Accueil Politique Ces 7 députés contre le droit à l’IVG

Ces 7 députés contre le droit à l’IVG

par Arnaud Bihel

Un extrême-droite, cinq UMP et un UDI ont voté contre la résolution adoptée pour les 40 ans de la loi Veil. Dans un hémicycle clairsemé : seuls 151 députés ont pris part au vote.


Ils étaient sept députés à voter contre la résolution « réaffirmant le droit fondamental à l’IVG », mercredi 26 novembre, à l’occasion des 40 ans des premiers débats sur la loi Veil. L’élu d’extrême-droite Jacques Bompard, les UMP Xavier Breton, Nicolas Dhuicq, Olivier Marleix, Yannick Moreau et Jean-Frédéric Poisson, et l’UDI Jean-Christophe Fromentin.

En janvier, Nicolas Dhuicq, Jean-Frédéric Poisson et Jacques Bompard figuraient déjà parmi la poignée de députés ayant voté contre la suppression de la notion de « détresse » associée à l’IVG. Jean-Christophe Fromantin s’était alors abstenu.

Ce dernier, après son vote contre la résolution, s’est attiré les foudres des cadres de son parti. Ainsi Chantal Jouanno dénonce une « provocation ». « Je considère qu’en termes de valeurs il vient de commettre un grand écart et qu’il n’a pas vraiment sa place parmi nous », a déclaré sur France 2 celle qui vient en outre de prendre la présidence de la délégation du Sénat aux droits des femmes. Elle ajoutait le lendemain :

JouannoIVG

Jean-Christophe Fromantin s’est défendu sur son blog (une tribune reprise par Le Figaro, qui avait déjà donné la parole la veille au président de la fondation Jérôme-Lejeune, spécialiste de la désinformation anti-IVG). Son explication ? Faire de l’IVG un « droit fondamental », comme le déclare la résolution, « ouvre la banalisation de l’avortement ». C’est oublier que le texte n’a aucune valeur normative. Juridiquement, l’IVG n’est toujours pas un droit, et cette résolution, purement symbolique, n’y changera rien.

Jean-Christophe Fromantin, par ailleurs, évacue la question en pointant du doigt les absents. Ce n’est pas le sujet, mais il a raison sur ce point. Seuls 151 députés, sur 577, ont participé au vote sur cette résolution. A peine plus d’un sur quatre. A l’UDI, ils n’étaient que 5 sur 30 ; à l’UMP seulement 27 sur 197. Cela est sans doute dû en partie au fait que près de 200 députés continuent de cumuler leur mandat avec celui de maire, et qu’au même moment se tenait le congrès des maires de France. Mais le compte n’y est pas.

En octobre 2012, dans un hémicycle également loin d’être plein, 6 députés UMP avaient voté contre le remboursement à 100% de l’IVG, agitant là aussi le risque d’une « banalisation ». Il s’agissait de Patrick Hetzel, Marc Laffineur, Alain Marsaud, Jean-Luc Moudenc, Michel Terrot et Dominique Tian. Aucun d’entre eux n’était présent pour le vote de la résolution ce jeudi.

 


 

 

8 commentaires

ajuga 27 novembre 2014 - 16:35

très à droite et que des hommes.
Comme d’hab quoi !

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HETZEL PATRICK, 27 novembre 2014 - 16:40

Pour votre bonne information, article de presse paru le 21 janvier 2014 dans les Dernières Nouvelles d’Alsace au sujet de la position de Patrick HETZELn, député du Bas-Rhin:

« Je constate que depuis 24 heures une information erronée circule sur les réseaux sociaux au sujet de ma position concernant l’Interruption Volontaire de Grossesse (I.V.G.) », écrit le député Patrick Hetzel dans un communiqué diffusé en tout début d’après-midi.

Le parlementaire rappelle sa position : « Le gouvernement a souhaité modifier les termes de la loi Veil en supprimant la référence à la notion de « détresse ». Je défends la même thèse que la plupart des collègues de mon groupe parlementaire sur cette question : il n’est pas opportun de toucher à l’équilibre que nous avons trouvé avec la loi Veil qui définit un cadre légal pertinent permettant aujourd’hui tous les ans à 220.000 femmes d’avorter en France et, en raison de cette situation de détresse, de pouvoir bénéficier d’un remboursement de cet acte. »

« Cette position est d’ailleurs celle qu’ont exprimée aussi bien François Fillon que Jean-François Copé. C’est dans cet esprit que j’ai cosigné un amendement pour le maintien des termes actuels de la loi Veil et donc le maintien de la référence à une situation de détresse. Certains collègues également cosignataires de cet amendement ont par ailleurs défendu un autre amendement proposant un déremboursement de l’I.V.G. Je ne me suis pas associé à cette démarche ».

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arnaudbihel 27 novembre 2014 - 18:28

[quote name= »HETZEL PATRICK, »]
Information erronée ? On parle ici, vous concernant, d’octobre 2012. L’analyse du scrutin sur le site de l’Assemblée indique bien que Patrick Hetzel est l’un des 6 députés ayant voté l’amendement visant à supprimer la prise en charge de l’IVG à 100% : http://www2.assemblee-nationale.fr/scrutins/detail/%28legislature%29/14/%28num%29/48 Et même l’un des six co-signataires de cet amendement : http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/0287/134.asp

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Hetzel Patrick 27 novembre 2014 - 22:56

L’amendement d’octobre 2012 auquel vous faites référence proposait le statut Quo. En effet, il s’agissait de ne pas donner suite à la proposition gouvernementale qui était un remboursement à hauteur de 100%. La justification. Repose sur les travaux de nombreux psychologues qui insistent sur la nécessité du maintien d’une contribution symbolique. C’était l’esprit de l’amendement auquel vous faites manifestement référence. Pour éviter toute ambiguité: Patrick Hetzel n’a jamais été favorable à un déremboursement. Or votre article est intitulé: « contre le droit à l’IVG » ce qui peut laisser à penser, à tort, que telle serait sa position. Ce qui est nullement le cas. Il semblait dans ces colonnes important de le préciser afin d’éviter tout amalgame inapproprié.

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taranis 28 novembre 2014 - 13:30

L’Interruption volontaire de grossesse est autorisée par la loi en France, mais la société ordonne systématiquement aux femmes d’être traumatisées par un avortement, ignorant celles qui le vivent comme un choix serein. l’IVG est au cœur de sempiternelles polémiques militantes, dont le point de départ est bien évidemment le «pour ou contre». Et l’ardeur des mouvements anti-IVG, qui ont su s’adapter aux nouvelles technologies et infléchir leur stratégie de communication, touchant un public de mieux en mieux informé, prouve s’il en était besoin la force sans cesse renouvelée des obstacles qui se dressent entre les femmes et l’accès à l’interruption volontaire de grossesse. Mais la division règne dans le camp des «pro-IVG»: en effet, y être favorable n’est pas une garantie d’harmonie idéologique. Et si le principe même de la liberté de choix n’est jamais contesté par les défenseurs d’un droit aujourd’hui garanti par la loi, on note cependant des dissensions très nettes en ce qui concerne l’approche psychologique de l’IVG; et il ne faut pas creuser beaucoup pour voir apparaître des mots comme «banalisation» ou «traumatisme», le premier étant apparemment une catastrophe à éviter coûte que coûte, et le second étant considéré comme inévitable, voire obligatoire.

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flo 29 novembre 2014 - 10:04

« Hetzel Patrick »
L’amendement d’octobre 2012 auquel vous faites référence proposait le statut Quo. En effet, il s’agissait de ne pas donner suite à la proposition gouvernementale qui était un remboursement à hauteur de 100%. La justification. Repose sur les travaux de nombreux psychologues qui insistent sur la nécessité du maintien d’une contribution symbolique. C’était l’esprit de l’amendement auquel vous faites manifestement référence. Pour éviter toute ambiguité: Patrick Hetzel n’a jamais été favorable à un déremboursement. Or votre article est intitulé: « contre le droit à l’IVG » ce qui peut laisser à penser, à tort, que telle serait sa position. Ce qui est nullement le cas. Il semblait dans ces colonnes important de le préciser afin d’éviter tout amalgame inapproprié.

Monsieur, nous savons parfaitement lire, et il n’y a aucune ambiguité ni amalgame possible dans cet article concernant votre position et votre vote sur la question de l’IVG. Je vous souhaite donc une belle vie, à l’abri des menaces de viol, grossesse indésirée, situations de détresse et plus globalement que votre destin d’homme ne soit jamais décidé et voté uniquement par le sexe opposé

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meg 1 décembre 2014 - 13:40

On retrouve aussi Jean-Luc Moudenc comme censeur de l’exposition « projet crocodile » à Toulouse. Un beau masculiniste ce Jean-Luc Moudenc qui trouve obscène la dénonciation du harcèlement sexuel et du viol conjugale.

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HAINAUX PINEAU 3 décembre 2014 - 11:34

Je me permet de rappeler simplement aux jeunes femmes et aux jeunes hommes qui les comprennent et les soutiennent que ce droit à l’IVG a été conquis par des militant(es) de haute lutte et que des comités anti-IVG s’organisent pour le supprimer… tout simplement.
J’entend dire régulièrement, « c’est du passé, ce n’est pas le problème aujourd’hui »… Je leur dit simplement « SOYEZ VIGILANT(ES) »… Mais effectivement il vous reste beaucoup à faire pour une réelle égalité en commençant par le respect de nos tout petits pour en faire des êtres moins violents, plus à l’écoute des autres en les respectant dans leur choix… Cela peut et doit aussi passer par là. Bon courage à toutes et tous.

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