Accueil CultureCinéma A la recherche du nouveau « Vrai bonhomme »

A la recherche du nouveau « Vrai bonhomme »

par Valérie Ganne

Le premier film de Benjamin Parent, « Un vrai bonhomme » s’attaque à une question bien actuelle : comment un adolescent timide peut-il se construire en s’éloignant du modèle masculin traditionnel ?

Cette semaine, coup de projecteur sur la comédie d’un jeune réalisateur, Benjamin Parent. « Un vrai bonhomme » questionne l’apprentissage de la virilité en suivant Tom, un garçon petit et discret confronté à l’épreuve ultime de son adolescence : intégrer un nouveau lycée où il ne connait personne. Heureusement, pendant son année scolaire, Tom peut s’appuyer sur les conseils de son grand frère Léo : savoir se battre et se faire respecter, survivre au bizutage, tenir l’alcool, entrer dans la bande des gros bras du lycée. En cela le grand frère-modèle ne fait que marcher dans les traces de leur père peu bavard, valorisant la compétition masculine avec une préférence évidente pour ce fils aîné qui excelle au basket… Comment réussir à trouver sa place en tant qu’homme (et éventuellement choper la plus belle fille du lycée) est un sujet classique et fédérateur depuis des siècles. Mais en 2019, le trajet ne suit pas les mêmes routes qu’hier. D’ailleurs, le sujet de ce « teen movie » à la française qui avance d’abord avec légèreté et humour sait peu à peu gagner en profondeur : un deuil traumatique pour toute la famille donne leur vraie densité à tous les personnages. Une jolie surprise.

Bande annonce

« Un vrai bonhomme » (France, 1h 28) de Benjamin Parent avec Thomas Guy, Benjamin Voisin, Tasnim Jamlaoui, Isabelle Carré, Laurent Lucas, produit par Delante, distribué par Ad Vitam, en salle le 8 janvier 2020.

Parler de nouvelle masculinité n’est pas de l’opportunisme car c’est un sujet qui travaille le réalisateur depuis longtemps. Son court métrage, « Ceci n’est pas un film de cow boy » (2012) évoquait déjà la virilité à travers la perception de l’homosexualité chez des ados. Il a créé la série française « Les Grands » qui suit des garçons de la troisième à la terminale. C’est en toute logique que son premier film aborde une nouvelle fois le thème inépuisable de l’adolescence masculine.

« C’est un thème qui m’obsède. (…) J’ai souhaité creuser la thématique de la masculinité et lu beaucoup d’ouvrages à ce propos, notamment « Le mythe de la virilité » d’Olivia Gazalé, un livre remarquable qui a surement influencé l’écriture du film. Il ne s’agit pas de faire de la sociologie – je fais du cinéma – mais je tiens à défendre un point de vue sur notre époque. »

« Le personnage de Tom trouve sa propre route en choisissant d’aller vers sa sensibilité au lieu de coller aux représentations ou aux conventions qu’il a sous les yeux. C’est douloureux mais indispensable. C’est la seule possibilité à mes yeux de stopper les inégalités et d’enrayer les violences faites aux femmes et aux hommes. Le changement ne peut s’opérer que par ce repositionnement des hommes dans la société. »

 

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