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Ces nouvelles réalisatrices attendues sur la Croisette

par Valérie Ganne

Après les annonces des sélections de la Semaine de la critique et de la Quinzaine des réalisateurs, on peut se réjouir d’une belle présence de jeunes réalisatrices dans les sections parallèles du festival de Cannes 2021.

 

Une histoire d’amour et de désir de Leyla Bouzid (clôture de la Semaine de la critique)

 

Honneur aux bons élèves, la « vieille » Semaine de la Critique qui fête ses soixante ans cette année, présente pour la première fois de son histoire une sélection paritaire : 7 réalisatrices et 7 réalisateurs pour 13 films (l’un est une co-réalisation de Emmanuel Marre et Julie Lecoustre, un film au titre réjouissant : Rien à foutre). Il faut dire que la Semaine a été la première à choisir un comité de sélection paritaire et à proposer de nombreuses œuvres de femmes dans sa sélection, focalisée sur les premiers et deuxièmes films. C’est à la Semaine de la critique que Julia Ducournau a été révélée avec son premier film, Grave. Cette année la jeune cinéaste est « partie » de l’autre côté de la Croisette, en compétition officielle avec Titane.

Selon le délégué général, Charles Tesson, dans une interview au site Cineuropa, c’est une coïncidence. « Nous n’avons pas forcé la chose. C’est arrivé grâce à un film qu’on voulait et qu’on a obtenu. Cette parité, c‘est très bien, mais ce que nous essayons surtout de faire, c’est de composer une sélection avec des films différents. Mais nous avions aussi une proposition de films de réalisatrices plus forte en qualité que les années précédentes. »

Citons donc ces cinéastes dont les films seront dévoilés au cinéma Miramar de Cannes, enfin entièrement rénové : Constance Meyer ouvrira le bal avec son premier film, Robuste, où elle dirige Depardieu, monstre de cinéma, face à Déborah Lukumuena, César du second rôle pour Divines en 2017. Une histoire d’amour et de désir de Leyla Bouzid (française d’origine Tunisienne) fera la clôture. Au cours de la Semaine, seront présentés Les Amours d’Anaïs premier film de Charline Bourgeois-Tacquet, comédie centrée sur Anaïs Demoustier (César en 2020). L’actrice Sandrine Kiberlain est passée derrière la caméra avec Une jeune fille qui va bien, portrait d’une jeune femme juive pendant l’été 1942. Clara Roquet racontera dans Libertadun l’amitié entre deux jeunes filles de classes sociales opposées. Piccolo Corpo est un premier film de l’italienne Laura Samani. Autre premier film, Olga, d’Elie Grappe suit une mère, journaliste en Ukraine, et sa fille, gymnaste de 15 ans.

Une nouvelle vague féminine

The Hill de Luana Bajrami (Quinzaine des réalisateurs)

Alors qu’elle était plutôt en retrait en termes de parité, la Quinzaine des réalisateurs et son nouveau délégué général, Paolo Moretti proposent cette année 24 films signés de 12 réalisatrices et 15 réalisateurs. Là encore, on découvrira des co-réalisations :  deux duos homme- femme (Miguel Gomes et Maureen Fazendeiro pour le Portugal, Saul Williams et Anisia Uzeyman qui ont tourné au Rwanda) et un film à trois (la comédienne italienne Alice Rohrwacher avec Pietro Marcello et Francesco Munzi). Les premiers films de réalisatrices sont nombreux, témoignant d’une véritable nouvelle vague féminine aux origines mondiales : une Indienne, Payal Kapadia, une Suèdo-Costa-ricienne Nathalie Álvarez Mesen, la Brésilienne Anita Rocha da Silveira ou encore la Franco-kosovare, Luana Bajrami. Comédienne, elle était la « troisième » du duo d’actrices du Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma, et présentera son tout premier long métrage, La Colline où rugissent les lionnes. Le récit de la quête d’indépendance, les rêves et les ambitions de trois jeunes femmes dans un petit village. S’y ajoutent les jeunes françaises Rachel Lang et Anaïs Volpé, les Britanniques Clio Barnard et enfin Joanna Hogg qui vient à la Quinzaine pour la première fois avec un diptyque autobiographique, The Souvenir, avec la grande Tilda Swinton et sa fille Honor Swinton-Byrne.

A l’ACID, sélection « off » du festival de Cannes, on pourra découvrir trois films signés par des réalisatrices : Soy Libre de Laure Portier et Vénus sur la rive de Lin Wang, deux premiers longs métrages, accompagnés d’un documentaire de Claudine Bories et Patrice Chagnard, Vedette portrait d’une vache appelée… Vedette. Tout un programme…

Création du prix de la jeune technicienne de cinéma

La CST (Commission supérieure technique) crée cette année à Cannes un prix dédié aux femmes techniciennes, une première. « Ce prix récompensera une jeune femme française cheffe de poste dans un film présenté, en sélection officielle (toutes catégories confondues) au Festival de Cannes. Le prix de la jeune technicienne de cinéma sera décerné chaque année et tant qu’il sera nécessaire d’œuvrer pour l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans l’industrie du cinéma. » selon le communiqué de presse. La CST est une organisation professionnelle regroupant les techniciens du cinéma, qui remet depuis 1951, le prix CST de l’artiste technicien. Son premier Grand Prix Technique a récompensé le film Les Contes d’Hoffmann de Michaël Powell et Emeric Pressburger. Renommé en 2019 « Prix CST de l’Artiste-Technicien », il a alors distingué Flora Volpelière, cheffe monteuse et Julien Poupard (AFC), directeur de la photographie, pour leur contribution exceptionnelle au film Les Misérables, de Ladj LY. Une mention spéciale a également été attribuée à Claire Mathon (AFC), directrice de la photographie des films Atlantique de Mati Diop et Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma.

 

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