Accueil International Aung San Suu Kyi veut briguer la présidence en Birmanie

Aung San Suu Kyi veut briguer la présidence en Birmanie

par De profundis

SuuKyi

L’opposante et prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi a annoncé jeudi 6 juin ses ambitions présidentielles.


 

 

La Birmanie devrait connaître en 2015 ses premières élections présidentielles libres depuis 50 ans. Et la cheffe de l’opposition Aung San Suu Kyi a annoncé sa volonté de s’y présenter. « Je veux être candidate à la présidence et je suis assez claire sur le sujet » a-t-elle déclaré jeudi 6 juin lors d’un discours devant le Forum économique mondial sur l’Asie de l’Est, organisé dans la capitale Naypyidaw. « Si je prétendais que je ne voulais pas être présidente, je ne serais pas honnête » a-t-elle ajouté devant près d’un millier de délégués venus d’une cinquantaine de pays.

La députée est néanmoins consciente des obstacles à sa candidature : en l’état actuel de la Constitution, un-e Birman-e dont l’époux/se ou les enfants sont étrangers ne peut pas briguer la présidence. Or le mari aujourd’hui décédé d’Aung San Suu Kyi, Michael Aris, ainsi que leurs enfants, ont la nationalité britannique. « Plutôt que d’être optimiste ou d’espérer que la Constitution soit amendée, nous allons travailler à ce qu’elle le soit » a déclaré l’opposante.

« Nous devons dénouer la corde »

Plus de deux ans après la fin officielle de la junte militaire et après plusieurs élections législatives dénoncées comme injustes par son parti d’opposition LND (Ligue Nationale pour la Démocratie), Aung San Suu Kyi a déclaré que les réformes étaient invisibles pour la plupart des Birmans : « si vous parlez à l’homme de la rue, si vous parlez aux gens dans les villages, la grande majorité vous dira que leur vie n’a pas changé depuis 2010 ». « Cela n’a rien à voir avec le nombre de voitures que vous voyez maintenant à Rangoun ou le nombre de magazines que vous pouvez acheter, car la majorité de notre peuple n’y a pas accès » a-t-elle expliqué au Forum.

Soe Thane, ministre de l’USDP, le parti majoritaire, a approuvé la nécessité de changements : « Nous devons dénouer la corde » a-t-il déclaré lors du même événement « C’est très dur mais nous devons le faire. Nous devons penser à la démocratie, nous devons penser au développement économique de 60 millions de personnes ». Il s’est également prononcé en faveur d’un amendement de la Constitution pour permettre la candidature d’Aung San Suu Kyi ; en mars dernier Thein Sein, l’actuel président birman, avait affirmé qu’il ne s’opposerait pas à cette réforme. Vingt-cinq ans après sa victoire aux législatives, après laquelle la junte militaire ne l’avait pas laissée former un gouvernement, la Ligue Nationale pour la Démocratie pourrait enfin prendre le pouvoir en 2015.

 

Photo : World Economic Forum. Aung San Suu Kyi le 6 juin à Naypyidaw

 

A VOUS DE JOUER

o Vous appréciez nos articles ?
o Vous voulez partager l’information pour que tout le monde ouvre les yeux sur l’inégalité des sexes ?
o Vous considérez que l’égalité dans les médias est la mère de toutes les batailles pour l’égalité ?
o Vous savez qu’un journal indépendant et de qualité doit employer des journalistes professionnels ?
Si vous avez répondu oui à une de ces quatre questions, faites un don pour financer l’information. Ce don est défiscalisé à 66 %. (Un don de 50 € vous coûte en réalité 17 €)

JE FAIS UN DON

Laisser un commentaire