féminines. La proportion des films de femmes reste en moyenne à 25 % des films sélectionnés dans les Festivals, c’est mieux qu’hier et moins bien que demain on l’espère.

Parité, inclusion, même combat.

Il suffisait de demander mais en organisant un lobbying intense. Désormais la mobilisation sur la parité hommes/femmes mène à des revendications plus larges sur l’inclusion, thème d’une table ronde qui a eu lieu ce même jour. En France non seulement les femmes sont sous représentées dans les médias, mais aussi les noirs, les arabes, les pauvres. Les statistiques ethniques étant interdites, il est compliqué d’en apporter la preuve chiffrée, mais le CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) a mis en place depuis quelques années un comité de surveillance qui effectue des comptages, les médiatise et peut même infliger des amendes. Pour Laurence Lascary, productrice militante (sa société s’appelle De l’autre côté du périph) et présente à cette table ronde, la situation s’améliore : « Sur les tournages, on commence à comprendre que je suis la productrice du film et non pas la petite stagiaire noire de banlieue. Il faut nous faire voir : non seulement les technicien.ne.s de couleur sont rares dans nos équipes mais ils se cachent pour se fondre dans la masse ! » Au sein de l’association 50/50, cette productrice travaille à mettre en place un guide des contacts à destination des différentes commissions et directeurs de production pour les aider à trouver plus facilement des contacts à embaucher. Concluons par une autre citation, d’une autre américaine, l’immense scénariste-réalisatrice-productrice-noire, Shonda Rhimes : « Parlons d’inclusion et non de diversité. Diversité, c’est quand tu es dans la salle avec tout le monde. Inclusion, c’est quand tu danses avec tout le monde. »   

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