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Bisbilles à Lyon sur la parité

par Arnaud Bihel

CollombCrozonLe sénateur-maire PS de Lyon Gérard Collomb a fait repousser à 2020 l’obligation de parité au conseil de la métropole lyonnaise. S’attirant les foudres de parlementaires UMP locaux… et aussi d’une députée socialiste.


 

 

La parité femmes/hommes s’est aussi invitée dans le débat sur le projet de loi sur les métropoles, un texte quelque peu technique adopté en commission mixte paritaire jeudi 19 décembre.

La loi entérine la création de 3 grandes métropoles : le Grand Paris, Marseille et Lyon. Et pour la métropole lyonnaise en particulier, à l’initiative de la députée PS du Rhône Pascale Crozon, les députés avaient voté pour que l’exécutif soit composé à parité d’hommes et de femmes dès 2015. Mais la commission mixte paritaire – composée de députés et sénateurs chargés de trouver un compromis sur le texte final – a retoqué ce principe. La parité ne sera effective qu’en 2020, quand les conseillers communautaires seront élus au suffrage universel direct.

Quand l’UMP défend la parité

A la baguette de ce recul, le maire PS de Lyon. Pour Gérard Collomb, la parité serait « ingérable » avant 2020. Une position que la Tribune de Lyon décryptait ainsi quelques jours plus tôt : les vice-présidences du conseil communautaire devraient compter « au moins douze femmes sur 25 vice-pre?sidents, contre dix sur 40 e?lus actuellement ». Problème : « le futur pre?sident de la Me?tropole ne pourrait plus offrir de vice-pre?sidence a? tous les petits maires “apolitiques” de l’agglome?ration, essentiellement des hommes. »

Ironie du sort, ce sont des parlementaires UMP qui ont vigoureusement défendu la mesure en faveur de la parité, en premier lieu la députée du Rhône Dominique Nachury. « Il n’est pas écrit que les maires des communes doivent être vice-présidents de la communauté urbaine », a-t-elle argué. « Il paraît difficile de reporter de six ans la constitution d’un exécutif paritaire, même si cela exige des concessions. Respectons un principe auquel nous sommes tous attachés », renchérissait le sénateur UMP du Rhône François-Noël Buffet.

Las, la commission mixte paritaire s’est rangée aux arguments de Gérard Collomb et a repoussé à 2020 cette obligation de parité.

La « profonde amertume » de la députée PS du Rhône Pascale Crozon

On peut y voir une bonne dose d’hypocrisie de la part d’élus d’un parti qui est loin d’être exemplaire en matière de parité (et en particulier dans le Rhône) et qui a bataillé contre le binôme paritaire dans les assemblées départementales.

Mais à gauche aussi cette reculade a fait grincer des dents. Pascale Crozon, a exprimé sa « profonde amertume face à cette décision, incohérente avec la mise en œuvre de la parité dans l’ensemble des autres départements de France, incohérente avec l’ouverture, demain, du projet de loi sur l’égalité entre les femmes et les hommes qui veut étendre la parité aux fédérations sportives ou aux chambres consulaires… »

Ambiance assurée au sein du PS rhodanien… dont est aussi issue la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem.

 

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Photo : Gérard Collomb / Pascale Crozon

 

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