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BCE masculine : la polémique ne s’éteint pas

par Arnaud Bihel
DirectoireBCE

Le directoire de la BCE en mars 2012. Au premier rang (de gauche à droite) : Vítor Constâncio (vice-président), Mario Draghi (président), José Manuel González-Páramo. Au deuxième rang (de gauche à droite) : Jörg Asmussen, Peter Praet, Benoît Cœuré.

Pas de femme parmi les dirigeants de la BCE ? C’est dommage mais tant pis, répond en substance son président. Une trentaine d’économistes dénoncent pourtant à leur tour cette « discrimination ».


 

Prise de bec au Parlement européen, mardi 9 octobre, sur la composition exclusivement masculine de la direction de la Banque centrale européenne. Plusieurs eurodéputés, membres de la commission économique, ont interpellé le président de la BCE, la française Sylvie Goulard dénonçant une « discrimination ». Mario Draghi a rejeté ce qualificatif, mais admis le « problème » et la nécessité d’y remédier… tout en confirmant sa volonté de voir le Luxembourgeois Yves Mersch intégrer le directoire de la BCE. Celui-ci sera alors composé de 6 hommes.

« Discrimination systématique »

La veille de cet échange, un groupe d’économistes dénonçaient dans une lettre ouverte ce qu’ils considèrent également comme une « discrimination » sexiste. Ses signataires (la première liste compte une trentaine de noms, dont un quart de femmes) appellent l’Eurogroupe à « revoir sa position » et à nommer une femme, « pourquoi pas en plus du nominé actuel ». Et ils pressent « les chefs d’Etat et de gouvernement à prendre en compte les dommages que ferait à la cause de l’égalité des sexes un conseil de gouvernance de la BCE exclusivement masculin. »

« En tant qu’économistes qui suivons de près les travaux de la BCE, nous ne pouvons pas croire que, lors des quatre dernières nominations, il n’a pas été possible de trouver au moins une femme qui convienne dans l’Eurozone. En tant que citoyens, nous craignons qu’une telle situation soit la preuve d’une discrimination systématique envers les femmes », écrivent-t-ils.

Pas d’illusion

En septembre, la commission économique du Parlement européen s’était opposée à la nomination d’Yves Mersch, proposée par les ministres des Finances. Pour les eurodéputés non plus, pas question d’un directoire uniquement masculin, tout comme l’est le conseil des gouverneurs de la BCE. Au total 23 hommes, aucune femme. Mais les dirigeants européens peuvent passer outre cet avis du Parlement et confirmer cette nomination.

Le dernier discours de Mario Draghi comme gouverneur de la banque d’Italie, avant sa nomination à la tête de la BCE, « portait justement sur l’importance des femmes dans l’économie », faisait récemment remarquer Sylvie Goulard. L’eurodéputée française ne se faisait guère d’illusion pour autant, voyant trois issues possibles au processus de nomination : un « circulez, il n’y a rien à voir » de la part des dirigeants européens, la promesse « on fera mieux la prochaine fois », ou « un poste pour une femme dans une institution… subalterne ».

 

 

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