Accueil Eco & SocialEnvironnement Interdiction du chalutage en eaux profondes : la victoire d’une mobilisation citoyenne

Interdiction du chalutage en eaux profondes : la victoire d’une mobilisation citoyenne

par Arnaud Bihel
Chalutage
Chalutage

Image de la BD en ligne de Pénélope Bagieu

Une association, une auteure de BD, des centaines de milliers de citoyen.ne.s mobilisé.e.s. Et au final un accord européen pour interdire la pêche en eaux profondes.


 

En novembre 2013, une BD en ligne signée Pénélope Bagieu alertait le public sur les méfaits écologiques du chalutage en eaux profondes, et occasionnait un tsunami militant.

Partagée par des centaines de milliers d’internautes, elle permettait à la pétition lancée par l’association BLOOM d’atteindre des records de signatures.

Cette pétition appelait l’Union européenne à agir pour interdire le chalutage en eaux profondes. Il aura fallu finalement attendre encore près de trois ans pour que le Parlement européen et les ministres de l’UE parviennent à un accord, interdisant notamment la pêche au-delà d’une profondeur de 800 mètres dans l’Atlantique Nord-Est.

Cette interdiction est « la mesure la plus importante de ce règlement », se réjouit Claire Nouvian, fondatrice de BLOOM. « C’est un succès franc aux conséquences nettes : cela signifie que la déforestation sous-marine qui a lieu aujourd’hui sans aucune contrainte légale jusqu’à 2000 mètres de profondeur cessera à jamais ».

 

La ministre française de l’Ecologie salue une « Victoire ». Pour autant, ce n’est qu’en novembre 2015 que la France avait finalement pris officiellement position contre le chalutage profond.

 

Et si BLOOM salue avec cet accord « une série de mesures importantes pour la protection des écosystèmes profonds européens », Claire Nouvian estime que « cette réforme aurait pu être beaucoup plus ambitieuse », mettant en cause notamment les pressions de l’Espagne pour réduire les zones de pêche concernées. De fait, l’accord se limite aux seules eaux européennes et aux eaux internationales de l’Atlantique Centre-Est, alors que la proposition initiale englobait l’ensemble des eaux internationales de l’Atlantique Nord-Est.

(Au passage, la photo accompagnant le tweet de Ségolène Royal a vraisemblablement été prise dans la Mer Rouge, qui n’est en rien concernée par l’accord).

Egalement pointée du doigt par BLOOM, l’eurodéputée socialiste Isabelle Thomas, en charge du texte. Cette dernière se réjouit d’avoir « réussi à trouver un équilibre entre l’effort de pêche et l’écologie ». Mais pour l’association, la rapporteure du texte a surtout été la porte-voix des « lobbies de la pêche industrielle » et « a fait le jeu de la droite espagnole » – elle était déjà accusée d’avoir fait capoter un accord une première fois fin 2013.

« L’interdiction de cette méthode de pêche absurde, destructrice et subventionnée aurait dû avoir lieu il y a longtemps mais c’était sans compter avec la désinformation, les mensonges, la mauvaise foi et les manœuvres tordues des lobbies industriels et de leurs alliés politiques », insiste Claire Nouvian. « Sans le soutien de centaines de milliers de citoyens qui ont mis la pression à Intermarché pour que le groupe cesse le chalutage profond [principal responsable européen de cette technique, le groupe s’est engagé début 2014 à y mettre un terme, NDLR], l’UE n’aurait jamais adopté cette interdiction. Nous espérons que les citoyens ont conscience que cette victoire est la leur et que sans leur mobilisation et leur soutien financier, les ONG ne peuvent pas faire de miracles ».

 

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