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Chili : Michelle Bachelet lance le bras de fer sur l’avortement

par Arnaud Bihel

BacheletAbortoLa présidente chilienne transmet au Congrès un texte de loi qui prévoit de légaliser l’avortement thérapeutique. Les débats s’annoncent tendus.


C’était attendu de longue date : la présidente chilienne Michelle Bachelet a donné son aval samedi 31 janvier à un projet de loi pour autoriser l’avortement thérapeutique. Le texte doit être examiné par le Parlement au printemps.

Le projet de loi prévoit de dépénaliser l’avortement dans trois circonstances : en cas de risque pour la vie de la mère ; de malformations de l’embryon ou du fœtus incompatibles avec la vie extra-utérine ; ou lorsque la grossesse est la conséquence d’un viol.

Au Chili, l’avortement était légal depuis 1931 mais avait été criminalisé en 1989, dans les derniers mois de la dictature Pinochet. Le pays est l’un de ceux, comme 6 autres en Amérique du Sud, qui criminalisent l’IVG en toutes circonstances.

Michelle Bachelet a souligné dans son discours : « On ne peut pas forcer les femmes à subir seules les lourdes conséquences d’une loi qui les prive de choix, qui piétine leur dignité, prolonge leurs souffrances et leur fait risquer leur vie ».

Au printemps 2014, peu après son retour à la présidence, Michelle Bachelet avait annoncé son intention de faire voter « une loi sur les droits sexuels et reproductifs, en phase avec les réalités et les choix des femmes » (Voir : Michelle Bachelet donne une « perspective de genre » à sa politique).

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Selon les associations de défense des droits des femmes, plusieurs dizaines de milliers d’avortements clandestins sont pratiqués chaque année dans le pays. Des ONG, de même que les Nations Unies, appellent depuis des années l’État chilien à faire cesser cette interdiction absolue. Lors de son premier mandat présidentiel, entre 2006 et 2010, Michelle Bachelet n’était pas parvenue à faire modifier la loi, face à la puissance de l’Église catholique et des lobbies anti-avortement.

Anticipant les crispations, la présidente a lancé un appel aux législateurs : « La façon dont nous débattons ce projet de loi est aussi important que le résultat. Nous devons renforcer les droits des femmes, mais nous devons aussi renforcer la qualité de notre dialogue politique ».

 

Photo : Ximena Navarro / Presidencia de la República. Michelle Bachelet paraphe le projet de loi, le 31 janvier 2015.

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