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Au Rwanda, les femmes s’imposent au Parlement

par Arnaud Bihel

MukantabanaLe système de quota qui favorise les femmes en politique a plus que porté ses fruits. Au point qu’elles comptent pour 64% des élus de la nouvelle Chambre des députés rwandaise.


 

A l’issue des élections législatives qui viennent de se tenir au Rwanda, ce sont pas moins de 64% des sièges de la chambre basse (51 sur 80) qui seront occupés par des femmes. Une féminisation encore plus accentuée que lors du dernier scrutin, en 2008, qui avait porté 56% d’élues à la Chambre des députés. Le petit pays africain est le seul au monde où les femmes sont majoritaires pour voter les lois (voir encadré).

La moyenne mondiale des femmes dans les chambres basses de parlements s’élevait au 1er septembre à 21,4%, selon les données de l’Union interparlementaire. Avec 26,9% d’élues à l’Assemblée, la France occupe la 39ème place mondiale.

 

Cela tient à une bonne raison. A la sortie de la guerre civile et du génocide, qui a frappé le pays en 1994, a été instauré un système de quota, réservant 30% de sièges (soit 24 places) à des femmes. Cela a enclenché un cercle vertueux. « Cela a incité les femmes à sortir de l’ombre des hommes et à imposer leur présence », note le site AllAfrica. Ainsi, les partis politiques rwandais « ont donné aux deux sexes les mêmes chances d’entrer au Parlement, contrairement aux tendances passées, quand les hommes occupaient la grande majorité des positions stratégiques ». Ainsi, sur les 41 candidats élus, hors-quota, du parti au pouvoir, le FPR, 20 sont des femmes.

« Le temps que s’accomplisse la transformation des mentalités »

Ce qui fait conclure à AllAfrica : « la discrimination positive (ou ‘affirmative action’), ça marche ». Cela marche même trop bien. Des hommes politiques rwandais s’interrogent donc désormais sur la pertinence de conserver ce quota de 30%, puisqu’il permet aux femmes d’être très largement majoritaires aujourd’hui à la Chambre des députés.

Le principe des quotas n’est en effet pas un but en soi mais un outil provisoire. « Ce n’est peut-être pas satisfaisant intellectuellement, mais il est nécessaire d’instituer une telle contrainte, le temps que s’accomplisse la transformation des mentalités », résumait la socialiste Michèle André lors du débat parlementaire qui a institué en 2011 des quotas pour féminiser les conseils d’administration des grandes entreprises.

 

Photo : Rose Mukantabana, présidente de la Chambre des députés rwandaise de 2008 à 2013.

 

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