Commentaires « graveleux » à Sotchi : « mise en garde ferme » du CSA à France Télévisions

par Arnaud Bihel

Le CSA déplore des « propos graveleux (…) extrêmement déplacés » et « l’attitude de dénégation de la direction des sports ».


 

C’est une « mise en garde ferme » que le Conseil supérieur de l’audiovisuel a adressé à France Télévisions suite aux propos tenus par des commentateurs sportifs pendant les Jeux Olympiques de Sotchi.

Deux semaines plus tôt, le CSA avait tancé France Télévisions pour des « propos à caractère misogyne tenus par plusieurs chroniqueurs » à propos du football féminin, dans L’Émission pour tous le 22 janvier sur France 2.

Ce qui ne passe pas cette fois, c’est une série de petites phrases signées Philippe Candeloro et Neslon Montfort, commentateurs du patinage artistique (Voir : Commentaires sexistes sur France TV : le CSA s’en mêle).

Dans son avis rendu public lundi 17 mars, le Conseil supérieur de l’audiovisuel souligne que « les propos tenus par ces commentateurs, par leur teneur et leur caractère graveleux portant en particulier sur l’aspect physique de sportives, étaient extrêmement déplacés et que certains d’entre eux étaient même de nature à refléter des préjugés sexistes ». Tout en notant que la loi impose aux sociétés de programme de lutter contre ces mêmes préjugés sexistes.

En outre, le CSA « a relevé, en le regrettant vivement, que la direction responsable des sports s’en était tenue à une attitude de dénégation ». A plusieurs reprises en effet, le patron des sports de France Télévisions, Daniel Bilalian, a minimisé les propos tenus par ses commentateurs à Sotchi. Sa dernière ligne de défense ? Les propos ou émissions sexistes « existent sur les chaînes privées largement plus que chez nous ».

Pas faux. Mais en tant que groupe public, France Télévisions a précisément le devoir de faire mieux que les autres. « Nous devons montrer l’exemple », soulignait d’ailleurs son président Rémy Pfimlin le 11 mars en ouverture du 2ème colloque ‘En avant toutes’ consacré à l’égalité femmes/hommes.

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel verra son champ de compétences élargi d’ici à la fin de l’année, après l’adoption de la loi égalité. La ministre des Droits des femmes l’expliquait aux Nouvelles NEWS : pour lutter contre le sexisme dans les médias, son rôle est de « donner au CSA les compétences nécessaires pour qu’ensuite il puisse évaluer la situation et prendre des décisions ».

 

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3 commentaires

DestyNova 17 mars 2014 - 10:47

Mais en même temps « une mise en garde ferme » ça signifie aucune sanction en fait. Alors je comprends bien l’idée derrière qui consiste à dire « la prochaine fois il risque de se passer qqch » mais en attendant on ne sait pas quoi, si ça reflète qqch de grave ou pas. J’aurais bien aimé que le CSA mette un peu plus ses couilles sur la table et qu’il menace par exemple de les empêcher d’avoir l’exclusivité la prochaine fois ou un autre truc un peu plus concret que « condamne fermement ».

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09 Aziza 18 mars 2014 - 09:27

D’accord avec vous, Destynova, il s’agit hélas d’une attitude de lâcheté bien répandue en ce moment: des menaces vides »OUh, le vilain ». Une amende systématique devrait être instaurée. Si vous savez qu’un commentaire misogyne va vous coûter tant, vous tournez la langue 7 fois dans la bouche avant de l’ouvrir.
Et médiatiquement, savoir que quelqu’un a été sanctionné diminue son audience.

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luce44 18 mars 2014 - 10:29

Je pense qu’il faudrait que les auteurs de tels propos sexistes soient désavoués et pas reconduits pour les prochaines compétitions.

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