Accueil International Au Royaume-Uni, des rayons jouets de moins en moins sexués

Au Royaume-Uni, des rayons jouets de moins en moins sexués

par Arnaud Bihel

ToysGrâce à la campagne de Let Toys Be Toys, la moitié des grandes enseignes ne proposent plus de rayons de jouets « filles » et « garçons ». Elles n’étaient que 20% dans ce cas il y a encore un an.

Une étude vient de le souligner : en France, les catalogues de Noël restent remplis de stéréotypes pour filles et garçons (Voir : Stéréotypes : 10 catalogues de Noël à la loupe). Mais outre-Manche, la pression contre le « marketing genré » produit des effets. C’est ce dont se réjouit l’association Let Toys Be Toys. Actif depuis novembre 2012, ce groupe fait pression sur les grandes enseignes pour qu’elles suppriment de leurs rayons les signalétiques « garçons » et « filles ». Plus de 10 000 personnes ont notamment signé sa pétition appelant les magasins à « cesser de brider l’imagination des enfants en présentant des jouets comme uniquement destinés aux filles, et d’autres uniquement aux garçons ».

Résultat : en un an, des progrès sensibles de la part de ces enseignes. En décembre 2012, seules 3 d’entre elles, sur 14 (soit à peine plus d’une sur cinq) ne comptaient pas de rayons genrés. Un an plus tard, elles sont 7 dans ce cas (la moitié), et 5 autres sont en voie de changer leur signalétique.

les enfants ne reçoivent plus de messages sexistes

Les magasins Debenham, par exemple « ont remplacé leurs panneaux roses et bleus ‘garçons’ et ‘filles’ par de nouveaux panneaux colorés qui indiquent ‘véhicules’, ‘superhéros’, ‘peluches’ et ‘personnages TV’, entre autres. Les jouets sont plus faciles à trouver, et les enfants ne reçoivent plus le message selon lequel la science et l’aventure sont seulement pour les garçons, la couture et le pouponnage pour les filles », explique Kerry Brennan, de Let Toys Be Toys.

Plus globalement, l’association a enquêté dans 209 magasins de toutes sortes – spécialisés dans le jouet, supermarchés ou indépendants – pour constater que près de 3 sur 10 (28%) ne proposent aucune classification par sexe – tandis que 40% rangent encore la majorité de leurs jouets dans des rayons genrés.

Autre constat : comme dans les catalogues en France, ce sont les supermarchés qui sont les plus grands pourvoyeurs de représentations stéréotypées.

Constats plus mitigés sur les sites et les catalogues

Les catalogues de Noël ont eux aussi été scrutés par Let Toys Be Toys. Pour un constat meilleur qu’en France, mais moins positif que dans les rayons britanniques. Sur 10 catalogues étudiés, seuls 3 n’utilisent pas de classification « filles »/« garçons » (en France, seulement 1 sur 10). C’est un peu mieux sur internet : sur 40 sites passés en revue, un quart ont des sections « filles » et « garçons » en page d’accueil, et 16 proposent de filtrer les jouets par genre.

Les priorités des sites internet ne rejoignent d’ailleurs pas celles des magasins. Si Debenham, cité plus haut, a abandonné les signalétiques dans ses rayons, son site internet se révèle en revanche « extrêmement genré », et le genre est le premier choix proposé pour filtrer les jouets.

Faire disparaître les signalétiques sexuées des magasins, c’était la priorité de la campagne Let Toys Be Toys au cours de l’année écoulée. Mission globalement accomplie. Mais l’association entend poursuivre ses efforts dans l’année qui vient. Tout en ciblant aussi, désormais, les fabricants et éditeurs de jeux.

 

Photo © Let Toys Be Toys. Avant/Après : la chaîne The Entertainer classait tous ses rayons par sections filles et garçons (en haut, « jeux pour garçons »). Ses magasins sont désormais organisés par thèmes, avec des photos d’enfants des deux sexes (en bas, « jeux de construction »).

 

Partager cet article

A VOUS DE JOUER

o Vous appréciez nos articles ?
o Vous voulez partager l’information pour que tout le monde ouvre les yeux sur l’inégalité des sexes ?
o Vous considérez que l’égalité dans les médias est la mère de toutes les batailles pour l’égalité ?
o Vous savez qu’un journal indépendant et de qualité doit employer des journalistes professionnels ?
Si vous avez répondu oui à une de ces quatre questions, faites un don pour financer l’information. Ce don est défiscalisé à 66 %. (Un don de 50 € vous coûte en réalité 17 €)

JE FAIS UN DON

1 commenter

1 commenter

aristo 16 décembre 2013 - 14:33

C’est une bonne nouvelle… Personnellement je n’ai jamais vu de « rayon fille » ou « rayonnage fille » (idem garçon) mis à part dans des boutiques comme la lingerie ou les vêtements… Bien que nombre de pulls ou chaussures soient unisexe???

Répondre

Laisser un commentaire

Social Media Auto Publish Powered By : XYZScripts.com