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Concentration record des gaz à effet de serre

par Arnaud Bihel

A l’approche de la nouvelle conférence mondiale sur le climat, l’Organisation météorologique mondiale publie de nouveaux chiffres alarmants. L’objectif de limiter le réchauffement « s’avère de plus en plus difficile à atteindre », renchérit le Programme des Nations Unies pour l’environnement.


 

 

C’est un message étouffant qu’envoie l’Organisation météorologique mondiale (OMM), mercredi 6 novembre : la teneur de l’atmosphère en gaz à effet de serre « a atteint un niveau inégalé en 2012 ». La quantité de CO2 présent dans l’atmosphère du globe a atteint 393,1 parties par million (ppm). Si le rythme actuel se maintient, la teneur annuelle moyenne en CO2 à l’échelle du globe devrait dépasser le seuil de 400 parties par million en 2015 ou 2016. Selon le mouvement 350.org, le niveau n’est plus soutenable au delà de 350 ppm.

Les deux autres principaux gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique – le méthane et le protoxyde d’azote – ont eux aussi atteint un nouveau pic en 2012. Autant de gaz dont la majorité des rejets tient aux activités humaines. « Depuis le début de l’ère industrielle, en 1750, la concentration moyenne de CO2 dans l’atmosphère du globe a augmenté de 41 %, celle du méthane de 160 % et celle du protoxyde d’azote de 20 % », souligne l’OMM.

Ces nouveaux chiffres ne manqueront pas d’alimenter la conférence des Nations unies sur le changement climatique qui se tiendra du 11 au 22 novembre à Varsovie (Pologne). Le principal objectif de ces négociations sera de faire avancer le dossier des engagements de réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre et de préparer le terrain pour l’adoption – espérée pour la conférence de Paris en 2015, d’un nouvel accord mondial sur le climat juridiquement contraignant. L’objectif, ainsi que le définit la Commission européenne, reste de « limiter le réchauffement planétaire à moins de 2°C par rapport aux niveaux de l’ère préindustrielle. »

« Le temps joue contre nous »

Mais n’est-ce pas se voiler la face que de croire encore à cette limite ? Dans leur dernier rapport publié en septembre, les scientifiques du GIEC estiment « plus que probable » que la température moyenne du globe ait augmenté de plus de 2°C à la fin de ce siècle. Cet objectif « s’avère de plus en plus difficile à atteindre », renchérit le Programme des Nations Unies pour l’environnement, dans un rapport publié mardi 5 novembre.

Fatalisme ? Non, raison de plus pour agir aussi fort et vite que possible. « Il faut réduire de manière sensible et prolongée les émissions de gaz à effet de serre pour limiter le changement climatique. Nous devons agir aujourd’hui pour ne pas mettre en péril l’avenir de nos enfants, de nos petits-enfants et de bien d’autres générations encore », insiste l’OMM : « Le temps joue contre nous. » Le PNUE appelle pour sa part à prendre « immédiatement des mesures de grande envergure ».

Mais depuis l’échec du sommet de Copenhague en 2009, le monde prend son temps. Le dernier sommet de l’ONU sur le climat, il y a un an à Doha, n’avait débouché sur aucun engagement nouveau. « Chacun doit comprendre que la conférence de Varsovie sur le climat n’aboutira pas à la conclusion des négociations sur l’accord mondial de 2015. Elle marquera néanmoins une étape très importante dans l’accomplissement des progrès nécessaires et dans la préparation du terrain en vue de Paris 2015 », avertit déjà Connie Hedegaard, la Commissaire européenne chargée de l’action pour le climat.

 

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