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Aux Etats-Unis, l’avortement sacrifié pour l’assurance-maladie

par Arnaud Bihel
ObamaL’adoption ce week-end de la réforme de la santé par la Chambre des représentants américains a été saluée comme une grande victoire pour Barack Obama. Cette réforme prévoit une refonte du système de couverture maladie aux Etats-Unis. C’était une des priorités du président. Mais derrière ce vote, obtenu à l’arraché, se cache une réalité moins brillante. Pour faire adopter le texte, les Démocrates ont dû céder sur le droit à l’avortement.
 

 

 
 

Sous la pression d’une trentaine de Démocrates anti-avortement, et d’un intense lobbying de l’Eglise catholique, la Chambre a adopté un amendement restrictif. Il proscrit l’utilisation des fonds de l’Etat pour toute assurance incluant le remboursement de l’IVG. En somme, « cela interdirait à des millions d’Américaines de souscrire une assurance qui couvre l’avortement », estime le New-York Times. Beaucoup pourraient même perdre leur couverture actuelle, fournie par leur employeur, si celui-ci décide de la transférer sous le nouveau régime général permis par la loi.

 

Un compromis était pourtant sur la table. Ils autorisait des fonds fédéraux ou de certains Etats à financer en partie des assurances complémentaires couvrant l’avortement. Mais les anti n’ont pas cédé. Pas d’argent public pour l’avortement. La présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, pourtant ardente défenseure des droits des femmes, a dû se résigner à inclure cet amendement pour faire passer l’ensemble de la loi. Chez d’autres élues, cette offensive anti-avortement ne passe pas. « Cet amendement sera la plus grande restriction aux droits des femmes au libre choix que j’aurai vue dans ma carrière », s’est indignée la Démocrate Diana DeGette. Le New York Times y voit « la plus grande victoire des opposants à l’avortement depuis des années ».

 

Mais la bataille parlementaire n’est pas finie. La loi doit maintenant passer devant les Sénateurs, qui vont se pencher sur une autre version. Là, les pro-avortement espèrent que le texte de compromis reprendra le dessus. Il a en tout cas été approuvé par la commission des Finances du Sénat et appuyé, hier, par Barack Obama.

 

 

7 commentaires

Julie 10 novembre 2009 - 18:47

Merci pour cette info que je n’avais pas lue ailleurs et qui a toute sa place ici.

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Ctmf 10 novembre 2009 - 20:47

Même commentaire que Julie : je n’ai vu cette info qu’ici.
Vu de France les discussions américaines sur l’assurance-maladie paraissent surprenantes !

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anniebatlle@wanadoo. 12 novembre 2009 - 09:23

On voit bien l’interet d’une rédaction mixte, à la lecture de ce type d’info pour l’instant peu visible dans le reste de la presse et pourtant si cruciale N

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Marie-Claude 12 novembre 2009 - 10:10

aucun media n’a parlé de ce problème si important pour les femmes, merci d’aborder ce sujet

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jdac 12 novembre 2009 - 13:06

l’avortement n’est pas une méthode contraceptive. sauf indication médicale, l’état ne doit pas payer pour cela. bravo à la chambre américaine!

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André Lebreton 12 novembre 2009 - 17:10

L’avortement est certes la dernière mesure de l’échec de la contraception et de la gestion des naissances, et reste un vrai traumatisme pour la femme, mais il faut aussi savoir que l’enfant non désiré et non aimé est condamné dès le départ, et pour le plus grand tort de l’humanité toute entière (voir le comportement des enfants non désirés et non aimés lorsqu’ils sont devenus adultes!…).

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henry 16 novembre 2009 - 11:21

Bravo pour cet article « fouillé »… aucun autre journal ne semble avoir noté le fait que l’avortement était plus qu’oublié – comme si cela était un sujet mineur !

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