Accueil Politique L’Assemblée va permettre les coprésidences paritaires

L’Assemblée va permettre les coprésidences paritaires

par Arnaud Bihel

PompiliRugy

A l’initiative du groupe EELV, les députés devraient adopter une modification du règlement ouvrant la voie à cette possibilité. Un petit pas symbolique en plus pour la parité.


 

Une pause dans la bataille du « mariage pour tous », jeudi 31 janvier à l’Assemblée nationale. Les députés en ont profité pour discuter d’une modification du règlement ouvrant la possibilité, pour les groupes politiques, de se doter d’une coprésidence paritaire (voir la proposition de résolution).

Le groupe EELV s’est déjà doté en juin 2012 de deux coprésidents : François de Rugy et Barbara Pompili. Mais « le fonctionnement de cette coprésidence informelle n’est possible en pratique qu’en ‘bricolant’, en marge du règlement », souligne Barbara Pompili. Ainsi, elle et François de Rugy ne peuvent dans les faits présider leur groupe qu’en alternance. Le Parlement européen prévoit déjà la possibilité d’une coprésidence – pas forcément paritaire, d’ailleurs (1).

Cette modification du règlement de l’Assemblée, qui s’inscrit « dans une logique d’extension de la parité au maximum d’échelons de décision », selon la députée, a pourtant failli rester lettre morte. Le 23 janvier, la commission des lois émettait un avis défavorable. Mais entre temps la situation a évolué. En séance, jeudi 31 janvier, le groupe socialiste s’est finalement déclaré favorable au texte. Le vote final n’interviendra que le 12 février, mais ce principe de présidence paritaire devrait donc être adopté.

Le revirement du groupe socialiste est une « position politique », souligne son président Bruno Le Roux : « nous avons pensé que politiquement ce serait un mauvais signe de refuser cet affichage en faveur de la parité, surtout qu’il n’y a pas d’obligation. »

Le débat sur le texte, ce 31 janvier, aura en tout cas été l’occasion de nouvelles piques entre majorité et opposition. La gauche soulignant l’absence de femme dans les rangs de la droite à cette occasion : « Elles ne sont déjà pas nombreuses, il n’y en a plus aucune », lançait Catherine Coutelle. Auparavant, l’UMP Jacques Myard avait lancé à Barabara Pompili : « Parlez pour vous, jeune fille », s’attirant cette réponse : « Beau propos machiste, dois-je vous appeler vieil homme ? ». Comme un écho aux récentes prises de bec au Sénat, où il était aussi question de parité.

 

 


(1) Si elle l’est pour le groupe Les Verts / Alliance libre européenne, coprésidé par Rebecca Harms et Daniel Cohn-Bendit, le groupe Europe libertés démocratie est coprésidé par deux hommes : Francesco Enrico Speroni et Nigel Farage.

 

Photo : Barbara Pompili, François de Rugy

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