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Au nom du père et du fils

par Arnaud Bihel

PereFilsDevient-on père par le lien du sang ou grâce au temps passé ensemble ? Laissez-vous emporter par cette réflexion au long cours grâce à Tel père tel fils, drame lumineux de Kore-Eda.


 

 

Vous souvenez-vous de La vie est un long fleuve tranquille ? Deux bébés échangés à la maternité à leur naissance retrouvaient leur famille d’origine à l’adolescence. Une vraie comédie culte des années 1990. Transposez ce point de départ au Japon, remplacez Etienne Chatiliez par Kore-Eda et voilà non plus une comédie mais une délicate réflexion sur la paternité. Il est vrai que la substitution de bébés alliée à la différence de classes sociales de deux familles peuvent créer des situations très drôles. Mais Kore-Eda choisit d’aller plus loin en creusant jusqu’au cœur de cette situation. Doucement emportés par le récit, nous nous demandons soudain ce que c’est d’être parent, s’il existe un instinct paternel et ce que nous ferions face à un tel dilemme.

Dans Tel père tel fils, les couples apprennent l’échange de leurs fils lorsque les enfants ont six ans. Le cinéaste, qui a découvert la paternité récemment, s’attache à l’un des deux pères, architecte ambitieux et autoritaire. Il suit la transformation de cet homme mais n’en oublie pas pour autant les autres membres de la famille : les mères, chacune plus ou moins en retrait, l’autre père-rival qui sait si spontanément élever ses propres enfants, et également des grands-parents très différents. Bien sûr les petits sont aussi des personnages à part entière : Kore-Eda a prouvé depuis longtemps son talent pour saisir la vérité chez les enfants (à ce sujet, n’hésitez pas à voir ou revoir le magnifique Nobody knows). D’ailleurs Keita, fils timide d’un homme glacé, sera celui qui saura réchauffer et faire grandir son père avant de devoir le quitter pour ses « vrais » parents. Nous aussi, à la fin de ce joli film, nous quittons à regret ces deux familles si différentes désormais liées à jamais par le sort.

 

Tel père tel fils de Hirozaku Kore-Eda, avec Masaharu Fukuyama, Machiko Ono, Yoko Maki et Lily Franky, distribué par Le Pacte, sortie le 25 décembre.

Prix du Jury au 66ème festival du film de Cannes.

 

Bande annonce Allociné :

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19539761&cfilm=220765.html

 

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1 commenter

Bribri 22 janvier 2014 - 12:52

J’ai aimé , mais sur la digestion attention au roupillon , c’est assez long et lent , je reste perplexe face à cette situation , heureusement que cela ne m’ est pas arrivé …….

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