Accueil Médias « Celles qui ont brisé le silence », personnalités de l’année pour Time

« Celles qui ont brisé le silence », personnalités de l’année pour Time

par Arnaud Bihel

De Uber à Weinstein, les femmes qui, en 2017, ont brisé l’omerta sur les violences sexuelles ont « déclenché l’un des bouleversements culturels les plus rapides depuis les années 1960 ».

 

« The silence breakers » : celles qui ont brisé le silence. Ce sont ces femmes qui ont été désignées, mercredi 6 décembre, « personnalités de l’année » par le magazine Time.

« Les personnes qui ont brisé le silence sur les agressions sexuelles et le harcèlement sont de toutes origines ethniques et sociales, de tous les milieux socio-professionnels et de partout sur la planète. Leur colère collective a produit des résultats immédiats et frappants. Pour leur influence en 2017, elles sont les TIME’s Person of the Year », explique le magazine. « Presque chaque jour, des patrons sont mis à la porte, des géants sont renversés, des icônes déchues. Dans certains cas, des poursuites judiciaires sont engagées. »

 

 

Ce sont 5 femmes dont « les voix ont lancé un mouvement » que le magazine met en couverture. L’actrice Ashley Judd, une des premières accusatrices de Harvey Weinstein, l’ingénieure Susan Fowler, l’ingénieure qui dès février avait secoué l’entreprise Uber, entraînant des démissions en série ; la juriste Adama Iwu, qui a lancé une campagne contre le harcèlement sexuel en politique dans l’État de Californie ; la chanteuse star Taylor Swift, qui en août a fait condamner un DJ pour agression sexuelle ; et Isabel Pascual, une cueilleuse de fraises mexicaine, qui elle aussi s’est élevée contre les violences sexuelles.

Un bras anonyme apparaît aussi à droite de l’image de couverture : c’est celui d’une jeune femme travaillant dans un hôpital au Texas, elle aussi victime de harcèlement sexuel, et qui a tenu à garder l’anonymat « pour représenter celles qui n’ont pas pu parler », explique Time.

Car ces cinq (ou six) femmes ne doivent pas faire oublier « les centaines d’autres, et aussi les hommes », qui ont « déclenché l’un des bouleversements culturels les plus rapides depuis les années 1960 », souligne le rédacteur en chef de Time Edward Felsenthal. En notant que « les réseaux sociaux ont joué un puissant rôle d’accélérateur ; le hastag #MeToo a été utilisé des millions de fois dans au moins 85 pays ».

On n’oubliera pas non plus en France le rôle qu’a joué #BalanceTonPorc, hashtag lancé le 13 octobre par la journaliste Sandra Muller et qui, deux mois après, n’a pas fini de faire réagir.

Ce n’est que la 11ème fois, depuis 1927, que la « personnalité de l’année » de Time prend un visage (des visages, en l’occurrence) féminin. La dernière femme à l’honneur était Angela Merkel en 2015.

 

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