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En Belgique aussi, débat sur l’IVG

par Arnaud Bihel

En Belgique, les propos anti-avortement du principal évêque du pays suscitent un tollé. Tout juste 25 ans après la « dépénalisation partielle » de l’IVG, la loi suscite le débat.


 

En France l’IVG fera débat cette semaine à l’Assemblée nationale, où les députés vont se pencher sur la question du délai de réflexion. En Belgique aussi l’avortement a occupé ces derniers jours le devant de la scène. Dans son homélie de Pâques, dimanche 5 avril, le principal évêque du pays, Monseigneur Léonard, s’en est violemment pris à l’avortement, désigné comme une « agression » contre un « petit enfant » qui devient « un déchet biologique ».

Le responsable religieux a reçu en retour une volée de bois vert. La députée Viviane Teitelbaum, présidente du Conseil des Femmes Francophones de Belgique, a ainsi réagi en dénonçant des « propos moyenâgeux » et en rappelant que le ventre d’une femme « n’appartient pas à l’Église ».

La Belgique vient de célébrer le 25ème anniversaire de la dépénalisation de l’avortement. C’était le 3 avril 1990. A l’époque, la loi avait fait des vagues car le roi s’y était fermement opposé. Aujourd’hui, de nombreuses voix appellent à amender la loi pour allonger le délai maximal du recours à l’IVG. Il est fixé à 12 semaines, comme en France, mais de nombreuses Belges vont avorter aux Pays-Bas voisins, où le délai légal court jusqu’à 22 semaines.

L’extension du délai n’est toutefois pas la priorité, estime la Fédération des centres de planning familial (FCPF). Dans un bilan des 25 ans de la loi, le 3 avril, elle insistait en revanche sur le nécessaire « retrait définitif du code pénal » de l’IVG, car la pratique n’est que « partiellement dépénalisée », ce qui contribue encore à la stigmatiser. La FCPF s’inquiète également de la difficulté à trouver des médecins formés à la pratique de l’avortement. Et appelle le gouvernement à créer un site officiel « pour mieux informer la population sur l’avortement ». A l’image de celui créé en France fin 2013.

En Roumanie aussi

Dans la ville de Timisoara, en Roumanie, une trentaine de médecins gynécologues ont décidé de cesser de pratiquer des IVG pendant une semaine, pour la célébration de Pâques, et ce afin de ne pas « chagriner Dieu », a indiqué l’un d’eux à l’AFP. Ce phénomène est également visible à Noël. Que ce soit pour des raisons religieuses, financières ou administratives, le nombre d’hôpitaux roumains qui ne fournissent pas de services d’IVG est en hausse régulière, relevait le site Gândul fin mars.

 

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